C'est le début de la montagne. Une échappée résistante à l'escalade pourrait avoir une chance de passer et de se battre pour la victoire d'étape. Mais quelle machine choisit un coureur qui a de l'ambition ? Une roue de montagne légère ? Ou plutôt une machine la plus aérodynamique possible ?
Pour la première partie de l'étape, les choses sont claires : un aérovélo aiderait à s'éloigner du peloton et à rouler en direction de la première montée en économisant de l'énergie. Mais ensuite, le col de Soudet se dresse, long de 15,2 kilomètres et avec une pente moyenne de 7,2 pour cent. De plus, le revêtement de la route est rugueux. Ensuite, il faut grimper le col de Marie Blanque, encore plus raide (7,7 kilomètres avec une moyenne de 8,6 pour cent), qui présente même une pente de 13,6 pour cent au sommet.
Enfin, les compagnons d'échappée doivent être battus. Si l'échappée finissait par sprinter pour la victoire, les coureurs auraient à faire face à une ligne d'arrivée légèrement ascendante (10 mètres sur 1000 mètres). Il faut tenir compte de tous ces facteurs pour choisir le bon matériel.
Supposons que l'échappée grimpe le col de Soudet avec un effort régulier après avoir pris de l'avance dans la vallée : Un vélo Aero serait-il un gros inconvénient ? Non, celui qui ne roule pas à la limite pourrait compenser le poids supplémentaire. Et celui qui devrait rouler à la limite pour rester dans le groupe n'aurait de toute façon aucune chance. Selon ce calcul, l'aérovélo serait donc utile jusqu'au pied du col de Marie Blanque pour économiser de l'énergie et se tenir à l'écart des poursuivants.
Le point de rupture le plus probable pour une échappée serait la deuxième moitié de la Marie Blanque, car la pente y est nettement plus raide. Celui qui veut jouer la victoire d'étape doit être capable de suivre une attaque. Nous simulons donc une attaque à 3,7 kilomètres du sommet de la Marie Blanque. Le temps de parcours jusqu'au sommet est d'environ 15 minutes.
En cas d'attaque au passage clé de la Marie Blanque, le vélo léger prend l'avantage sur les bolides aéro plus lourds. Dans ce scénario, les vélos les plus légers de notre liste sont en tête : Giant et Wilier.
La probabilité de pouvoir suivre l'attaque décisive augmente donc si le coureur est assis sur un vélo aussi léger que possible. Si l'on considère que le scénario que nous décrivons ici est probable, une roue de montagne légère est donc la machine de choix.
Pour atténuer la rudesse de la route pyrénéenne et optimiser l'adhérence et la résistance au roulement, des pneus pas trop étroits s'imposent. Les cyclistes qui ont le sens du raffinement en matière de caoutchouc pourraient passer de pneus tubeless de 28 à 30 mm de large afin de rouler au mieux sur ces routes.
*) Les calculs sont basés sur les vélos testés par TOUR en laboratoire et en soufflerie. Les machines du Tour de France peuvent s'en écarter dans les détails. Nous n'avons évidemment pas non plus pu examiner des prototypes de dernière minute. Contexte de la simulation.
Robert Kühnen a étudié l'ingénierie mécanique, écrit pour TOUR sur des sujets techniques et d'entraînement et développe des méthodes de test. Robert affine les calculs de simulation depuis des années, ils sont également utilisés par des équipes professionnelles.