Le tracé peu orthodoxe se poursuit : pour la 18e étape également, les planificateurs ont réalisé un profil de route atypique. Il faut surmonter cinq évaluations de montagne de troisième catégorie et un total de 3100 mètres de dénivelé. Mais le final est presque plat, le parcours s'élève en douceur sur les 25 derniers kilomètres. Le dernier kilomètre à Barcelonnette présente également une faible pente, 250 mètres avant l'arrivée, un pont forme une chicane. Les planificateurs ne s'attendent visiblement pas à un sprint d'un peloton plus important.
Sur le papier, c'est une étape pour les échappées. La rampe de lancement de l'échappée est le col du Festre, 32,2 kilomètres après le départ. Le profil ondulé qui suit est idéal pour une échappée. Comme toujours, c'est la manière de rouler de certaines équipes qui détermine si l'occasion de s'échapper se présente réellement. La lutte pour le maillot vert pourrait influencer l'étape.
Le matériel pour le parcours est clair. Qu'il s'agisse de sprinters, d'échappés ou de contrôleurs, le set-up aéro est fixé. Comme d'habitude, les coureurs porteront des monopièces moulants, mettront des roues hautes dans leurs machines, se feront longs et plats et feront un compromis sur le poids de quelques centaines de grammes. L'aérodynamisme est la clé pour atteindre les vitesses élevées des professionnels. Pour cette étape, nous avons décomposé comment se répartissent les résistances à l'avancement sur cette étape ondulée :
Dans cet aperçu, nous avons omis les faibles pertes mécaniques dans la transmission (environ 3 pour cent pour la chaîne et les roulements) et le travail d'accélération après les virages pris lentement. Sur cette étape montagneuse, la résistance aérodynamique et la résistance de la montagne sont réparties de manière similaire. Si l'étape est plate (1000 m de dénivelé sur 180 km), la répartition change et devient 66/17/17% aéro/montagne/résistance au roulement. Si le coureur roule en solo, la part de résistance aérodynamique augmente encore un peu plus.
Le calcul part du principe que six échappés se donnent mutuellement de l'ombre lors de la 18e étape, ce qui réduit d'autant la part de travail contre le vent. Plus un coureur roule seul en tête, plus la pondération se déplace vers la résistance aérodynamique - et moins il est probable qu'un coureur s'en sorte seul.
La simulation pour la 18e étape montre que la meilleure aérodynamique de roue possible donne une avance de 6:17 minutes par rapport à un vélo léger - et ce, bien que plus de puissance soit investie en montée qu'à plat ou en descente.
*) Les calculs sont basés sur les vélos testés par TOUR en laboratoire et en soufflerie. Les machines du Tour de France peuvent s'en écarter dans les détails. Nous n'avons évidemment pas non plus pu examiner des prototypes de dernière minute. Contexte de la simulation.
Tableau : Le classement des machines à s'échapper lors de la 18e étape. L'aérodynamisme l'emporte sur la légèreté - malgré les 3100 mètres de dénivelé.
Robert Kühnen a étudié l'ingénierie mécanique, écrit pour TOUR sur des sujets techniques et d'entraînement et développe des méthodes de test. Robert affine les calculs de simulation depuis des années, ils sont également utilisés par des équipes professionnelles.