Alors que l'Agence nationale antidopage (NADA) communiquait autrefois ses jugements en temps réel et de manière compréhensible, cela se fait désormais en secret. La base de données des procédures antidopage, NADAjus, a été supprimée, les procédures sont rendues anonymes et ne sont publiées que tardivement dans le rapport annuel de la NADA ou par les fédérations sportives.
Dernièrement, plusieurs cas de dopage ont à nouveau été signalés dans le cyclisme amateur allemand. En raison de la pratique de la publication, ces cas n'ont été connus que des initiés. Un coureur a été contrôlé positif lors de la course de cross de la Bundesliga le 17 octobre 2021 et un amateur lors de la course en circuit de Serrig en 2022. Tous deux ont reçu une suspension de trois ans pour dopage.
>> Nous avons demandé à la NADA si quelque chose allait changer dans la pratique de publication. Ci-dessous, la prise de position écrite :
TOUR : Suite à une plainte d'un contrevenant, la base de données de la NADA sur les infractions liées au dopage a été complètement arrêtée en 2021. Est-ce que cela va rester ainsi ?
NADA : Oui, la base de données NADAjus ne sera plus utilisée jusqu'à nouvel ordre. Du point de vue de l'autorité de protection des données du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (LDI NRW), la publication sur Internet d'informations personnelles et de décisions arbitrales issues de procédures disciplinaires, telle qu'elle a été effectuée jusqu'à présent par la NADA, n'est pas autorisée. La LDI NRW émet également des réserves juridiques quant à la base légale de la publication des décisions de sanction. La LDI NRW se réfère ici à l'interprétation du règlement général européen sur la protection des données (RGPD).
TOUR : Comment la lutte antidopage peut-elle avoir un effet dissuasif si les sanctions et les coupables ne sont pas connus ?
NADA : Pour la NADA, il est important de souligner que la protection des données à caractère personnel et des droits de la personnalité de chaque sportif* revêt une très grande importance pour la NADA. Néanmoins, la mission de la NADA consiste à garantir la plus grande transparence possible dans le travail antidopage. Pour ce faire, elle estime que les décisions des tribunaux disciplinaires ou arbitraux indépendants doivent être publiées sans restriction, comme le prévoient le Code mondial antidopage (WADC 2021) et le Code national antidopage (NADC21). Il ne doit toutefois pas en résulter un effet de mise au pilori pour les sportifs* ayant commis une violation des règles antidopage. Au contraire, une publication claire et sans équivoque permet de protéger les sportifs non concernés d'accusations de dopage injustifiées. Selon la NADA, la publication de décisions de sanction incomplètes sans mention concrète des noms comporte un grand risque de stigmatisation des innocents.