La 5e étape du Giro d'Italia 2026 n'était qu'un torrent. Il ne pleuvait pas - il pleuvait à verse. Les coureurs ont parlé de rivières qui se déversaient sur la route et de températures qui faisaient plutôt penser à une classique d'automne. Mais aussi spectaculaires qu'aient été ces images : L'étape n'a pas été interrompue. Cela soulève une question qui fait toujours débat dans le cyclisme professionnel : A partir de quand l'UCI interrompt-elle une course en raison de conditions météorologiques extrêmes ? La réponse est plus complexe que beaucoup ne le pensent.
Dans le règlement officiel de l'UCI, il n'existe pas un seul paragraphe qui dit : "En cas de pluie d'intensité X, une course est arrêtée". A la place, il existe une procédure spécifique : le UCI Extreme Weather Protocol (EWP). Il fait partie des règles générales d'organisation et est géré par l'UCI en tant que guide obligatoire pour toutes les courses sur route. Le protocole ne décrit pas de valeurs limites fixes, mais évalue les situations sur la base de critères de dangerosité.
Au centre de ce processus se trouve un groupe spécial qui est convoqué en cas de conditions météorologiques extrêmes. Il est composé de la direction de course, du directeur médical de l'UCI, de représentants des coureurs et des équipes ainsi que de l'organisateur. Ensemble, ils évaluent la situation : à quel point les conditions sont-elles réellement dangereuses ? Comment la météo et le parcours évoluent-ils ? Quels sont les risques pour la santé ? Ce n'est que sur cette base qu'il est décidé si une course doit être poursuivie normalement, neutralisée, écourtée ou totalement arrêtée.
Les critères qui entrent en ligne de compte sont nombreux. Le froid ou la chaleur extrêmes peuvent conduire à une intervention, tout comme les fortes pluies qui inondent les routes ou réduisent massivement la visibilité. La neige, la glace, les rafales de vent ou les orages sont également considérés comme des sources potentielles de danger. La situation devient particulièrement délicate lorsque la combinaison des conditions météorologiques et du profil du parcours génère un risque incalculable - par exemple dans les descentes, les tunnels ou sur les routes de montagne exposées. L'UCI souligne que la sécurité des coureurs est toujours prioritaire, mais qu'il faut en même temps agir de manière flexible, car les conditions météorologiques changent rapidement et les courses se déroulent dans des conditions très différentes dans le monde entier.
Alors pourquoi l'étape pluvieuse du Giro n'a-t-elle pas été interrompue ? Bien que les images aient paru dramatiques, les conditions étaient, selon les responsables, en dessous du seuil considéré comme critique par l'Extreme Weather Protocol. Les températures n'étaient pas extrêmement basses, les routes étaient praticables malgré les trombes d'eau, et il n'y avait pas d'orages ni de problèmes de visibilité exceptionnels. En bref, la situation était désagréable mais pas suffisamment dangereuse pour qu'il soit nécessaire d'intervenir.
Le protocole Extreme Weather montre ainsi sa caractéristique centrale : il est délibérément formulé de manière ouverte afin de pouvoir réagir de manière flexible au cas par cas. Pour les pilotes, cela signifie également que les décisions sont souvent discutées - car ce qui est encore possible pour les uns est considéré comme irresponsable par les autres. Une chose est cependant claire : une course n'est pas interrompue à cause de la pluie, mais uniquement si la situation globale représente un danger imminent. Et ce n'est pas l'application météo qui en décide en fin de compte, mais un comité chargé de protéger les vies en cas de conditions météorologiques extrêmes.
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