Interview de Phil Bauhaus« Pour moi, c'est tout simplement une horreur »

Leon Weidner

 · 21.07.2026

Interview de Phil Bauhaus : « Pour moi, c'est tout simplement une horreur »Photo : Getty Images/Gongora
Dans une interview accordée à TOUR, Phil Bauhaus révèle comment il compte aborder la dernière semaine du Tour de France pour arriver jusqu'à Paris.
Dans une interview exclusive accordée à TOUR, Phil Bauhaus évoque les difficultés du Tour de France, son rôle de coéquipier aux côtés de Lenny Martinez et la lutte pour l'arrivée à Paris.

Entretien avec Phil Bauhaus lors du Tour de France

TOUR : Phil, avais-tu hâte de profiter de cette deuxième journée de repos après ces deux étapes difficiles, et comment ça s'est passé pour toi jusqu'à présent ?

Phil Bauhaus : J'attendais bien sûr avec impatience ce jour de repos. Les derniers jours ont été très difficiles. C'est désormais ma quatrième édition, et chaque année, le niveau du Tour de France est extrêmement élevé, tous les coureurs sont au sommet de leur forme. Pour moi, en tant que sprinteur qui ne compte pas parmi les meilleurs en montagne, cela signifie souffrir chaque jour.

C'est pourquoi je suis très content de cette journée de repos et aussi du fait qu'un contre-la-montre soit prévu juste après. Même si le parcours est en montée et que physiquement, ce ne sera pas non plus une journée facile, un contre-la-montre est toujours un peu plus détendu et moins stressant. On roule seul et on peut mieux gérer soi-même l'effort.

En tant que sprinteur, je suis ici avant tout pour obtenir de bons résultats quotidiens. Jusqu’à présent, je n’y suis parvenu que partiellement. J’ai eu quatre occasions et j’ai terminé une fois sixième. Lors de la cinquième étape de sprint, j’ai fait le travail pour mon coéquipier et je n’étais donc pas du tout en mesure d’obtenir un résultat pour moi-même.

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Bien sûr, j'avais espéré terminer au moins une fois de plus dans le top 10, voire une troisième fois dans l'idéal. Mais ce Tour est tout simplement incroyablement difficile. Physiquement, j’étais sans aucun doute assez fort pour me classer plus souvent dans le top 10. Cette année, cela a surtout été une question de placement. Je peux néanmoins m’en accommoder. J’ai donné le meilleur de moi-même et je n’ai donc rien à me reprocher.

TOUR : Qu'avez-vous déjà fait aujourd'hui ? Un jour de repos signifie quand même généralement qu'on fait quand même un petit tour.

Phil Bauhaus : Exactement. L'ambiance est nettement plus détendue que lors d'une journée de course. Nous n’avions pas d’horaire fixe aujourd’hui. Je me suis levé vers 8 h 30, puis, comme tous les jours, je me suis d’abord rendu au cabinet médical. Notre médecin d’équipe et l’ostéopathe s’y trouvent. Ce matin, le nutritionniste était également présent et a effectué une mesure de la masse graisseuse chez tous les pilotes.

Chaque matin, le médecin vérifie notamment les paramètres urinaires afin de s'assurer que l'on a suffisamment bu et que tout va bien sur le plan de la santé. On peut s'adresser directement à l'ostéopathe si, par exemple, on se réveille avec des problèmes de dos.

Ensuite, nous avons pris le petit-déjeuner, puis à 11 heures, nous avons enfourché nos vélos. Nous avons pédalé tranquillement pendant environ une heure et demie. Ensuite, nous sommes allés dans un café, où nous avons bu un café et passé un moment ensemble. Il reste encore le massage, mais après, ce sera plus calme. Lors d'une journée de repos, on a tout simplement un peu plus de temps pour soi.

LE TOUR : Le Tour est vraiment unique en son genre. Quel son ou quelle odeur t'évoque le Tour ? Ce n'est pas la première fois que tu y participes.

Phil Bauhaus : Quand je pense aux bruits, je pense tout de suite aux vélos. On est constamment entouré de 150 à 170 coureurs. Le bruit des roues libres ou, plus généralement, les sons caractéristiques des vélos de course font pour moi partie intégrante du Tour. Mais en y réfléchissant mieux, je pense aussi au crissement des pneus des véhicules d’accompagnement. Quand on se retrouve un peu à la traîne et que les voitures nous dépassent à grande vitesse pour prendre les virages, on se rend compte qu’elles roulent elles aussi parfois à la limite.

TOUR : Avec Lenny Martinez, vous avez un coureur classé huitième au classement général. La priorité sera sans doute, cette dernière semaine encore, de veiller sur Lenny. Quelle est la consigne de l'équipe à ce sujet ?

Phil Bauhaus : Exactement. Il est apparu assez clairement que Lenny est notre plus grand espoir sur ce tour. Mis à part ma sixième place, où, avec un peu de chance, j'aurais peut-être même pu faire mieux, nous n'avons obtenu aucun autre résultat allant dans ce sens.

C'est pourquoi nous nous concentrons désormais à 100 % sur Lenny. L'objectif est de défendre sa huitième place. Peut-être même qu'il pourra gagner une ou deux places. Mais avant tout, nous voulons consolider ce classement. Tous les coureurs veillent à ce qu’il se sente bien et qu’il ait tout ce dont il a besoin. Mais au final, c’est quand même lui qui doit gravir la montagne tout seul.

TOUR : À propos des montagnes : les deux ascensions vers l'Alpe d'Huez, et surtout la 20e étape, sont considérées comme extrêmement difficiles. Comment vois-tu cela et comment te prépares-tu ?

Phil Bauhaus : Ce matin, j'ai commis l'erreur de revoir la 20e étape de plus près (rires). J'aurais peut-être mieux fait de m'abstenir. Comme tu le disais : cette étape est extrêmement difficile. Pour moi, les dernières étapes sont de toute façon toutes à la limite. Je ne peux bien sûr parler que du point de vue d’un sprinteur, c’est-à-dire d’un coureur qui n’affiche pas les meilleurs chiffres en watts par kilo. Pour moi, c’est tout simplement l’horreur.

On en est arrivé là, et même s'il n'y a pas de sprint sur les Champs-Élysées cette année, j'ai vraiment envie de revivre cette expérience d'arriver à Paris. C'est pourquoi je serais très heureux si cela pouvait se faire.

Les étapes sont si difficiles qu'on a l'impression d'être à la fois tout près du but et pourtant encore très loin de celui-ci. La 20e étape, en particulier, sera pour moi un véritable combat du premier au dernier kilomètre. Mon seul objectif est d’arriver dans les temps. Je n’ai pas d’autres ambitions. Mais même cela s’annonce extrêmement difficile.

TOUR : Quels sont tes projets après le Tour ? Probablement un peu de repos dans un premier temps. On te reverra ensuite lors des traditionnels « After Tour » ?

Phil Bauhaus : Bien sûr, j'aimerais bien participer à la Schmitter Nacht la semaine suivant le Tour. En fait, j'y ai pris le départ chaque année. Il n'y a eu qu'une seule année où notre équipe ne nous a pas autorisés à participer à ce genre de courses. De plus, le Tour de Neuss a lieu le mercredi. Je pense que j'y prendrai également le départ. Samedi, nous avons encore une course prévue chez nous, à Bocholt. Ce sont les trois courses qui figurent actuellement à mon programme juste après le Tour.

Ensuite, les courses par équipe devraient reprendre, notamment les épreuves allemandes telles que celle de Hambourg et le Tour d'Allemagne.

TOUR : Merci, je te souhaite beaucoup de succès pour ces derniers jours et, bien sûr, un bon voyage jusqu'à Paris.

Phil Bauhaus : Merci beaucoup et bonne route jusqu'à Paris.

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Leon Philip Weidner is from Cologne, follows professional cycling closely and is a passionate road cyclist himself. In addition to long kilometres in the saddle of a road bike, he also regularly rides a time trial bike - always with his eye on the next triathlon. His expertise combines sporting practice with knowledge of the scene.

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