Championnats du monde de gravel UCI 2022Lakata parle de la reconnaissance du parcours, du matériel & des favoris

Thomas Goldmann

 · 07.10.2022

Championnats du monde de gravel UCI 2022 : Lakata parle de la reconnaissance du parcours, du matériel & des favorisPhoto : Alban Lakata
Dimanche se dérouleront les premiers championnats du monde de gravel UCI pour l'élite masculine. Alban Lakata sera également de la partie. Le multiple champion du monde de marathon en VTT parle dans une interview avec TOUR des favoris, du parcours et de ses ambitions personnelles.
Alban Lakata, surnommé "Albanator", a été champion du monde de marathon en VTT en 2010, 2015 et 2017, champion d'Europe dans cette discipline en 2008 et 2010, et huit fois champion d'Autriche au total.Photo : David Robinson/Red Bull Content PoolAlban Lakata, surnommé "Albanator", a été champion du monde de marathon en VTT en 2010, 2015 et 2017, champion d'Europe dans cette discipline en 2008 et 2010, et huit fois champion d'Autriche au total.

TOUR : Comment vous sentez-vous avant le début des championnats du monde de Gravel ? Quelle est votre forme ?

Lakata : On sent déjà que l'automne arrive. Mais je me suis remotivé pour être vraiment en forme pour les championnats du monde, qui seront ma dernière course cette année.

Je me sens plutôt bien, je suis certes un peu malade, mais pas de manière grave. J'espère que cela ne va pas s'aggraver. Mais en ce moment, il y a probablement beaucoup de coureurs qui souffrent de la couronne et de refroidissements. Je pense que mes watts sont assez bons. Je ne sais pas où je me situe par rapport aux autres coureurs, parce qu'il n'y a pas eu de vraies comparaisons, mais je suis confiant.

Lakata avec un nouveau vélo aux championnats du monde de Gravel

TOUR : Quelle a été la préparation ?

Lakata : J'ai reçu mon vélo assez tard. Avant, je roulais sur un vélo de course avec des pneus plus larges, un peu comme Mathieu van der Poel. Mais je trouve cela plutôt sous-optimal. Le dégagement des pneus est relativement faible. Si c'est un peu boueux, ça traîne et l'amortissement n'est pas très bon sur le terrain. Il y a deux semaines, nous avons reçu de Bulls un nouveau vélo de gravel, le Bulls Machete. J'ai peu à peu réglé le vélo correctement et je suis encore passé à un cadre plus petit il y a une semaine. En conséquence, chaque sortie d'entraînement était une sortie d'essai. Quelle largeur de pneu dois-je utiliser ? Quel pneu me convient en général ? Beaucoup de choses ont été essayées.

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Pour m'entraîner, j'ai cherché des conditions similaires à celles des championnats du monde : Du gravier, qui est parfois un peu plus grossier, et des sections qui ressemblent à des sentiers, pour voir si j'arrive à mettre une bonne pression sur la pédale, même sur le terrain plat. J'y parviens maintenant assez bien et le réglage du vélo est également très bon. Je suis donc très confiant pour les championnats du monde de gravel.

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TOUR : Quels ont été les défis à relever pour le réglage du gravel bike ?

Lakata : Le problème des gravelbikes en général, c'est qu'ils sont plutôt conçus pour le confort. On a une position un peu plus droite. Je l'ai aussi remarqué chez moi. Avec le cadre Large que j'ai d'abord essayé, je roulais de manière trop touristique. J'ai alors opté pour un cadre plus petit. Je m'y sens beaucoup plus à l'aise, plutôt comme sur un vélo de cyclocross.

Le bon choix de pneus

TOUR : Avec quelle largeur de pneus allez-vous prendre le départ du championnat du monde de Gravel ?

Lakata : Je ne voudrais pas avoir moins de 40 millimètres. Avec 45 millimètres, on a plus de confort. Mais la tendance est que de nombreux pilotes roulent en 40 millimètres ou plus. J'ai donc décidé de passer à 40 millimètres.

TOUR : Vous avez déjà parcouru la route. Quelles sont vos impressions ?

Lakata : J'ai vu le circuit il y a une semaine, mais j'ai passé la plupart du temps sous la pluie. J'avais alors l'impression que la course serait vraiment difficile. Au début, il y a deux petites collines. Elles sont exigeantes, mais leur longueur permet à la plupart des coureurs de les suivre. Ensuite, le parcours est en grande partie plat et le revêtement est plutôt bon. Il y a de temps en temps des virages dans les champs et les prairies, mais la majeure partie - surtout dans la partie centrale autour de Padoue - se fait sur du bon gravier, voire de l'asphalte. Ça va déjà beaucoup à gauche et à droite avec des virages à 90 degrés. Ensuite, nous arrivons aux deux tours finaux autour de la ville d'arrivée Cittadella. C'est un mélange de parcours assez accidentés avec des trous de boue et l'autre moitié avec de l'asphalte et quelques pavés. Il y en a pour tous les types de coureurs.

Alban Lakata lors de la reconnaissance du parcoursPhoto : Alban LakataAlban Lakata lors de la reconnaissance du parcours

Scénarios possibles pour les championnats du monde de Gravel

TOUR : À quoi vous attendez-vous pour la course de dimanche ?

Lakata : Il n'y a pas vraiment d'équipes nationales qui travaillent ensemble, et on ne se connaît pas comme dans une course sur route par exemple. Au début, je pense que ce sera un peu confus. C'est pourquoi il faut se montrer très actif après le départ et veiller à ce que personne ne s'échappe ou qu'aucun groupe important ne parte. Ce sera une nouvelle expérience pour beaucoup. C'est justement ce qui rend ce championnat du monde de Gravel si passionnant.

Le profil d'altitude de la course des championnats du monde de Gravel hommesPhoto : VeranstalterLe profil d'altitude de la course des championnats du monde de Gravel hommes

Le début de la course, avec ses deux montées, pourrait être un moment clé de la course. Tout le monde va essayer d'y participer. Si personne ne parvient à se détacher, ce sera probablement une course par élimination. Il est possible qu'un petit groupe se forme plus tard dans la course. L'hypothèse la moins probable pour moi est qu'un grand groupe entame le dernier tour.

TOUR : Qui est votre favori pour le titre de champion du monde ?

Lakata : J'estime que Mathieu van der Poel est très fort. Il a tout pour lui et maîtrise parfaitement son vélo. Mais lui aussi peut se tromper dans le choix du matériel ou passer une mauvaise journée. Il faut bien sûr aussi tenir compte des spécialistes de la gravure et je connais aussi quelques bons vététistes qui seront au départ. En tout cas, le parcours est suffisamment sélectif pour que le plus fort gagne. Il est difficile de distinguer un favori clair autre que Van der Poel.

Lakata sur les objectifs

TOUR : Et votre objectif personnel ? Quels sont vos objectifs pour les championnats du monde de Gravel ?

Lakata : Je veux faire une bonne course. Réaliser la performance que je peux fournir actuellement. Je ne me suis pas fixé d'objectif précis en termes de classement. On pourra peut-être tirer des conclusions de cette course sur la façon dont je vais évoluer moi-même dans le domaine du gravel. Pour la marque Bulls, ce sera en tout cas une bonne occasion de mettre en scène le nouveau vélo de gravel Machete. Je suis vraiment impatient de participer à cette course.

TOUR : Il y a beaucoup de professionnels de la route au départ. Est-ce une bonne chose pour le gravelling ou non ?

Lakata : Je trouverais dommage qu'un Van der Poel remporte le maillot arc-en-ciel et ne se montre pas avec l'année prochaine. D'un autre côté, la présence des professionnels de la route peut aussi être positive. Si van der Poel devenait champion du monde, il pourrait devenir un grand vecteur de publicité pour le sport. Car tout le secteur du gravel en est encore à ses balbutiements. Si on le commercialise bien, cela pourrait revaloriser les courses de gravel, car d'autres coureurs de haut niveau pourraient peut-être passer de l'autre côté.

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