Gitta Beimfohr
· 21.06.2026
De grandes aventures ponctuées de rencontres authentiques dans des paysages aussi vastes et isolés que possible, loin des lieux touristiques très fréquentés. C’est ainsi que l’on pourrait résumer en gros les préférences d’un adepte du bikepacking. Du moins, si l’on se fie à ce que l’on peut lire sur les forums dédiés à ce sujet.
Un autre thème très prisé sur Instagram : les « Lost Places », c'est-à-dire des ruines oubliées datant d'un passé récent. Par exemple, un ancien site industriel, une mine ou un monastère abandonné : des lieux chargés d'une histoire que personne n'a encore racontée, et qui reste à découvrir.
Il est également important de se fixer un objectif clair. Un objectif qui semble aussi lointain que possible. Car même si les adeptes du gravel ne recherchent ni la vitesse ni les records, un effet « waouh » permet de se démarquer au sein de la communauté et sert avant tout à renforcer sa propre motivation.
Ou, comme le dit Nelson Trees, cofondateur de la série Trans Continental Races :
Il s'agit de découvrir les zones inexplorées de la carte. Il s'agit d'emmener les gens dans des endroits inattendus qui les émerveilleront. Cela peut parfois s'avérer difficile, mais au final, tout doit avoir un sens et en valoir la peine. - Nelson Trees
Même si la plupart des adeptes du gravel commencent sans doute par tester leur nouveau vélo et leur équipement de bikepacking devant chez eux ou lors d’une traversée de l’Allemagne, l’envie de partir vers de nouveaux horizons finira par les gagner. Ne serait-ce que parce que les forums regorgent de récits d’aventures de ce genre. Il n’existe malheureusement pas de chiffres officiels. Nous avons donc fait ce que tout amateur d’aventure aurait fait : nous avons interrogé l’IA : quelles sont actuellement les destinations les plus prisées par les bikepackers et les cyclistes de gravel ? Le résultat nous a en partie surpris :
À première vue, cela ne semble pas très aventureux, mais l’Italie a bien sûr bien plus à offrir que le Tyrol du Sud, le lac de Garde et Finale Ligure. À lui seul, l’Apennin s’étend sur 1 200 kilomètres à travers la botte italienne. En évitant les routes côtières et en contournant les hauts lieux touristiques comme Florence, Rome et Naples, on peut pédaler pendant des jours à travers des paysages des plus isolés, en passant devant d’anciens monastères, des villages de montagne abandonnés et des rizières. Le paysage change sans cesse et la cuisine italienne ne cesse de s’améliorer. Il en va de même pour les îles d’Elbe, de Sardaigne et de Sicile, que l’on peut faire le tour à vélo de gravel en empruntant des itinéraires passionnants.
Le « Tuscany Trail », qui se déroule chaque année en mai, attire également de nombreux adeptes du gravel. Ce parcours de 445 kilomètres à travers l'arrière-pays toscan, à faire en autonomie, détient le record mondial du nombre de participants avec 6 000 inscrits.
Le terrain de gravel pour les cyclistes confirmés. Pourquoi ? Parce que ce paysage montagneux spectaculaire, avec ses lacs aux eaux cristallines, est parsemé de longues montées et descentes – parfois sur des chemins de gravier plus accidentés comportant des passages où il faut porter son vélo. Sur les forums, on conseille aux débutants de commencer par traverser le Jura suisse, nettement plus plat, avec tous leurs bagages sur le vélo. Notamment parce que cette région est encore sauvage et peu exploitée. D’ailleurs, un itinéraire de bikepacking de 400 kilomètres y a été balisé tout récemment.
Les motards expérimentés se recommandent mutuellement des cols particulièrement isolés et peu fréquentés en Suisse. Trouver des endroits où passer la nuit à des prix particulièrement avantageux constitue également un défi. Le camping sauvage est interdit en Suisse !
À première vue, cet objectif peut paraître surprenant, car l’Islande offre sans doute les conditions météorologiques les moins propices au vélo de toute l’Europe : des rafales de vent déchaînées venues de l’Atlantique peuvent s’abattre sur les sacoches et vous arracher de la route en gravier. Si vous n’avez pas de chance, vous pouvez être confronté plusieurs fois par jour à la pluie, à la neige et/ou au grésil. Mais c’est justement pour vivre ces expériences en pleine nature que les cyclotouristes viennent ici. L’Islande offre par ailleurs sans doute les paysages les plus sauvages d’Europe : volcans, glaciers, cascades, sources chaudes… le tout sur un espace très restreint. Et même si l’Islande est en soi une destination plutôt chère, les campings restent relativement abordables, entre 10 et 15 euros.
L'île s'est d'ailleurs fait connaître auprès des adeptes du cyclotourisme grâce à l'Arna Westfjords Way Challenge (1 000 km / 4 jours en juillet).
Dans les Highlands écossais aussi, l’esprit d’aventure est au rendez-vous : un paysage de « collines » isolées et sauvages, des conditions météorologiques rudes, des ruines de châteaux chargées d’histoire, et il existe même des itinéraires balisés qui traversent le pays (le Ten Peaks Trail). Le camping sauvage est autorisé en Écosse, sauf sur les terrains privés, qui sont souvent clôturés par des murs de pierre. C’est donc pratiquement toujours possible au sud des Highlands. Dans les Highlands, camper en tente permet de réaliser des économies substantielles sur le budget de voyage, mais il faut s’accommoder des redoutables moucherons. Ces petits moucherons des landes s'envolent du sol le soir, quand il n'y a pas de vent, et peuvent se révéler particulièrement agaçants.
Aucun autre pays d’Europe ne fait l’objet d’autant de discussions et de partages au sein de la communauté cycliste. Même Markus Weinberg, cycliste de l’« European Connection Trail », a été surpris par le nombre de cyclotouristes qu’il a rencontrés dans ce pays. Beaucoup avaient bien sûr pour destination les Lofoten, le cercle polaire ou même le Cap Nord. Mais la longueur même du pays est également séduisante : sur près de 1 800 kilomètres (à vol d’oiseau !), ce n’est que dans le sud que l’on trouve une civilisation digne de ce nom. Plus on remonte vers le nord, plus les rencontres avec des rennes sont fréquentes, mais plus il devient difficile de se ravitailler.
La communauté du gravel et du bikepacking s'intéresse surtout aux destinations qui étaient jusqu'à présent considérées comme « trop chères ». Mais comme, avec le bikepacking, seules les dépenses de restauration restent à prendre en compte dans le budget du voyage, on peut à nouveau se permettre de se rendre à ces destinations. Il s’agit en outre de pays qui, en raison de leurs prix élevés, n’ont pas développé de tourisme de masse. On peut donc encore y parcourir de nombreux kilomètres à vélo au cœur d’une nature sauvage et quasi intacte.

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