Sebastian Lindner
· 26.08.2026
La 6e étape de la Vuelta reste près de la Méditerranée et continue vers le sud en longeant la côte. En 2027, une étape de la Vuelta s'était déjà terminée au bord de la mer, à Alcossebre. La commune de 2 000 habitants fait ses débuts en tant que point de départ. De là, le parcours, ponctué de nombreux changements de direction, se dirige d'abord vers l'ouest, dans l'arrière-pays montagneux.
Après un peu moins de 45 des 178 kilomètres, on atteint le Puerto de La Serratella, premier col de la journée (2e catégorie). La montée s'étend certes sur 14 kilomètres, mais avec une pente de seulement 3,8 %, elle est loin d'être une « montée pour scooter ». Elle est suivie, 20 kilomètres plus loin, par le Coll de la Bandereta (3e catégorie), avant que le parcours ne rejoigne à nouveau la côte.
Mais le plus dur de la journée attend encore le peloton. Peu après Benicàssim et le sprint intermédiaire, le peloton s'engage à nouveau dans les montagnes. Un tour par l'Alto del Desierto de las Palmas (2e catégorie) est au programme. Il faut venir à bout de 7,6 kilomètres avec une pente moyenne de 4,9 %. Mais ce n’est que la première ascension de la montagne, où les coureurs prennent plus ou moins un raccourci. La deuxième fois, ils montent jusqu’au point culminant de la montagne, connu sous le nom de Puerto el Bartolo (1re catégorie).
La difficulté réside dans le fait que la suite de la montée est avant tout un chemin plus ou moins bien stabilisé, qui présente un revêtement de gravier sur un peu plus de deux kilomètres. Et ce, avec des pentes à deux chiffres sur toute la longueur, pouvant atteindre jusqu’à 20 % dans les passages les plus raides. La descente est toutefois à nouveau goudronnée. Il reste alors une bonne vingtaine de kilomètres jusqu'à l'arrivée à Castelló, qui fait partie de la Vuelta pour la neuvième fois au total, mais pour la première fois depuis dix ans ; ces kilomètres sont d'abord en pente, puis relativement plats dans la deuxième partie.
Une fois de plus, la 6e étape met en évidence l'approche créative des concepteurs du parcours, menés par l'ancien professionnel Fernando Escartín. L'intégration d'un circuit est certes une bonne idée, mais on peut se demander s'il était nécessaire de conserver le passage spectaculaire sur gravier dans le prolongement lors du deuxième passage sur ce tronçon.
Au final, le résultat ne correspondra peut-être pas du tout à ce que les organisateurs auraient souhaité. Le terrain extrêmement escarpé invite bien sûr à des attaques et à de grands écarts au classement général. Mais tout cela comporte également beaucoup de risques. Tadej Pogacar (UAE Team Emirates - XRG) n’a pas à les prendre, car il n’a rien à y gagner : s’il venait à être ralenti par un problème technique, il n’aurait que à y perdre. Cela vaut en fait aussi pour tous les autres coureurs du classement général. Les écarts au sein du top 10 – à l’exception de Pogacar – sont faibles et se situent dans une fourchette de 60 secondes. Et la Vuelta est encore longue. Prendre des risques ici ne fait que comporter des dangers.
Et cette journée pourrait bien être celle des échappés. Le relief vallonné du premier tiers de la course, sur les premiers kilomètres, est idéal pour permettre aux échappés de creuser un écart important sur le peloton, écart qu'il faudra ensuite conserver tant bien que mal jusqu’au Puerto el Bartolo. Si le peloton reste calme, il est tout à fait possible qu'un petit groupe d'échappés se dispute la victoire du jour.