Le "pouls", c'est-à-dire le nombre de battements cardiaques par minute, est un indicateur de l'intensité du travail du corps : Plus le cœur bat vite, plus le système cardio-vasculaire est sollicité. "En faisant du vélo, les muscles qui travaillent ont besoin de plus d'oxygène et de nutriments qu'au repos", explique le Dr Hannes Fricke, scientifique du sport et cardiologue à la clinique de la Croix-Rouge à Munich. "Elle reçoit ces deux éléments lorsque le cœur bat plus souvent et pompe ainsi plus de sang dans les muscles".
La mesure du pouls permet ainsi de contrôler l'intensité de l'effort et donc l'entraînement dans son ensemble. Celui qui pratique régulièrement le vélo de course avec un cardiofréquencemètre - et c'est le cas des débutants comme des professionnels - acquiert en outre des connaissances sur son corps, surtout en les comparant à ses propres sensations.
A partir d'une course d'essai avec un cardiofréquencemètre - de préférence une ceinture thoracique qui enregistre la fréquence cardiaque (>>). Test : six ceintures cardiofréquencemètres actuelles) - permet de définir les différentes zones d'entraînement à l'aide des valeurs relevées. Le point central de la gestion de l'entraînement par la fréquence cardiaque est ce que l'on appelle le pouls seuil - c'est-à-dire la fréquence cardiaque la plus élevée que l'on peut maintenir plus longtemps (environ une heure).
En revanche, la fréquence cardiaque maximale d'un sportif ne joue guère de rôle, dit-il.
Fricke : "Si le cœur peut battre à une fréquence très élevée, cela ne dit rien sur les performances. Le pouls maximal ne change pas non plus avec l'entraînement, mais dépend des gènes, du sexe et de l'âge".
Il en va autrement du pouls au repos : il diminue avec l'augmentation de la condition physique - parce que le cœur s'adapte à un entraînement régulier et devient plus gros avec le temps, ce qui augmente à son tour son volume de battements. Il peut alors se contenter de moins de battements pour pomper la même quantité de sang dans le même temps qu'auparavant. "Les personnes non entraînées ont un volume de battements de 70 à 100 millilitres", explique le cardiologue Fricke. "Chez les personnes entraînées à l'endurance, ce volume peut atteindre 200 millilitres à l'effort maximal". Un Pouls au repos de 40 battements par minute serait donc n'est pas rare chez les sportifs d'endurance bien entraînés.
Le médecin recommande de toute façon un ECG d'effort à tous les cyclistes qui reprennent le sport et à ceux qui ont plus de 35 ans - dans le cadre d'un bilan médico-sportif. Lors de cet examen, un médecin teste l'aptitude au sport du système cardio-vasculaire afin de s'assurer qu'aucune maladie cardiaque n'est présente. "Les événements tragiques liés au sport sont rares, mais souvent évitables", avertit Fricke. Il est indispensable qu'un ECG fasse partie de l'examen jusqu'à l'arrêt de l'effort, dit-il. "De nombreux médecins arrêtent le test avant, mais c'est une erreur. Un ECG d'effort doit se dérouler jusqu'à l'épuisement et ne devrait être interrompu qu'en cas de symptômes ou d'anomalies particulières dans le cadre de l'examen".
Celui qui souhaite gérer son entraînement cycliste à l'aide de la fréquence cardiaque doit toutefois tenir compte de quelques éléments : la La fréquence cardiaque réagit toujours avec un certain retard à un changement d'effort. Elle n'augmente dans une montée qu'après quelques mètres de dénivelé et ne se rétablit que progressivement dans une descente. Ce que le cardiofréquencemètre indique ne restitue donc pas l'intensité en direct, mais avec un certain retard et de manière lissée. Le site complique l'entraînement avec des changements de rythme rapidescomme des intervalles courts et intenses. En revanche, le contrôle de la fréquence cardiaque fonctionne bien lors de sorties plus longues avec un effort constant.
S'entraîner en fonction de la fréquence cardiaque signifie donc toujours se baser non seulement sur le chiffre affiché à l'écran, mais aussi sur ses propres sensations : Si une conversation devient soudainement difficile, la zone d'entraînement suivante est peut-être déjà atteinte, même si le cœur bat encore dans la zone de base. La respiration réagit plus rapidement à un changement d'effort que la fréquence cardiaque.
Un cardiofréquencemètre permet toutefois d'améliorer sa propre perception de l'intensité. Si l'on prend l'habitude de deviner la valeur actuelle avant de regarder l'écran, on développe avec le temps une intuition de plus en plus fine. Le pouls est en outre un système d'alerte précoce utile : si une infection est en train de se déclarer, le cœur bat déjà plus vite avant que les symptômes n'apparaissent. "Si le pouls est plus élevé que d'habitude et que l'on se sent peut-être même mal en point, il faut arrêter l'entraînement ou tout au plus faire un tour tranquille", explique Fricke. "Tout le reste est même dangereux, car le risque de myocardite augmente".
Les personnes pratiquant l'entraînement par le pouls ne doivent jamais oublier que la fréquence cardiaque n'est pas seulement influencée par les infections. Les émotions, le stress au travail, la température extérieure, les maladies chroniques, l'anémie, les changements hormonaux, les médicaments comme les bêtabloquants, le café, le tabac, l'alcool et les drogues modifient également le pouls. Si l'on tient compte de tous ces éléments, on peut toutefois tirer profit d'un cardiofréquencemètre pour gérer son entraînement.
La fréquence cardiaque ne reflète pas la performance 1:1, mais est soumise à de nombreuses influences. Cela rend l'interprétation difficile.