Il y a de ces moments où le corps se met soudainement en veilleuse. Les jambes deviennent lourdes, la tête se vide, et tout ce que l'on voit encore n'est plus qu'un voile gris. Complètement gris. Ceux qui s'entraînent beaucoup connaissent cet état - et savent qu'il peut être dangereux lorsqu'on se trouve quelque part entre le supermarché, la boulangerie et la dernière montée de la journée. C'est pourtant à ce moment-là que l'on décide si l'on peut encore rouler de manière à peu près contrôlée jusqu'à la maison ou si la séance se termine par une lutte acharnée pour la survie.
Ce qui aide vraiment dans de telles situations est étonnamment peu spectaculaire. Le supermarché se transforme en radeau de sauvetage, la boulangerie en service d'urgence pour les sportives et les sportifs. Tout ce qui fournit rapidement du sucre vaut désormais de l'or : un petit pain au chocolat, un croissant, un morceau de tresse à la levure. Même un petit pain sec peut faire des miracles si on le fait descendre avec un coca ou un jus de pomme. Pour les plus sportifs, optez pour des bananes, des barres de céréales ou ces petits sachets à écraser discrets que l'on trouve dans les rayons pour enfants - ils agissent plus vite qu'on ne le pense.
Et si c'est dimanche, un jour férié ou si tout est déjà fermé, il reste toujours la station-service. On y trouve rarement de la grande cuisine, mais exactement ce dont on a besoin en ce moment : Du sucre, du sel, des liquides. Un soda froid, un Snickers, un sandwich, quelques bâtonnets salés en cas de besoin - il ne s'agit pas d'atteindre la perfection, mais de lutter contre le manque d'approvisionnement. Le corps exige de l'énergie immédiate, et il l'obtient ici sans détour.
Une seule chose est importante : ne pas attendre trop longtemps. Celui qui roule complètement gris a raté le moment où il pouvait encore faire marche arrière. Mais même dans ce cas, il n'est pas trop tard. Un petit arrêt, une prise rapide dans les rayons, une pause de quelques minutes - et soudain, la couleur revient. Pas complètement, mais suffisamment pour parcourir les derniers kilomètres jusqu'à la maison sans que la journée ne s'échappe définitivement. Si l'on s'attend à ne pas se sentir mieux après quelques minutes, il ne faut toutefois pas hésiter à composer le 112. Aucun entraînement ne vaut la mise en danger de sa propre santé !

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