La deuxième étape commence à plat. Mais à partir du kilomètre 76, les coureurs sont confrontés à quelques rampes ardues - des montées de troisième et quatrième catégorie. En principe, c'est un terrain de puncheur. Les coureurs qui peuvent vraiment tenir le coup pendant quelques minutes ont les meilleures chances de se détacher. En revanche, les purs sprinters n'apprécieront pas le final, puisqu'il faudra gravir deux fois la montée vers la basilique de San Luca, une colline méchante, avec des pentes allant jusqu'à 19 pour cent au sommet.
Dans l'approche de ces rampes, le matériel aérodynamique est à l'avantage, c'est évident. Mais qu'en est-il de la Cote de San Luca, où la décision préliminaire se fera probablement à partir d'un groupe plus ou moins important ?
Quel est l'impact du matériel sur les temps de parcours dans cette montée décisive ? Notre simulation répond à cette question. Nous laissons les pilotes s'engager virtuellement dans la montée, puis la gravir d'un seul coup, en observant avec précision les effets sur les temps de conduite dans les différentes sections de la montée.
Avec la roue la plus lourde du peloton, un coureur perd cinq secondes dans la Cote de San Luca par rapport à une roue qui a le poids minimum de 6,8 kg. Cinq secondes signifient environ 30 mètres de retard à la fin de la montée.
*) Les calculs sont basés sur les vélos testés par TOUR en laboratoire et en soufflerie. Les machines du Tour de France peuvent s'en écarter dans les détails. Nous n'avons évidemment pas non plus pu examiner des prototypes de dernière minute. Contexte de la simulation.
La simulation montre que les roues proches du poids minimum se regroupent en tête des temps de parcours calculés sur la Cote de San Luca - ce qui n'est guère surprenant. Ce qui est plus surprenant, c'est que les différences de temps ne sont pas plus importantes. Mais la pente s'adoucit un peu par deux fois et la vitesse en montée atteint parfois plus de 30 km/h, de sorte que même sur cette falaise abrupte, des forces aérodynamiques s'exercent.
Le vélo le plus rapide dans ce scénario est le Specialized Tarmac SL8, avec quatre dixièmes d'avance sur le Giant Propel Advanced SL. Le Giant TCR, légèrement plus léger, arrive en troisième position dans notre simulation de montagne en raison d'un aérodynamisme plus faible.
Entre le sommet et la ligne d'arrivée, il reste 12,6 kilomètres à parcourir, principalement en descente et à plat, avec deux petites vagues en guise de contre-montée. Une avance de quelques secondes, telle qu'elle peut être assurée par une technique cycliste optimale, ne suffira pas, compte tenu de la distance, à tenir les poursuivants à distance. La technique fait donc tout au plus pencher la balance, les jambes sont décisives.
Outre la puissance du moteur, l'aérodynamique sera à nouveau le facteur le plus important pour la suite de la course. S'il y a un sprint de groupe, il en va de même et l'aérocarte continuera à faire la différence.
Pour résumer, il faut être léger : Si l'on veut se battre pour la victoire d'une étape, il faut un vélo aussi léger que possible (6,8 kg) et pourtant aussi aérodynamique que possible.
Robert Kühnen a étudié l'ingénierie mécanique, écrit pour TOUR sur des sujets techniques et d'entraînement et développe des méthodes de test. Robert affine les calculs de simulation depuis des années, ils sont également utilisés par des équipes professionnelles.