Lukas Niebuhr
· 25.09.2026
Les Championnats du monde de cyclisme sur route 2026 approchent de leur apogée : le dimanche 27 septembre, les meilleurs cyclistes professionnels du monde s'affronteront à Montréal pour remporter le maillot arc-en-ciel. Avec ses 273,7 kilomètres et ses 3 803 mètres de dénivelé, le parcours constituera une véritable épreuve d'endurance, non pas tant en raison d'une seule ascension difficile que de la succession incessante des montées du Mont-Royal.
Après les épreuves de contre-la-montre et les courses sur route des catégories juniors, la course sur route masculine élite clôt traditionnellement les Championnats du monde. Le départ sera donné à 15 h, heure d'Europe centrale, au Quartier Dix30 à Brossard, au sud de Montréal, tandis que l'arrivée se fera au Parc Jeanne-Mance. L'arrivée du nouveau champion du monde est prévue vers 21 h 40.
Le championnat du monde propose un mélange intéressant entre une longue approche et une finale exigeante. La course part de Brossard et traverse d’abord la Montérégie, avant que les coureurs n’atteignent Montréal et le circuit décisif du Mont-Royal. C’est là que commence une course à l’élimination, où le dénivelé s’accumule tour après tour. Les professionnels devront parcourir douze fois le circuit final de 13,4 kilomètres, ce qui représente à lui seul environ 161 kilomètres sur ce circuit.
Avec ses 273,7 kilomètres et ses 3 803 mètres de dénivelé, le Championnat du monde masculin s'annonce d'emblée, sur le papier, comme une course d'une journée particulièrement longue et exigeante. Partant du Quartier Dix30, le parcours traverse d'abord la Montérégie. Elle passera notamment par Carignan, Chambly, Mont-Saint-Hilaire, Richelieu, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Jean-sur-Richelieu et Saint-Mathias-sur-Richelieu avant d'entrer dans Montréal.
C'est là que le caractère de la course change radicalement. Douze tours de 13,4 kilomètres chacun sont au programme autour du Mont-Royal. À chaque tour, les coureurs gravissent environ 269 mètres de dénivelé ; une grande partie du parcours décisif est déjà couverte par le Grand Prix cycliste de Montréal est connue. La version « Coupe du monde » présente toutefois des modifications au niveau de la zone d'arrivée et relie ce circuit à la longue ligne droite venant de Brossard.
Le Mont-Royal constitue le cœur du circuit. Avec la Voie Camillien-Houde, c’est là que se trouve l’un des passages décisifs qui devrait mettre le peloton à rude épreuve à chaque passage. Comme les coureurs parcourent ce circuit de clôture à douze reprises au total, cela leur offre à chaque fois l’occasion d’accélérer le rythme et d’éclaircir progressivement le peloton. L’organisateur lui-même considère expressément la Voie Camillien-Houde comme l’une des grandes difficultés du parcours des Championnats du monde.
Mais même après cela, il n’y aura guère le temps de reprendre son souffle. Le Chemin de la Polytechnique marque en effet une nouvelle montée marquante du circuit. L’organisateur signale ici des tronçons présentant une pente supérieure à 11 %, ce qui pourrait en faire un point idéal pour des attaques, notamment lors des derniers tours. Ce n’est pas tant une seule longue montée qui sera déterminante, mais plutôt la succession des difficultés : sur douze tours, les efforts s’accumulent et devraient faire en sorte que les rapports de force apparaissent de plus en plus clairement à mesure que la course avance.
Même après les dernières montées, la course n'est pas encore jouée. La ligne droite d'arrivée sur l'avenue du Parc passe par un faux plat en montée, ce qui exige donc encore un effort supplémentaire pour atteindre la ligne d'arrivée. Si un petit groupe devait se retrouver ensemble dans la phase décisive, ce qui comptera avant tout, outre le sens tactique, ce sera sans doute de savoir qui, après près de 274 kilomètres, disposera encore de l'explosivité nécessaire pour le final. La combinaison de montées répétées, de courtes phases de récupération et d’un passage final en montée fait de ce circuit un parcours classique pour une longue course d’élimination.
Même si la lutte pour le maillot arc-en-ciel semble très ouverte, trois noms se détachent particulièrement avant la course sur route des Championnats du monde : Remco Evenepoel, Paul Seixas et Isaac del Toro. Le Grand Prix cycliste de Montréal, qui s’est déroulé il y a à peine deux semaines avant les Championnats du monde, a justement fourni un indice remarquable. Del Toro s'est imposé devant Seixas, tandis qu'Evenepoel a terminé cinquième. Étant donné qu'une grande partie de la finale des Championnats du monde se déroule sur les mêmes routes du Mont-Royal, ce résultat revêt une importance particulière, même si la course des Championnats du monde, avec ses 273,7 kilomètres, représente un défi d'une autre ampleur.
Outre son talent, c’est surtout sa forme actuelle qui joue en faveur d’Evenepoel. Le Belge s’était déjà imposé au Grand Prix Cycliste de Québec avant de remporter, en ouverture de la semaine des Championnats du monde, son quatrième titre consécutif de champion du monde du contre-la-montre individuel. Il s'est imposé avec 57 secondes d'avance sur Filippo Ganna, tandis que Seixas a pris la troisième place. Evenepoel, champion du monde sur route 2022, peut désormais viser son deuxième titre dans la course sur route. Sa plus grande force pourrait bien constituer en même temps le grand enjeu tactique de la course : va-t-il laisser la décision se jouer en fin de course ou va-t-il tenter de mettre la pression sur ses adversaires bien avant l'arrivée en lançant une attaque ?
Isaac del Toro s’est montré tout aussi impressionnant ces derniers temps. Le Mexicain a remporté le Grand Prix Cycliste de Montréal devant Seixas, prouvant ainsi, sur le terrain qui servira de cadre aux Championnats du monde, à quel point les efforts répétés sur le Mont-Royal lui conviennent. Del Toro et Seixas ont d’ailleurs réussi à se détacher ensemble de leurs concurrents. La performance récente de Del Toro est d’autant plus convaincante qu’elle a été réalisée sur le parcours même des Championnats du monde. Paul Seixas se hisse ainsi presque inévitablement au premier rang des favoris. Lors de cette épreuve à Montréal, le Français n’a été battu que par Del Toro et a confirmé une nouvelle fois sa forme quelques jours plus tard en remportant la médaille de bronze au contre-la-montre individuel des Championnats du monde.
Juste derrière ce trio se trouve un deuxième groupe particulièrement prestigieux. Avec Wout van Aert et Mathieu van der Poel, on y retrouve deux coureurs pour qui une course difficile, marquée par des changements de rythme constants, offre en principe de belles opportunités. Tous deux possèdent en outre une grande expérience des Championnats du monde ; Van der Poel a lui-même remporté le maillot arc-en-ciel en 2023 et a démontré, lors de la dernière étape du Tour de Luxembourg, avec son victoire historique en solo une forme séduisante.
Pour la Belgique, la présence de Van Aert et d’Evenepoel crée en outre une configuration tactique intéressante. Une récente analyse des Championnats du monde évoque explicitement, pour l’équipe belge, la possibilité d’adopter une stratégie offensive avec Evenepoel ou de miser sur l’option Van Aert. Pour les adversaires, ce duo de tête pourrait bien s’avérer gênant : il n’est pas possible de contrôler chaque mouvement de l’un des deux Belges sans pour autant ouvrir des possibilités à l’autre.
Le groupe élargi comprend également Juan Ayuso, Mauro Schmid, Quinn Simmons, Brandon McNulty et Primoz Roglic. McNulty, en particulier, a déjà réalisé une belle performance sur ce type de parcours en terminant troisième du Grand Prix Cycliste de Montréal, tandis que Simmons s’est classé quatrième, juste derrière lui. Derrière Del Toro et Seixas, ils ont tous deux devancé Evenepoel et Tom Pidcock. Dans une course des Championnats du monde qui s’ouvre tôt et où les favoris les plus en vue ne sont pas les seuls à pouvoir contrôler le rythme, ils font donc tous deux partie des candidats intéressants pour une course offensive.
Derrière eux, on trouve toute une série de coureurs qui ne font peut-être pas partie des tout premiers favoris, mais qui peuvent se retrouver en tête si la course se déroule favorablement. Parmi eux figurent Felix Gall, Mads Pedersen, Florian Lipowitz, Tom Pidcock, Adam Yates et Giulio Ciccone. Cette diversité montre également à quel point la course est difficile à prédire : les grimpeurs côtoient les puncheurs et les spécialistes des classiques, sans que le parcours ne soit clairement réservé à un seul type de coureur.
Pidcock a déjà prouvé qu'il savait s'imposer au Canada. Il a terminé quatrième au Grand Prix Cycliste de Québec, puis sixième à Montréal. Outre lui, la Grande-Bretagne peut également compter sur Adam Yates. C'est précisément lorsque les grands favoris se jaugent mutuellement que la présence de plusieurs options compétitives au sein d'une même équipe nationale peut s'avérer stratégiquement précieuse.
Du côté allemand, tous les regards se tournent surtout vers Florian Lipowitz. Après sa chute au Tour de France, le coureur de 26 ans n’a toutefois pas encore retrouvé sa forme optimale. L’Autriche compte également dans ses rangs Felix Gall, un coureur qui, si la course s’avère particulièrement difficile, fait partie de ce groupe d’outsiders. L'Italie, quant à elle, compte notamment Giulio Ciccone dans ses rangs. Mads Pedersen, ancien champion du monde, vient compléter la liste. Pour les coureurs de ce groupe, tout dépendra sans doute du degré de sélectivité avec lequel les douze tours du Mont-Royal seront finalement disputés, et de leur capacité à saisir le moment où les grands favoris commenceront à se jauger mutuellement.
À la veille de ce dimanche de Championnat du monde, tout laisse donc présager une course difficile à contrôler. Evenepoel, Seixas et Del Toro présentent peut-être les arguments les plus convaincants, mais juste derrière eux se trouve toute une série de coureurs capables de tirer parti de différentes situations de course. Plus la course s'ouvrira tôt, plus il y aura de chances que d'autres noms, outre les trois grands favoris, se joignent à la lutte pour le maillot arc-en-ciel.

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