Le briefing TOUR Tech de la 9e étape du Tour de France 2024

Robert Kühnen

 · 06.07.2024

Le briefing TOUR Tech de la 9e étape du Tour de France 2024Photo : Getty Images/Tim de Waele
14 secteurs de terre attendent la 9e étape
Du 29 juin au 21 juillet, les meilleurs cyclistes du monde s'affronteront lors du Tour de France. La victoire ou la défaite sur les routes de France ne dépend pas seulement des jambes, mais aussi du matériel. Le briefing de TOUR Tech sur la 9e étape.

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Tour de France 2024 - 9ème étape : Troyes - Troyes | 199 kilomètres

Le profil d'altitude de la 9e étapePhoto : A.S.O.Le profil d'altitude de la 9e étape

Le Tour de France bifurque vers le terrain : 14 secteurs de terre, qui pimentent surtout la deuxième moitié de l'étape, sont l'attraction de la neuvième étape, qui compte en tout 2000 mètres de dénivelé. Le terrain rappelle la course italienne Strade Bianche, les chemins de terre français ayant même laissé une impression un peu plus rugueuse lors des premières reconnaissances. Mais ASO aura certainement nettoyé les chemins de terre et rebouché les gros trous avant l'arrivée des coureurs. Avec 3940 mètres de dénivelé, la Strade Bianche présente en tout cas un profil nettement plus exigeant.



Le sol glissant pourrait néanmoins bouleverser le classement. Nous attendons une décision préliminaire à partir du kilomètre 105, lorsque la montée se fera par endroits sur la terre battue. On peut s'attendre à ce que Tadej Pogacar attaque dès ce moment-là, peut-être même en solo. En remportant la Strade Bianche cette année après 80 kilomètres en solo, il a montré qu'il était à l'aise sur ce terrain. Mathieu van der Poel, le dominateur de Paris-Roubaix, aura également coché cette étape dans son agenda et visera une victoire d'étape. Il est possible que l'on assiste à une course à l'élimination des coureurs les plus forts, qui ont tout ce qu'il faut pour ce genre de course : Habileté, confiance en soi et puissance du moteur. La chance joue également un rôle, car la probabilité de panne augmente naturellement sur ce type de terrain. Cette étape pourrait donc être dangereuse pour Jonas Vingegaard et d'autres grimpeurs légers. Si les choses tournent mal pour les montagnards, des écarts de quelques minutes sont possibles.

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Ce qui compte d'un point de vue technique

D'un point de vue technique, deux composants sont surtout importants : l'aérodynamisme et le bon pneu avec la bonne pression pour rouler sans crevaison et en souplesse sur les pierres. Dans ce domaine, Pogacar a clairement une bonne carte à jouer avec Continental comme sponsor de pneus et surtout une configuration qui a fait ses preuves. Lors de la Strade Bianche, Pogacar a roulé avec des Conti GP 5000 STR 30 sans chambre à air sur des roues Enve SES 4.5. Nous comptons aussi sur cette combinaison pour la neuvième étape.

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La largeur réelle des pneus devrait être nettement supérieure à 32 mm sur les larges jantes Enve. La pression de gonflage sera basse afin de tirer pleinement profit de ce réglage. Des valeurs autour de quatre bars nous semblent réalistes.

Les combinaisons de pneus/jantes effectivement plus étroites que Visma | Lease a Bike utilise de préférence et qu'elle a également utilisées cette année dans la Strade Bianche, nous les considérons comme un inconvénient sur cette étape - moins de suspension, moins de protection contre les crevaisons, plus de résistance au roulement. En revanche, avec le Cervelo S5, l'équipe dispose de l'ensemble le plus aérodynamique, ce qui aide bien sûr dans une course à l'élimination.

Chiffres en watts pour la course en solo de Pogacar dans les Strade Bianche

Sur le site web d'Enve, les chiffres de puissance de la course de Pogacar dans la Strade Bianche sont mentionnés, mais sans citer la source. Sur Strava, la course peut être suivie, mais sans données de puissance. Selon Enve, le Slovène a atteint une valeur record de 460 watts en cinq minutes lors de sa course victorieuse, la puissance moyenne sur deux heures de fuite aurait été de 340 watts. De très bonnes valeurs, mais rien d'extraterrestre.

Mais la forte puissance continue souligne la nécessité de rouler le plus efficacement possible sur une échappée aussi longue - c'est-à-dire de minimiser les résistances à l'avancement. Comme lors du dernier Paris-Roubaix, nous attendons donc du matériel aéro au départ de la neuvième étape, équipé des pneus les plus larges que les roues permettent.

Chiffre du jour : 3:45 minutes

Le vélo le plus rapide gagne 3:45 minutes sur une simulation de fuite sur les 93,8 kilomètres finaux par rapport au vélo le plus lent de notre liste. Comme on pouvait s'y attendre, les vélos aérodynamiques sont en tête.

Vue d'ensemble de la (presque) totalité du champ*.

tour/stage-9-24-schotterflucht_79aea95c2b47a92466cc40526026c341Photo : Robert Kühnen

*) Les calculs sont basés sur les vélos testés par TOUR en laboratoire et en soufflerie. Les machines du Tour de France peuvent s'en écarter dans les détails. Nous n'avons évidemment pas non plus pu examiner des prototypes de dernière minute. Contexte de la simulation.

Le tableau montre que les bolides aéro sont également de premier choix sur la terre battue. Nous comptons sur une vitesse moyenne de 44-45 km/h. L'organisateur estime qu'une moyenne de 47 km/h est également possible. La terre battue ne devrait donc pas vraiment freiner la course.

Notre expert

                               Photo : Robert Kühnen

Robert Kühnen a étudié l'ingénierie mécanique, écrit pour TOUR sur des sujets techniques et d'entraînement et développe des méthodes de test. Robert affine les calculs de simulation depuis des années, ils sont également utilisés par des équipes professionnelles.



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