Sebastian Lindner
· 21.08.2026
Pendant longtemps, les départs à l'étranger ont été une véritable exception à la Vuelta. Mais cette approche a complètement changé ces dernières années. Quatre des cinq dernières éditions ont débuté hors d'Espagne – depuis la première Vuelta à l'Espagne en 1935, cela ne s'était produit que sept fois au total.
En 2026, c'est Monaco qui accueillera la première étape. Certains professionnels s'en réjouiront, puisqu'ils résident dans la principauté de la Côte d'Azur, parmi lesquels le grand favori Tadej Pogacar (UAE Team Emirates - XRG). Pour le deuxième plus petit État du monde, l'organisation de cet événement représente en outre une autre particularité : Monaco est le premier pays où les trois grands tours nationaux de trois semaines ont tous pris le départ au moins une fois..
Dans le cas de la Vuelta, il s'agit désormais d'un contre-la-montre d'ouverture. La 1re étape – et non pas un prologue, car selon le règlement, celui-ci ne doit pas dépasser huit kilomètres ; mais au final, ce n’est qu’une formalité – s’étend sur 9,4 kilomètres et traverse exclusivement Monaco. Le parcours ne présente certes que 59 mètres de dénivelé, mais sa difficulté tient à son exigence technique. D'un côté, le parcours se caractérise par de longues lignes droites ou des courbes douces, comme celles qui longent directement la promenade du port, qui ne nécessitent aucune prouesse de pilotage. Mais on y trouve également de nombreux virages en épingle à cheveux, des virages à 180 degrés ou des virages à angle droit, qui sont pratiquement impossibles à négocier sur un guidon de contre-la-montre.
La ligne de départ se trouve juste devant le célèbre casino monégasque. De là, le parcours mène au cœur de la ville en passant par le luxueux boulevard des Moulins, puis revient par le même chemin avant d'atteindre le virage en épingle à cheveux du Fairmont, rendu célèbre par la Formule 1. Après avoir dépassé le point de chronométrage situé à 5,6 kilomètres, le parcours se dirige vers le port, puis de là jusqu’à la pointe sud-ouest du pays, à la frontière française, avant de revenir vers le centre-ville, où la première étape s’achève sur le boulevard Albert Ier, sur lequel se trouve également la ligne droite d’arrivée du circuit de Formule 1, la 1re étape s’achève.
En l'absence des deux as incontestés du contre-la-montre, Remco Evenepoel (Red Bull - BORA - hansgrohe) et Filippo Ganna (Netcompany INEOS), le départ de la Vuelta ne présente aucun favori évident pour le premier maillot rouge. Bien sûr, le nom de Pogacar vient immédiatement à l'esprit, mais il est peu probable que le Slovène veuille donner le maximum dès le premier jour et rouler à fond, au risque de charger d'emblée son équipe de la responsabilité du travail de poursuite pour quelques secondes seulement – il ne devrait d'ailleurs pas y avoir d'écarts importants.
Cependant, l'équipe UAE compte dans ses rangs deux autres prétendants, Ivo Oliveira et Jay Vine, qui devraient bien s'en sortir sur ce parcours et pour qui une victoire d'étape dans un Grand Tour aurait nettement plus de valeur. Stefan Küng (Tudor Pro Cycling Team) est lui aussi toujours performant dans les contre-la-montre. Le Suisse a fait son retour à la compétition mi-août lors du Tour de Pologne en remportant une victoire après une longue blessure, mais il aurait certainement aimé disposer de quelques kilomètres supplémentaires pour exploiter ses atouts. Il en va sans doute de même pour Bruno Armirail (Team Visma | Lease a Bike). Les Néerlandais ont toutefois au moins deux autres atouts en main avec le coureur polyvalent Wout van Aert et Christophe Laporte.
L'équipe Red Bull - BORA - hansgrohe dispose également d'un effectif très complet à cet égard. L'ancien champion Primož Roglič, le jeune Callum Thornley ou encore Finn Fisher-Black sont tous d'excellents coureurs de contre-la-montre. Javier Romo (Movistar) devrait toutefois être le principal espoir espagnol pour une victoire d'ouverture. Par ailleurs, parmi les favoris figurent également Ethan Hayter (Soudal Quick-Step). Le Britannique est toutefois régulièrement confronté à d’importantes fluctuations de forme. Mais si tout se passe bien, il pourrait même être considéré comme le principal prétendant au maillot rouge.