Leon Weidner
· 09.06.2026
Bien sûr, à la fin d'un Giro d'Italia Women, c'est traditionnellement la gagnante qui est au centre de l'attention, en l'occurrence une fois de plus Demi Vollering. Mais si l'on élargit un peu le regard, on s'aperçoit que le succès le plus passionnant de ce tour n'appartient pas à la plus haute marche du podium, mais juste à côté. La deuxième place d'Antonia Niedermaier est bien plus qu'un succès d'estime, c'est une déclaration.
Car les noms qui se bousculent derrière et devant l'Allemande attirent l'attention. Outre Vollering, Anna van der Breggen, Elisa Longo Borghini et Marlen Reusser étaient des pointures absolues du cyclisme féminin. Des coureuses qui ont gagné des Grands Tours et qui ont marqué la scène pendant des années. Et c'est précisément cette concurrence que Niedermaier a laissé derrière elle.
Il ne manquait à Niedermaier qu'une trentaine de secondes à Vollering à la fin, un clin d'œil sur la distance d'un tour de plusieurs jours. En même temps, l'avance de l'Allemande sur Anna van der Breggen était de plus d'une minute. Ces chiffres sont plus que des notes statistiques marginales : ils montrent à quel point Niedermaier est déjà proche de l'élite mondiale absolue et aussi d'une victoire dans un grand tour.
Si cette deuxième place est si remarquable, c'est parce qu'elle confirme une évolution qui se dessinait déjà. Niedermaier n'est plus seulement un talent prometteur, elle devient une candidate sérieuse à la victoire finale dans les grands tours. Dans la perspective du prochain Tour de France féminin, cette idée prend un relief supplémentaire. Officiellement, Kasia Niewiadoma est la capitaine de l'équipe. Une coureuse expérimentée, établie au plus haut niveau, qui a déjà gagné le Tour en 2024. Mais les performances déplacent les hiérarchies et le Giro de Niedermaier a justement déclenché ce phénomène. La question n'est plus de savoir si elle peut rouler en tête. La question est de savoir si l'équipe peut se permettre de ne pas la considérer comme une option équivalente ou même comme une capitaine.
Rétrospectivement, on dira peut-être que cette deuxième place n'était pas un résultat isolé, mais le début. Le moment où le rapport de force dans le cyclisme féminin s'est un peu déplacé et où une nouvelle protagoniste est définitivement entrée sur la grande scène.
Le Giro d'Italia Women d'Antonia Niedermaier n'a donc pas été un simple succès. Il a montré la voie. Et il pourrait être le prélude à une phase où elle concourra régulièrement pour les plus grands titres et finira par les gagner.
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