La 17ème étape représente la dernière chance d'un sprint massif, car le final à Paris a été rendu très difficile par la boucle de Montmartre. Les équipes de sprinteurs vont donc s'efforcer de contrôler les échappées, qui vont certainement tenter leur chance.
L'approche de Valence est plate. Les cinq derniers kilomètres se font tout droit sur la D86, il faut passer quatre ronds-points. A 600 mètres de l'arrivée, la route tourne à gauche, la ligne d'arrivée sur le boulevard Franklin Roosevelt est droite et large de 6,5 mètres. L'espace et la visibilité ne seront pas un problème, les trains de sprinters pourront mettre leurs capitaines en position. Bien entendu, tous tenteront de s'imposer sur le côté gauche de la route, car c'est le chemin le plus court vers l'arrivée.
Dans un sprint, l'explosivité, l'endurance et la vitesse finale sont des facteurs décisifs. Dans un sprint court, c'est surtout l'explosivité qui compte. Si le sprint est lancé tardivement, c'est celui qui peut accélérer de la manière la plus explosive qui gagne. Il n'y a alors pas le temps de passer depuis le couloir du vent. Lors d'un sprint plus long, l'endurance est décisive, mais aussi la vitesse finale réalisable, qui dépend à son tour beaucoup de l'aérodynamisme. Pour les sprinters, l'art consiste à développer une puissance maximale en se baissant sur la roue. Tim Merlier (Soudal Quick-Step), vainqueur de la neuvième étape, était à cet égard plus performant que Jonathan Milan (Lidl - Trek), mais ce dernier est aussi plus grand (1,93 m) et plus lourd (86 kg) et génère certainement plus de puissance. Milan a déjà été mesuré avec 1940 watts de puissance de pointe au sprint - une performance énorme. Milan peut en outre effectuer un sprint très long, lors de la quatrième étape du Giro d'Italia 2024, Milan a réalisé une moyenne de 1640 W sur 20 secondes.
Qui fait la roue la plus rapide, Milan ou Merlier, lorsque le sprint à pleine vitesse s'étend sur 250 mètres ? Nous donnons à notre avatar de sprint un poids de 85 kilos et la force herculéenne de Jonathan Milan.
Avec le Powerprofil de Milan, notre avatar atteint environ 74 km/h. Le Trek Madone de Milan et le Tarmac SL8 de Merlier franchissent la ligne d'arrivée exactement au même moment dans notre simulation. Ce n'est donc pas le vélo qui sera à l'origine du nouveau duel entre les deux. Le Van Rysel RCR-F Pro serait encore plus rapide et permettrait de gagner quatre centièmes.
Le tableau montre les temps de parcours pour un sprint de 250 mètres avec le profil Power de Jonathan Milan. En tête, on trouve les roues avec le meilleur aérodynamisme.
*) Les calculs sont basés sur les vélos testés par TOUR en laboratoire et en soufflerie. Les machines du Tour de France peuvent s'en écarter dans les détails. Nous n'avons évidemment pas non plus pu examiner des prototypes de dernière minute. Contexte de la simulation.
Robert Kühnen a étudié l'ingénierie mécanique, écrit pour TOUR sur des sujets techniques et d'entraînement et développe des méthodes de test. Robert affine les calculs de simulation depuis des années, ils sont également utilisés par des équipes professionnelles.