C'est à La Planche des Belles Filles que s'achèvera le 14 juillet la 10e étape du Tour de France 2014. Il y a deux ans, la montée des Vosges faisait sa première apparition sur le Tour de France. Elle avait alors accueilli la première arrivée au sommet du Tour 2012, tout comme cette année.
Pour l'arrivée 2012, l'équipe Sky fait coup double : le Britannique Christopher Froome remporte sa première victoire d'étape sur le Tour de France et son compatriote Bradley Wiggins se contente de la troisième place de l'étape pour prendre le maillot jaune. Il ne le cédera plus jusqu'à Paris.
L'étape part de Tomblaine et ne présente pas de difficultés particulières, à l'exception de la montée finale. Le Suisse Fabian Cancellara, spécialiste du contre-la-montre, est toujours en tête du classement général avant cette étape, mais Bradley Wiggins est en embuscade à seulement sept secondes derrière lui et son équipe est bien décidée à aider le Britannique à prendre le maillot jaune. Le Britannique semble enfin en forme pour remporter le Tour de France en 2012.
Avant l'ascension finale, le peloton est encore en grande partie groupé et l'équipe Sky se forme presque en bloc à l'avant du peloton. La montée vers La Planche des Belles Filles n'est longue que de 5,9 kilomètres, mais sa pente moyenne est de 8,5 pour cent et le début est difficile avec une inclinaison de 11 pour cent. L'équipe Sky veut en profiter : Le Norvégien Edvald Boasson Hagen est appelé à prendre la tête de la course en tant que meneur d'allure, et il impose un rythme si élevé que la moitié des coureurs du peloton perdent déjà le contact après quelques centaines de mètres. Une fois que Hagen a fait son travail, son coéquipier Michael Rogers prend la tête, suivi de Richie Porte. Tous deux maintiennent un rythme si élevé qu'il est impossible pour les adversaires d'attaquer sans s'épuiser complètement.
Le plan de Sky fonctionne. Après que Porte a quitté la tête de la course à la moitié de l'ascension et que Froome a pris le relais en tant que dernier assistant de Wiggins, seuls trois coureurs ont réussi à ne pas se laisser distancer : Cadel Evans, vainqueur l'an dernier, l'Italien Vincenzo Nibali et l'Estonien Rein Taaramäe.
Ils sont cinq à atteindre le dernier kilomètre. Cadel Evans accélère le rythme en premier, mais Wiggins reste dans sa roue, car l'Australien est la seule menace pour son rêve de maillot jaune ce jour-là. Les derniers mètres vers l'arrivée présentent encore une pente de 14 pour cent. Chris Froome s'élance derrière Wiggins et Evans et les dépasse au sprint. Le Kenyan célèbre la victoire du jour, Evans et Wiggins franchissent la ligne d'arrivée deux secondes plus tard. Cela suffit à Wiggins pour prendre le maillot jaune lors de la cérémonie protocolaire.
Le dictat de vitesse de Sky en montagne devient un modèle éprouvé sur ce Tour, auquel les concurrents ne peuvent rien opposer. Il est significatif que l'adversaire le plus redoutable de Wiggins pour la victoire du Tour vienne de sa propre équipe : Chris Froome devient la révélation du Tour de France 2012 et laisse entendre à plusieurs reprises qu'il est le plus fort dans les montagnes. Il reçoit cependant l'ordre de l'équipe de se mettre au service de Wiggins.
En 2013, Froome est déclaré capitaine du Tour de France et gagne haut la main, tandis que Wiggins connaît une année de maladie et ne peut pas défendre son titre. Cette année encore, seul Froome se rend au Tour de France pour réitérer sa victoire de l'année précédente. Plusieurs chutes au début du tour le contraignent cependant à abandonner prématurément.