C'est aujourd'hui que commence la partie la plus difficile du dernier tiers du Tour. La première des quatre véritables étapes de montagne restantes comporte quatre grandes ascensions et un dénivelé total de 3 800 mètres.
Comme la course comporte une forte montée peu après le départ, les échappés doués en montagne se prépareront à attaquer dès le début.
On peut s'attendre à ce que le peloton se disperse complètement très tôt dans la course.
Pour le classement général, la grande question est de savoir combien de temps les coureurs du classement général resteront ensemble. La sélection s'opérera sans doute dès le départ : ceux qui connaîtront une mauvaise journée perdront du terrain au classement général aujourd'hui. Mais où les véritables attaques vont-elles commencer ? Pas avant la dernière ascension ? Celle-ci compte parmi les plus difficiles du Tour, avec des pentes atteignant brièvement les deux chiffres.
Nous commençons par simuler une évasion précoce et abordons ainsi une question technique que nous avions jusqu’à présent laissée de côté : que se passe-t-il, en termes de temps, lorsque le système de propulsion fonctionne un tout petit peu plus efficacement ?
Résultat : un demi-point de pourcentage de gain en efficacité de propulsion permet de gagner 45 secondes sur l'ensemble de l'étape (ce calcul s'applique à un échappé qui passe toute la journée en tête du peloton).
Nos essais nous ont permis de constater que de telles différences entre les lubrifiants sont possibles.
Les professionnels s'alignent tous au départ avec des transmissions cirées, car les cires se sont révélées plus efficaces. Ce demi-point de pourcentage de gain d'efficacité correspond à peu près à la différence entre une très bonne huile et une très bonne Cire pour chaîne. Mais les performances dépendent encore d'autres détails : les chaînes viennent-elles d'être cirées à chaud et sont-elles donc particulièrement efficaces ? Pour les meilleurs coureurs, la réponse est sans doute oui. Les cyclistes moins privilégiés roulent peut-être avec une cire à gouttes sur leur chaîne, plus facile à renouveler, mais qui n’est pas tout à fait aussi efficace qu’une cire chaude.
Ce qui est toutefois intéressant, c'est l'ampleur des effets. La simulation de toutes les roues sur l'ensemble de l'étape montre que, même sur cette étape de montagne, l'ajustement aérodynamique a un impact supérieur à ce demi-pour cent de gain d'efficacité. Un vélo aérodynamique permet de gagner près de six minutes par rapport à un vélo légèrement plus léger. En termes de temps, cet effet est près de huit fois supérieur à celui de l'optimisation du lubrifiant.
Surpris ? C'est peut-être parce que nous, les humains, avons du mal à évaluer intuitivement les effets exponentiels. La puissance nécessaire pour surmonter la résistance de l'air augmente au cube de la vitesse (une vitesse doublée nécessite huit fois plus de puissance). C'est ce qui rend l'effet aérodynamique si puissant.
La simulation du jour porte sur la difficile ascension finale vers le col du Haag. Quel coureur du classement général est le mieux armé pour affronter cette montée, très raide par endroits ?
D'après nos calculs, le Cervelo S5 est le vélo le plus rapide en raison de son poids minimal. Jona Vingegaard a donc toutes les cartes en main – du moins en ce qui concerne le vélo. Les 400 grammes supplémentaires de poids coûteront à Tadej Pogacar environ, dans la dernière montée, huit secondes.
Un gain d'efficacité de 0,5 % dans la dernière montée permet également de gagner huit secondes.
Dans ce duel direct entre les meilleurs, chaque détail compte donc. 6,8 kilos, des caractéristiques aérodynamiques et de la cire fraîche sur la chaîne : tout est mis en œuvre pour ne pas perdre une seule seconde.
Aperçu du plateau (presque) complet* :
Le tableau présente les temps de parcours pour la dernière montée jusqu'à l'arrivée. La pente étant raide, les trois vélos les plus légers occupent les premières places. Plus la pente est raide, plus le poids devient un facteur déterminant, mais l'aérodynamisme reste un élément important.
La valeur « Aero-Power » indiquée correspond à la puissance mesurée par TOUR en soufflerie pour surmonter la résistance aérodynamique du vélo et d'un mannequin aux jambes en mouvement à 45 km/h. Pour la simulation, nous ajoutons mathématiquement le haut du corps du cycliste et adaptons la résistance à la vitesse réelle de course.
Sur la base de nos propres essais en soufflerie, nous réalisons des calculs de simulation pour le briefing technique du Tour de France. Comment TOUR procède-t-il à ses essais : essai d'un vélo de course aérodynamique en soufflerie.
Nous cherchons à déterminer quels types de roues peuvent offrir un avantage technique dans quelle situation. Les variables que nous pouvons modifier dans la simulation sont le poids des roues, le poids du cycliste, l'inertie des roues, le coefficient de traînée aérodynamique, le coefficient de résistance au roulement et le rendement de la chaîne cinématique.
Pour modéliser les temps de course, nous utilisons des performances et des poids réalistes pour les coureurs, que nous combinons avec nos données issues de la soufflerie, puis nous faisons courir virtuellement les coureurs sur des tronçons de parcours sélectionnés, que nous extrayons des données officielles du parcours ; les profils altimétriques qui en découlent jouent ici un rôle central. La modélisation inclut également des virages dans lesquels nous pouvons freiner de manière réaliste, ainsi que des profils de puissance réglables adaptés à différents types de coureurs. Nous faisons ainsi la distinction entre les accélérations en montée et les véritables sprints finaux. Au final, tout cela rend la simulation très réaliste. Ce que nous ne pouvons pas reproduire, ce sont les effets liés à la dynamique de conduite, tels que le comportement individuel des roues sur différents revêtements.
Les temps de parcours calculés pour les tronçons décisifs de la course mettent en évidence l'influence des roues – à condition que les coureurs adoptent toujours le même comportement dans un scénario donné.

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