La course allemande WorldTour Eschborn-Frankfurt se présente cette année avec une nouveauté centrale : le parcours a été considérablement durci. Des mètres de dénivelé supplémentaires et surtout le Burgweg à Niederreifenberg modifient sensiblement le profil. Ainsi, les chances des sprinters classiques diminuent considérablement, tandis que les coureurs ayant des qualités de classiques prononcées sont clairement avantagés. La tactique de course devrait également changer en conséquence : moins de contrôle en vue d'un sprint massif, mais plus de marge de manœuvre pour les attaques et un déroulement de la course plus sélectif. C'est une bonne nouvelle pour le suspense de la classique.
Le tenant du titre Michael Matthews apporte avec lui toute son expérience et sa classe. Mais à 35 ans, un nouveau triomphe reste plus l'exception que la règle : une victoire est possible, mais nettement moins probable qu'il y a quelques années au vu des nouvelles caractéristiques du parcours. D'autant plus que la concurrence n'est pas seulement plus jeune, mais aussi plus explosive et donc sensiblement plus adaptée au profil remanié.
Tobias Lund Andresen et Matthew Brennan sont en tête de la liste des candidats chauds. Tous deux combinent une forte vitesse finale avec la dureté nécessaire pour non seulement survivre à une course sélective, mais aussi pour passer eux-mêmes à l'offensive. C'est justement sur le nouveau parcours qu'ils pourraient faire valoir leurs atouts, à condition de trouver la bonne connexion au moment décisif et de rester dans le sillage de coureurs comme Pello Bilbao. Dans un sprint à partir d'un petit groupe, ils ont la barre dans les mains.
Juste derrière, l'Allemand Nils Politt est particulièrement intéressant. Le coureur de Cologne connaît les routes, apporte un énorme moteur et fait partie des rares Allemands du peloton à qui l'on peut accorder des chances réalistes de victoire. La clé réside toutefois dans la tactique d'équipe. Ce n'est que si son équipe mise effectivement sur lui et organise la finale pour Politt que l'option outsider deviendra un véritable candidat à la victoire. C'est rare, mais c'est loin d'être exclu. Politt a déjà prouvé de manière impressionnante qu'il pouvait participer à des courses de jour, mais la plupart du temps, on le retrouve dans un rôle d'aide pour son capitaine Tadej Pogačar.
Pello Bilbao, Ion Izagirre et Alex Aranburu font également partie du cercle élargi des favoris. Leur problème est cependant évident. Ils doivent décider de la course avant le sprint. Face à des coureurs comme Brennan ou Andresen, ils n'ont pratiquement aucune chance dans le final direct. On s'attend donc à des attaques de leur part, idéalement autour de la section décisive du Mammolshainer Stich. Mais même là, une petite avance ne suffit pas. Après la dernière traversée, il reste encore environ 35 kilomètres jusqu'à l'arrivée, suffisamment de temps pour une poursuite organisée.
Il y a un point d'interrogation derrière Tim Wellens. Le Belge a en principe le profil parfait pour cette course, mais sa forme est difficile à évaluer. Après sa chute dans Kuurne-Bruxelles-Kuurne, il est toujours en reconstruction et pourrait ne pas être à 100 %.
Tout porte à croire qu'Eschborn-Frankfurt sera cette année nettement plus ouvert et sélectif. Le nouveau parcours n'empêche pas un sprint classique, mais il ouvre la porte aux coureurs de classiques polyvalents. Tobias Lund Andresen et Matthew Brennan se distinguent particulièrement, mais Nils Politt pourrait également créer la surprise devant son public.
Working student