Thomas Goldmann
· 31.03.2025
L'Union cycliste internationale (UCI) a décidé lundi d'un important changement de règles pour la saison 2025. Les trois grands tours, le Giro d'Italia, le Tour de France et la Vuelta a España, pourront à l'avenir accueillir 23 équipes au lieu de 22 actuellement. Le comité de gestion de l'UCI a approuvé une demande en ce sens du Professional Cycling Council (PCC). Les organisateurs des Grands Tours auront ainsi la possibilité d'attribuer une troisième wildcard. Jusqu'à présent, le nombre de participants à ces courses par étapes de trois semaines était limité à 22 équipes. Celles-ci se composent des 18 équipes du World Tour, des deux meilleures équipes Pro de la saison précédente ainsi que de deux wildcards librement choisies par chaque organisateur. Grâce à la modification du règlement, les organisateurs peuvent désormais attribuer une wildcard supplémentaire à une équipe pro, ce que le Tour de France a déjà fait.
Pour justifier sa décision, l'UCI a surtout évoqué le soutien aux équipes pro de deuxième catégorie. De plus, les organisateurs pourraient renforcer la liste des participants à leurs courses. Les coureurs des équipes supplémentaires auraient également la chance de participer à un Grand Tour. L'UCI a toutefois souligné que l'équité sportive et la priorité aux performances sportives devaient continuer à être préservées. La modification des règles ne devrait toutefois s'appliquer dans un premier temps que pour la saison 2025.
L'augmentation des équipes soulève également des questions, notamment en ce qui concerne la sécurité : ce débat a été lancé au plus tard après le Chaos de chutes à Bruges-De Panne s'est à nouveau enflammée la semaine dernière. Grâce à une équipe supplémentaire, le nombre de coureurs dans le peloton passe de 176 jusqu'à présent sur les Grands Tours à 184. Plus de coureurs = plus de sécurité ? Une équation douteuse.
Le deuxième point critique de la décision de l'UCI est l'équité sportive. Pourquoi existe-t-il un système de classement sur trois ans qui décide de la promotion et de la relégation et qui règle ainsi le droit automatique de participation aux Grands Tours, si l'UCI annule tout simplement ce système en l'élargissant à 23 équipes pour les Grands Tours ?
Le cyclisme professionnel est divisé en un système de ligues. Dans la première ligue, le World Tour, on trouve 18 équipes dites mondiales. En dessous, dans la deuxième ligue, se trouvent les équipes Pro. Les équipes du World Tour ont automatiquement le droit ou l'obligation de participer aux plus grandes courses cyclistes comme le Tour de France. Les deux meilleures équipes Pro de la saison précédente ont également un tel droit de participation automatique - mais ne sont pas obligées d'en faire usage.
Les licences pour les équipes mondiales sont réattribuées tous les trois ans sur la base de critères économiques et organisationnels, mais aussi et surtout sur la base de critères sportifs - les points UCI accumulés. Lors de chaque course, les équipes peuvent accumuler des points UCI. A la fin d'un cycle de trois ans, les points accumulés pendant cette période sont pris en compte et les deux équipes les plus faibles sont reléguées du World Tour vers les équipes Pro. Dans l'autre sens, les deux meilleures équipes Pro sont promues au rang d'équipes World. Fin 2025, un nouveau décompte est effectué et les licences sont réattribuées.
Outre l'augmentation du nombre de participants aux Grands Tours, le comité de gestion de l'UCI a également décidé de modifier les règles relatives aux zones de ravitaillement. Sur la base de l'expérience des premiers mois après la réintroduction de la limitation de ces zones à certaines zones, les règles seront assouplies. Les organisateurs disposeront d'une plus grande marge de manœuvre pour le positionnement des zones de ravitaillement. De plus, les coureurs et les accompagnateurs (trois maximum par zone) pourront les aborder dans de meilleures conditions, notamment de sécurité. Afin de prévenir les comportements à risque dans les zones de ravitaillement, il sera désormais possible de cartons jaunes peuvent être imposées.