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| Propriété | Note |
|---|---|
| Labor | 1,8 |
| Ausstattung | 1,3 |
| Note finale | 1,7 |
Vous trouverez l'évaluation complète ici
| Poids | 6.89 kg |
| Transmission | SRAM Red AXS |
| Frein avant | SRAM Red |
| Roues | DT-SWiss ARC 1100 |
| Pneu avant | Continental Aero 111 29-622 |
Impossible de rouler lentement sur ce vélo. La selle placée très haut et le guidon à peine au-dessus de la route contraignent le corps à adopter une position si agressive qu’on ne peut s’empêcher de mettre en pratique la devise qui figure sur le côté des extrémités allongées du guidon : « pedal hard », peut-on y lire. C’est exactement ce que je fais. Car ce vélo aiguise les sens pour la vitesse. On sent clairement la route. Le vent en rafales aussi. La roue avant, avec sa jante de 65 millimètres de hauteur, tremble de telle sorte que cela constitue davantage une incitation qu’un risque à mettre les gaz sur ce bolide rouge. Si le vélo reste maniable malgré ses jantes hautes, c’est aussi grâce aux pneus aérodynamiques montés. Les rainures du profil dans le Conti Aero 111 ( >> disponible ici) empêchent les décrochages aérodynamiques prématurés et contribuent à réduire les à-coups de la roue avant. Je m’abandonne alors à l’ivresse de la route, je surfe sur l’asphalte, à la recherche de petites bosses là où les pneus de voiture ont déformé le sol. Un guidon étroit, une sensation directe de la route et de l’environnement : des sensations de course à l’état pur, le vélo roule avec légèreté.
Lors de la première descente sur route mouillée, la moto prend presque trop de vitesse pour qu’on puisse la laisser filer comme d’habitude. Mais au pire, on peut toujours compter sur les freins Red, d’une efficacité redoutable. Son look contribue lui aussi à donner envie d’aller vite. Avant, pendant et même après, lorsque la moto est de nouveau accrochée au support, elle envoie un message clair : vitesse, vitesse, vitesse.
En roue, le regard se pose sur les tubes élancés et rougeoyants. Les fourreaux de fourche de 80 millimètres de profondeur, la limite maximale autorisée par l'UCI, fendent l'air. Le cockpit s'accorde parfaitement avec cet ensemble : lui aussi est élancé et fin. L'optimisation aérodynamique va jusqu'au moindre détail. La courbure du guidon, large de 38 centimètres, est aérodynamique, tout comme ses extrémités. La prise en main est excellente, l’optimisation n’altère en rien l’ergonomie. Le plateau aérodynamique de la transmission 1x12 s'inscrit parfaitement dans la philosophie de cette machine minimaliste conçue pour la vitesse. Des rapports de montagne ? Il n’y en a pas. La transmission simple (50 contre 10-30 dents) exige de la puissance musculaire et une bonne tolérance au régime. Un vélo pour les courses de critérium ou pour un tour rapide dans le quartier. Dans le rapport le plus léger (50/30), la chaîne grince d’ailleurs déjà de manière audible, et les bases courtes font sentir leurs effets.
Mais rouler vite, ça me convient de toute façon bien mieux. Le milieu de la route, c’est la place naturelle de l’Aerfast. Si un cycliste surgit devant moi, il faut que je le double. À la longue, cela peut poser problème, car rouler toujours à fond, c’est évident, ça use. En tant que deuxième vélo, l’Aerfast – dans cette configuration – est donc plus envisageable qu’en tant que seul vélo de sport : il n’est pas très polyvalent. Si un obstacle sérieux se présente, comme par exemple un vignoble avec une pente à deux chiffres, ça devient vraiment difficile. Sans parler d’un col alpin. Sur une route en mauvais état, ce bolide n’est pas non plus très agréable. Mais lorsque l’asphalte est impeccable, c’est un vrai régal d’avaler les kilomètres à toute allure. D’autres configurations permettant une allure plus modérée et davantage de flexibilité sont possibles, mais la transmission 1x12 avec plateau aérodynamique met en avant ses gènes de course. La selle minimaliste Alpitude en carbone s’accorde parfaitement avec ce profil et s’avère en outre étonnamment confortable. Que la forme soit adaptée est peut-être un hasard. Mais la housse de selle amortit les chocs et l’évasement généreux réduit la pression au niveau de l’entrejambe : ce sont là des atouts objectifs qui vont au-delà de la simple adaptation à la morphologie.
La tige de selle Aero, très massive, n'offre en revanche pratiquement aucune suspension ; les haubans placés bas compensent quelque peu la flexibilité du cadre. Concrètement, la suspension arrière se résume toutefois au pneu, qui, avec ses 25 millimètres, est particulièrement étroit. Un détail qui contribue aux excellents résultats obtenus en soufflerie (environ un demi-watt), mais qui constitue en réalité un compromis plutôt défavorable. Une configuration tubeless s'impose pour pouvoir exploiter au maximum les limites de pression des pneus. Ceux qui ne sont pas obsédés par les watts opteront toutefois plutôt pour un pneu de 28 mm à l’arrière, qui offre plus de marge de manœuvre et de dynamisme de conduite. À l’avant, c’est un Conti Aero 111 de 26 millimètres de large qui est monté. D’après nos mesures, la version de 29 millimètres est toutefois équivalente sur le plan aérodynamique sur les roues DT Swiss ARC 1100. La combinaison de ces roues et de ces pneus propulse le Storck en tête du classement aérodynamique. En cas d’écoulement frontal, le Stromm Raktt, que nous venions tout juste de désigner comme le vélo le plus rapide (TOUR 5/26), un peu plus rapide, comme le montre l'évolution des courbes de résistance. Mais sous l'effet du vent latéral, le Storck gagne un petit plus en vitesse, ce qui le rend, en moyenne, plus rapide d'un watt.
D'un point de vue numérique, Storck est donc en tête. Le chiffre « 195 » inscrit à l'arrière de la tige de selle, qui semblait encore un peu optimiste avant le test – ou qui faisait référence à une mesure sans bidon –, est désormais devenu réalité. Il semble que Markus Storck ait eu le pressentiment qu'il parviendrait un jour à franchir ce cap. Pour bien comprendre la situation, il faut savoir que, que le groupe des vélos les plus rapides, avec des puissances avoisinant les 200 watts, présente un potentiel similaire. Tous ces vélos sont très rapides ; une bonne combinaison pneus/jantes peut faire la différence et déterminer qui aura l'avantage lors du « shoot-out ». Comme nous l'avons déjà montré dans TOUR 5/26, ce n'est pas le cadre seul qui rend un vélo rapide. C’est la somme de toutes les pièces. Markus Storck ne laisse toutefois rien au hasard et assemble les pièces qui, d’après les mesures disponibles, s’harmonisent de manière optimale entre elles. Le titre de champion du monde est le fruit d’un travail minutieux et acharné. Chez Storck, c’est le patron lui-même qui analyse les chiffres et examine chaque détail avec précision. C’est ce qui fait la différence par rapport à d’autres fabricants de vélos, qui ont recours à une plus grande division du travail et ne procèdent peut-être pas de manière aussi rigoureuse.
Storck a également travaillé sur le poids. Lors du dernier test, le vélo pesait encore 7,29 kilos. Le vélo testé ne pèse désormais plus que 6,89 kilogrammes. La différence de 400 grammes s'explique par des roues plus légères de 150 grammes et une selle optimisée qui permet d'économiser 170 grammes supplémentaires. Le reste de la différence est dû à des vis optimisées et à la suppression d'une entretoise. Ce régime a largement contribué à la note globale de 1,7 – ce qui est très bien pour un spécialiste de l’aérodynamisme. Les caractéristiques de conduite n’ont pas changé. L’Aerfast est d’une rigidité à toute épreuve ; c’est surtout le guidon qui fléchit encore sous les chocs violents. Au niveau du pédalier, le vélo est très rigide, mais aussi très stable. Cela le distingue du Stromm Raktt, qui est nettement moins stable, mais aussi moins rigide pour le cycliste. La géométrie du vélo est équilibrée ; dans l’ensemble, il offre une conduite vive sans pour autant paraître nerveux. En termes de prix, l’Aerfast.5 Pro reste attractif même dans cette configuration : le vélo coûte 9 199 euros, ce qui le place en dessous de la plupart de ses concurrents, qui affichent généralement des prix à cinq chiffres pour leurs modèles haut de gamme. Équipé du groupe Ultegra et des roues aérodynamiques développées en interne par Storck, ce vélo est disponible à partir de 6 549 euros et, grâce à sa transmission 2x12, il offre une plus grande polyvalence que le modèle haut de gamme testé.