Lever de rideau sur le grand final en trois actes. Acte 1 : grimper jusqu'au ciel. Les coureurs ont 4400 mètres de dénivelé à franchir, répartis sur seulement 145 kilomètres. Seule la 20e étape est plus intense, avec 4600 mètres de dénivelé sur 133 kilomètres. Mais lors de la 19e étape, les ascensions sont plus longues, et il faut prendre de la hauteur, car la Cime de la Bonette est la plus haute route goudronnée de France.
L'étape a le potentiel de bouleverser le classement général. Aucun des favoris pour le jaune ne peut se permettre un moment de faiblesse, car une chute au classement en serait la conséquence. Est-ce l'étape que Visma | Lease a Bike veut utiliser pour une grande attaque sur le jaune ? Probablement que oui. Mais dans le plan, il y a bien sûr les jambes et les opportunités.
Les équipes de tête rouleront à l'avant dès le début de la course, entamant une longue course éliminatoire et attendant les potentiels moments de faiblesse de leurs adversaires. La question sera de savoir si les assistants passent bien la première côte et qui de l'équipe sera encore à l'avant sur la Cime.
Les capitaines auraient bien besoin d'une équipe, car il y a tout de même 40 kilomètres de descente avant la montée finale ; là aussi, de vraies différences de temps peuvent se faire. La descente est étroite et technique dans sa partie supérieure, avec des passages à haute vitesse, mais aussi des sections de pédalage. Le maniement du vélo, la puissance du moteur et l'aérodynamisme peuvent faire la différence. Et un faux pas peut mettre fin à la course.
Si les capitaines se retrouvent déjà entre eux avant la Cime, des scénarios très agressifs sont envisageables. La partie raide vers la fin de la Cime est un kicker comme Pogacar les aime. Une attaque comme celle du Galibier serait possible. La descente prendrait alors une importance énorme et une montée finale de 16 kilomètres attend les coureurs.
La question de savoir qui s'en sort le mieux avec l'altitude sera également centrale. Au-dessus de 2400 mètres, les effets de l'air raréfié sont prononcés. Les équipes se préparent certes avec des chaînes de stockage en altitude, mais aucun des favoris n'a eu une approche du Tour sans problème. Jusqu'à présent, cette capacité n'a été testée qu'au Galibier, à 2642 mètres d'altitude, lors de la quatrième étape.
Les conditions pour une haute tension absolue sont donc réunies. Qu'est-ce que cela signifie pour le matériel ? Quelles sont les vis que les équipes peuvent encore tourner pour rendre la course sur les géants de montagne plus rapide ?
Logiquement, compte tenu de l'escalade, les équipes essaieront de présenter des vélos aussi légers que possible au départ. Mais le poids minimum de 6,8 kg prescrit par l'UCI n'est pas respecté par beaucoup. Les obligations des sponsors empêchent les vélos d'atteindre ce poids avec des pièces de réglage. La valeur moyenne de notre liste est de 7,3 kg.
Il reste donc la vis de réglage de l'aérodynamisme. Celui qui a le choix entre deux vélos doit aujourd'hui encore décider lequel choisir. Vingegaard choisira-t-il à nouveau le S5 aérodynamique avec un set-up 1x12 pour rendre son vélo aéro aussi léger que possible, comme au Galibier ? Si le scénario "capitaine isolé" est jugé probable chez Visma, ce serait le moyen de se préparer au mieux pour la descente dans le potentiel combat au coude à coude avec Pogacar et Evenepoel. D'après les calculs effectués jusqu'à présent, nous savons que ce n'est que dans les pentes de 9 pour cent et plus que l'aérodynamisme n'est plus un facteur.
Techniquement, Vingegaard est un très bon descendeur. Jusqu'à présent dans le Tour, il a plutôt perdu du temps dans les parties les plus plates des descentes. De son point de vue, cela plaide en faveur de l'exploitation de la carte de l'aérodynamisme. D'autant plus que Vingegaard doit attaquer pour gagner le Tour.
Pour aller au fond de la question du matériel, nous simulons une attaque à 900 mètres de la Cime et une course en solo jusqu'à l'arrivée.
Vingegaard économise 1:50 minutes en laissant la Bergrad et en poussant la rapide S5 à travers les montagnes. Dans la simulation, nous partons du principe qu'il choisit un set-up 1x12 et que la machine atteint ainsi 7,3 kg. Curieusement, les deux roues dont dispose Vingegaard représentent l'ensemble du spectre de notre scénario.
*) Les calculs sont basés sur les vélos testés par TOUR en laboratoire et en soufflerie. Les machines du Tour de France peuvent s'en écarter dans les détails. Nous n'avons évidemment pas non plus pu examiner des prototypes de dernière minute. Contexte de la simulation.
Tableau : Dans notre simulation de la 19ème étape, la Cervelo S5 avec un set-up 1x12 est mathématiquement la roue la plus rapide.
Robert Kühnen a étudié l'ingénierie mécanique, écrit pour TOUR sur des sujets techniques et d'entraînement et développe des méthodes de test. Robert affine les calculs de simulation depuis des années, ils sont également utilisés par des équipes professionnelles.