Quel est le lien entre le Tour de Suisse Women et le droit de vote des femmes en Suisse ? Cela peut paraître étrange, mais lorsque le Tour a été organisé pour la première fois en 2021, c'était à l'occasion du 50e anniversaire de cette conquête qui n'a fait son entrée que très tardivement en Suisse. Après deux étapes les deux premières années, la course est passée à quatre étapes et fait désormais partie du Women's World Tour, la catégorie de course la plus élevée.
L'année dernière, Marlen Reusser, une Suissesse, a remporté pour la première fois la nouvelle course à domicile. Il n'y aura toutefois pas de défense du titre. Reusser ne peut pas prendre le départ pour cause de maladie, une infection fébrile lui donne du fil à retordre dans une année où elle est déjà victime de chutes, de Corona et d'autres maladies. Même le grand objectif Olympia semble compromise.
Elise Chabbey (Canyon//SRAM) pourrait porter d'autres espoirs de victoire suisse, au moins sur une étape. La jeune femme de 31 ans s'est classée dans le top 5 des courses par étapes de trois et quatre jours en Espagne en mai, lors du Tour du Pays basque et du Tour de Burgos, et a également terminé quatrième de Liège-Bastogne-Liège. Cependant, elle a devant elle Katarzyna Niewiadoma, une capitaine qui devrait également avoir des ambitions de classement. Peut-être qu'Antonia Niedermeier, seule Allemande au départ avec sa coéquipière Justyna Czapla, est déjà en forme.
La première candidate à la victoire finale est néanmoins Demi Vollering (SD Worx - Protime), deuxième l'an dernier. En Niamh Fisher-Black, la grande favorite apporte une aide précieuse qui a également le potentiel pour le podium du tour et qui a déjà fêté une victoire d'étape dans le Tour de Suisse l'année dernière. Comme l'année dernière, Elisa Longo Borghini (Lidl-Trek) veut aussi monter sur le podium, mais pour elle, la préparation au Giro d'Italia est peut-être encore un peu plus importante.
Cecilie Uttrup Ludwig (FDJ-Suez) et sa coéquipière Evita Muzic peuvent également prétendre aux premières places. Pour Fenix-Deceuninck, Yara Kastelijn devrait se battre pour le top 10, tandis que chez Liv AlUla Jayco, c'est Urska Zigart, la petite amie de Tadej Pogacar, septième l'an dernier, qui devrait faire le job. Juliette Labous (dsm-firmenich PostNL) devrait avoir un peu plus en tête. EF Education-Cannondale se présente avec la toute nouvelle championne américaine Kristen Faulkner, Kim Cadzow et la jeune Suissesse Noemi Rüegg, la fédérale pouvant cette fois compter sur l'aide de ses solides collègues.
Le tour sera en tout cas assez difficile. L'ordre des étapes est quelque peu inhabituel, ce qui s'explique par la date de départ du week-end. En effet, le départ sera donné avec une arrivée au sommet à Villars-sur-Ollon. Le tronçon ne fait certes pas 60 kilomètres de long, mais il est loin d'être facile. 1500 mètres de dénivelé l'attendent.
Le lendemain, une difficile course contre la montre individuelle est au programme. 15,7 kilomètres attendent. Et en fait, c'est aussi une arrivée en montagne. Après cinq kilomètres de plat, il y a une bonne montée, là aussi 865 mètres de dénivelé à parcourir chacun de son côté. C'est le même parcours que les hommes effectueront également le dimanche. Les deux étapes suivantes, d'une longueur d'environ 125 kilomètres, ont un caractère similaire, à savoir vallonné. La gagnante du classement général ne pourra être sûre de son titre que lorsqu'elle aura franchi la ligne d'arrivée à l'issue de la 4e étape à Champagne, car il n'y aura pas non plus de peloton fermé pour disputer un sprint massif lors de ces deux jours.
Contrairement à celle des hommes, la course des femmes peut également être regardée en direct à la télévision en Allemagne - du moins en partie. Eurosport retransmet la première étape sur Eurosport 2, le reste en numérique sur Discovery Plus en streaming live. En Suisse, la course, qui fait partie de l'UCI Women's World Tour, sera diffusée sur SRF 2, RTS 2 et RSI LA2 à la télévision et avec les offres numériques correspondantes.