Tom Mustroph
· 05.01.2024
La nouvelle saison cycliste féminine sera marquée par deux méga-événements en France. Lors de la Tour de France Femmes se rend pour la première fois au sommet mythique du cyclisme Alpe d'Huezmais peu de temps avant, à Paris, chez Jeux olympiques 2024 pour l'or. Cela revêt une importance particulière pour les cyclistes féminines. "Un titre olympique a la même valeur pour les hommes que pour les femmes. C'est pourquoi c'est un très grand objectif pour certaines de nos athlètes féminines", explique Dirk Baldinger de l'écurie allemande Ceratizit-WNT-Pro Cycling.
La championne du monde et deuxième du Tour Lotty Kopecky donne également la priorité aux Jeux olympiques : "Le parcours du Tour me plaît, et le fait que cela passe par la Belgique est aussi très bien. D'un autre côté, le Tour a lieu chaque année et les Jeux olympiques n'ont lieu que tous les quatre ans". Malgré le possible renoncement au départ de certaines stars, l'importance du Tour de France Femmes n'est toutefois pas égratignée par les Jeux olympiques. "Le Tour est le nec plus ultra. Il a une portée énorme. Tout comme chez les hommes, il dépasse tout le reste et est la plus grande marque de notre sport", estime le directeur sportif Ronny Lauke de l'écurie Canyon//SRAM.
Comme chez les hommes, la série de courses du World Tour débute chez les femmes avec la Santos Tour Down Under en janvier. C'est surtout pour les coureuses australiennes que cette course est incontournable. L'équipe nouvellement formée Liv-AlUla Jayco se présente même uniquement avec des coureuses locales. La tenante du titre Grace Brown (FDJ-Suez) et la triple gagnante Amanda Spratt (Lidl-Trek) ont également confirmé leur participation.
Le point culminant sera pour la première fois la Willunga Hill, qui marque déjà la course des hommes depuis de nombreuses années. De toute façon, de plus en plus de hautes montagnes sont à la mode : la Giro d'Italia Women 2024, organisée pour la première fois par l'organisateur masculin RCS, attire avec la chevauchée vers le blockhaus, les Tour de France Femmes 2024 avec les 21 virages vers L'Alpe d'Huez. "En tant que coureur, je ne me souciais pas vraiment du nom de la montagne. Elles étaient toutes assez difficiles et à la fin, ce sont les meilleures qui s'imposaient. La seule différence, c'est qu'il y a plus de monde sur les montagnes emblématiques", commente Ronny Lauke, directeur de Canyon//SRAM, à propos du penchant des organisateurs pour le glamour des sommets.
La directrice de course du Tour, Marion Rousse, est plus euphorique. Elle qualifie le voyage à l'Alpe d'Huez "d'étape aux dimensions dantesques". Autre nouveauté : le premier départ à l'étranger, à Rotterdam. Les deux demi-étapes du deuxième jour sont également inhabituelles : une étape courte et en grande partie plate de 67 kilomètres le matin, suivie d'un contre-la-montre. "Bien que nous démarrions un lundi, nous voulions conserver huit étapes", explique Rousse, qui prédit pour les coureuses "un défi dû à la fatigue de cette journée". L'une ou l'autre participante arrivera toutefois déjà bien fatiguée. Car avant le Grand Départ du 12 août à Rotterdam, il y aura les Jeux Olympiques de Paris avec la course sur route le 4 des Moants et les épreuves sur piste du 5 au 11 août.
La montée vers L'Alpe d'Huez sera une étape de dimension dantesque ! - Marion Rousse, directrice du TdFF
La proximité des deux événements principaux de l'année est un casse-tête pour de nombreux participants, car ceux qui veulent participer aux courses sur piste doivent gérer différemment leur charge d'entraînement et participer à des épreuves de qualification. "En tant qu'équipe de route, nous prenons un peu de recul et laissons les coureuses libres. Mais lors de certaines courses, elles doivent aussi faire quelque chose pour l'équipe", explique Dirk Baldinger de l'équipe Ceratizit-WNT. Chez lui, cela concerne en premier lieu la championne olympique de Tokyo en poursuite par équipe Franziska Brauße, la double championne olympique britannique sur piste Katie Archibald ainsi que la triple championne du monde italienne Martina Fidanza.
"S'ils remportent une médaille d'or, cela rejaillit sur l'équipe", espère-t-il, en espérant des effets gagnant-gagnant. Le nombre croissant de courses en Allemagne est un point positif. Au traditionnel Tour de Thuringe (25-30 juin) s'ajoutent le Grand Prix de Stuttgart (15 septembre) ainsi que le Tour de Berlin au féminin. Ce dernier sera étendu à trois jours (du 2 au 4 août). "L'événement a été très bien accueilli. Et comme nous voulons que le voyage en vaille la peine pour les équipes, il y a maintenant trois étapes", raconte le directeur de la course Claudiu Ciurea.
Le fait que la dernière étape à Berlin ait lieu le même jour que la course olympique sur route ne le dérange pas : "Nous ne voyons pas cela comme un problème, mais nous pensons qu'il y a à ce moment-là une attention positive pour le cyclisme et que cela se reflète sur le parcours". Avec la traditionnelle modestie berlinoise, on pourrait retenir ceci : Le Tour de Berlin féminin représente la charnière parfaite entre le Giro d'Italia et le Tour de France Femmes. Et il n'est pas toujours nécessaire d'opter pour le Blockhaus et l'Alpe d'Huez. La colline de Grunewald "Willi" a aussi ses fans.