Tim Farin
· 09.02.2023
En effet, ce sport trouve ses racines au tournant des 19e et 20e siècles, lorsque les cyclistes sur route se lançaient dans la compétition à travers champs, sollicitaient les muscles différemment et intégraient des défis techniques supplémentaires dans leur programme. Pour Hanka Kupfernagel, quatre fois championne du monde de cyclo-cross, le cross-country faisait également partie de la formation de base. "Cela m'a toujours fait plaisir et il faut du courage. Parfois, je me suis lancée à la poursuite des garçons dans des pentes abruptes en leur faisant une confiance aveugle", raconte Kupfernagel.
Pour prendre du plaisir à faire du vélo de course en tout-terrain, il faut être ouvert à la vitesse, aux surprises, aux intensités élevées et à la flexibilité mentale. "Ce qui est bien avec le Cycloross, c'est qu'on a un effort très intense en très peu de temps. Cela vous prend aux tripes", estime Kupfernagel. On lui a un jour conseillé de faire danser son vélo - et par là, on entend surtout une position décontractée du haut du corps. Il est également important de jouer avec le poids du corps.
En cyclocross, on se fraie un chemin dans le sable lourd en plaçant le poids du corps bien au-dessus de la roue arrière. La condition préalable à une bonne randonnée dans la boue, les champs et les prairies est aussi d'être prêt à s'engager à fond. "Il faut se réajuster virage après virage, se recentrer en permanence", explique Kupfernagel. Celui qui est en très bonne forme physique peut dissimuler ses erreurs. Mais celui qui n'est pas au top de sa forme devra construire son souffle et lutter rapidement contre la technique de conduite. Une collègue d'entraînement expérimentée peut très bien transmettre les quelques bases décisives lors d'une randonnée commune.
Il est impressionnant de voir les manœuvres que le crossman de classe mondiale Mathieu van der Poel réalise confortablement en selle. Mais pour les débutants, il s'agit de s'entraîner aux spécificités du cyclo-cross à chaque tour d'entraînement. Il s'agit des actions où l'on n'arrive plus à gérer les obstacles d'un point de vue purement cycliste. Dans les collines et les escaliers, le déclic et les épaules ainsi que la course avec élan, le vélo sur l'épaule, font partie du programme de base de chaque tour d'entraînement.
"Il faut tout un temps pour apprendre les changements de rythme et les sauts vers le haut et vers le bas sur le vélo", explique Kupfernagel. Important : lors du saut, on fait passer un pied à l'intérieur du pied encore enclenché, puis on se pose pendant qu'on décliquette l'autre pied. On peut ainsi continuer à courir directement. "On peut aussi s'entraîner avec des baskets en se rendant à la boulangerie", explique la multiple championne du monde.
Le Bunny Hop est une spécialité qui aide également les cyclistes de course sur d'autres terrains. Les coureurs sautent par-dessus des obstacles. On peut s'entraîner sur des racines : le poids vers l'arrière, soulever le guidon avec élan, puis sauter immédiatement avec le corps vers le haut et soulever le vélo à l'arrière au moyen des pieds fixés dans les pédales à clic. Bien sûr, cela peut aussi mal tourner. C'est pourquoi l'entraînement implique d'être prêt à chuter de temps en temps. "Il ne se passe pas grand-chose parce que c'est souvent boueux et que les vitesses ne sont pas aussi élevées que sur la route".
Hanka Kupfernagel donne encore un conseil particulier : de même qu'en cyclisme sur route on profite des qualités de conduite acquises sur le terrain, en cyclo-cross on profite des capacités acquises dans d'autres sports. C'est pourquoi les sports de balle rapides sont, selon elle, un bon exercice pour aiguiser les sens : La médaillée d'argent de Sydney 2000 cite le squash, le badminton ou le volley-ball - sur la route, pas sur le terrain. "On apprend aussi à rouler en jouant au beach-volley", dit Kupfernagel. D'autres aptitudes physiques polyvalentes aident donc à chaque tour croustillant dans la boue.