Konstantin Rohé
· 08.07.2025
Lorsque le rythme est modéré dans les étapes de plaine du Tour de France, le peloton est large. Le capitaine (1,80 mètre ; 70 kilos) est protégé par ses assistants et n'a guère besoin de forcer sur le plat, donc d'utiliser de faibles watts, car la résistance de l'air est fortement réduite au milieu du groupe.
Les assistants pédalent en moyenne plus fort, car ils défendent leur position dans le peloton et essaient de toujours prendre le capitaine dans le vent. Alors que le capitaine de l'équipe pédale dans cette situation avec environ 140 watts, le coureur en tête du peloton (1) doit fournir environ 245 watts.
Lorsque le capitaine d'une équipe porte le maillot jaune du Tour de France, les lois non écrites du cyclisme exigent que son équipe roule beaucoup en tête du peloton afin de contrôler la course et de défendre le maillot de leader. Cela signifie également un travail supplémentaire pour l'homme en jaune, car l'effet de l'ombre du vent est moins important en tête du peloton qu'au milieu de la foule (voir graphique ci-dessus).
La situation montre que les assistants fournissent souvent plus d'efforts que les vainqueurs sur la distance totale du Tour de France. Alors que le capitaine, par exemple, fournit environ 250 watts dans le sillage du vent, son assistant en tête du peloton (1) doit tout de même fournir 355 watts.
Lorsque le vent souffle de côté sur le Tour de France, les coureurs doivent se relayer sur le côté pour se donner de l'air. Ceux qui ne trouvent plus de place dans le relais à cause du bord de la route roulent "sur le bord du vent" (coureur en gris), comme on dit dans le jargon des professionnels. L'effet d'abri y est plus faible. C'est pourquoi le peloton s'y déchire facilement si un coureur est inattentif ou manque de force.
Ici aussi, un assistant en tête (1) pédale avec une puissance maximale de 420 watts, le capitaine peut se ménager en comparaison - un concurrent (2) en queue de peloton, donc sur le bord du vent, doit faire beaucoup plus pour avancer avec 380 watts.
Dans le contre-la-montre individuel du Tour de France, le capitaine doit montrer de quoi il est capable. Aucun coéquipier ne peut lui fournir de l'air. Pour cela, le coureur doit fournir une puissance continue élevée - qui se traduit par une vitesse de course encore plus élevée grâce à un bon aérodynamisme.
C'est pourquoi de nombreux coureurs passent par la soufflerie afin d'optimiser leur position dans la lutte contre la montre. La règle d'or est la suivante : celui qui a besoin de plus de 300 watts pour atteindre une vitesse de 45 km/h perd du temps par rapport aux meilleurs. Dans notre exemple, le capitaine pédale avec une puissance de 460 watts dans les conditions mentionnées. Pour atteindre 45 km/h, il a besoin de 288 watts.
Dans le contre-la-montre par équipe, le Tour de France permet d'atteindre des vitesses très élevées. Le principal adversaire est la résistance de l'air. Même dans le sillage du vent, il faut pédaler assez fort en fonction de la position. En tête, 500 à 600 watts sont nécessaires pendant environ 30 secondes à chaque fois.
La résistance diminue vers l'arrière - dans notre exemple : le coureur 1 fournit 520 watts, le coureur 2 pédale 370 watts, le capitaine en sixième position 320 watts. Un léger vent arrière apporte un plus de 1,4 km/h dans notre exemple.
Les favoris sont entre eux en montagne : c'est la résistance de la montagne qui domine. Comme les meilleurs roulent aussi à un rythme élevé en montagne lors du Tour de France et qu'il y a en plus souvent du vent, il y a de légers effets d'abri.
Celui qui mène (notre capitaine en bleu foncé) doit donc investir un peu plus d'énergie et risque donc d'être perdant à la fin. Dès que l'on monte une côte, la puissance dépend du poids (watts par kilogramme de poids corporel).
Tactique pour l'ascension finale d'une étape du Tour de France : le capitaine fait rouler ses assistants à toute vapeur et avec une puissance en watts élevée dans la montagne. Dans le cas de pentes plus faibles, jusqu'à trois pour cent, il y a encore un net effet de sillage, compte tenu des vitesses de course habituelles chez les professionnels. Néanmoins, le chef doit déjà pédaler fort, car la résistance de la montagne est déjà prépondérante.
L'objectif de ce mode de conduite : Le champ des coureurs est rapidement réduit et la situation de course est ainsi plus claire. Les éventuelles attaques sont largement évitées grâce à la vitesse élevée. Inconvénient : les assistants "brûlent" rapidement lors de telles actions - le capitaine est alors isolé et seul avec ses adversaires.