Robert Kühnen
· 06.08.2026
La sixième étape est une nouvelle étape de moyenne montagne qui, telle une boîte à surprises, laisse entrevoir de nombreux scénarios de course. Elle s'étend sur 153,4 kilomètres, de Montbrison à Tournon-sur-Rhône. Le Mont Ventoux, qui devra être gravi le septième jour, fait déjà planer son ombre et pourrait inciter les coureuses du classement général à ne pas trop se dépenser, sachant que la septième étape sera sans doute décisive. C’est précisément ce dont d’autres pourraient tirer parti. Les échappées sont favorites, mais des changements sont également possibles à tout moment au classement général. En effet, une coureuse qui accuse déjà un retard doit se montrer offensive pour conserver une chance au classement général. Cela laisse espérer une course passionnante.
Nous simulons une attaque à 53 kilomètres de l'arrivée, dans la montée vers le col de Lalouvesc, un col de deuxième catégorie.
Nous connaissons déjà le classement des vélos établi la veille. Une fois de plus, l'équipe Visma est très bien placée avec le Cervélo S5. C'est l'aérodynamisme qui fait la différence sur la moyenne jusqu'à l'arrivée. Pour s'imposer après une attaque, il faut maintenir le rythme dans les descentes et les vallées. C'est avec un vélo aérodynamique que l'on y parvient le mieux. Dans les montées, celui-ci doit toutefois être aussi léger que possible.
Jusqu'à la ligne d'arrivée, l'avance du S5 s'élève à pas moins de 2 min 24 s par rapport au vélo le plus lent du peloton. Il ne fait donc aucun doute quant au choix du vélo à utiliser. On peut plutôt s'étonner que les vélos ne soient pas encore plus résolument optimisés pour la vitesse. En soufflerie, nous avons déjà testé des prototypes qui surpassent nettement les vélos les plus rapides du peloton. Le seuil des 190 W se profile peu à peu.
Aperçu du plateau (presque) complet* :
Le contre-la-montre s'est déroulé comme prévu. La championne du monde de contre-la-montre Marlen Reusser a été Il a assumé son rôle de favori avec brio et s'est imposé avec un temps que nous avions prévu dans notre simulation préalable. La deuxième place de Lieke Nooijen, qui s'est rapprochée de Reusser à quatre secondes près, a été une surprise. La Néerlandaise s'est montrée particulièrement rapide dans la seconde moitié de la course. La co-favorite Demi Vollering a elle aussi réalisé une deuxième moitié de course particulièrement rapide, rattrapant des secondes dans la descente vertigineuse pour terminer troisième, avec 17 secondes de retard. Vollering, qui s'est donnée à fond, s'est frappé la poitrine à l'arrivée et semblait visiblement très satisfaite de sa performance.
Kasia Niewiadoma, vainqueuse du Tour en 2023, a limité son retard ; à l'arrivée, elle accusait un retard de 1 min 08 s, un résultat acceptable pour une coureuse plutôt spécialisée dans les ascensions. La Polonaise, excellente grimpeuse, avait manifestement travaillé sa performance en contre-la-montre.
Pauline Ferrand-Prévot s'en est moins bien sortie : dès le premier point de chronométrage, c'est-à-dire après la montée, elle accusait déjà un retard de 1 min 21 s sur Reusser. Elle a perdu près d'une minute supplémentaire dans la descente. À l'arrivée, la Française accusait un retard de 2 min 13 s sur Reusser – un écart considérable pour ce parcours court, qui pourrait bien mettre fin à ses ambitions de défense de son titre.
Ferrand-Prévot s'est néanmoins montrée satisfaite après coup de sa performance dans cette discipline inhabituelle, qu'elle n'avait pas pratiquée depuis des années. Mais elle n'a à aucun moment semblé à l'aise sur le parcours. Quand on sait à quel point la Française maîtrisait brillamment son VTT sur les parcours difficiles et dans les descentes techniques, il était pour ainsi dire pénible de la voir peiner autant sur son vélo de contre-la-montre.
À chaque coup de pédale, elle corrigeait sa trajectoire, ce qui lui faisait rouler en zigzag. Au final, elle a ainsi parcouru une distance plus longue que certaines de ses concurrentes.
L'équipe Visma, généralement à la pointe de la technologie, aurait pu faciliter la tâche de sa capitaine. Avec D'après notre expérience, la barre stabilisatrice K.I.S. serait de marque Ferrand Prevot. une bien meilleure stabilité en ligne droite. Le système mis au point par l’inventeur bavarois Jo Klieber reste toutefois largement méconnu dans le monde du cyclisme sur route et n’est utilisé que de manière sporadique dans le VTT. C’est dommage, car ce contre-la-montre a très clairement montré que, même dans le sport de haut niveau, il existe encore un grand potentiel pour améliorer le comportement routier des vélos et rendre leur maniabilité plus efficace et plus sûre, notamment lors des descentes à grande vitesse.
Sur la base de nos propres essais en soufflerie, nous réalisons des calculs de simulation pour le briefing technique du Tour de France. Comment TOUR procède-t-il à ses essais ? Essai d'un vélo de course aérodynamique en soufflerie.
Nous cherchons à déterminer quelles roues peuvent offrir un avantage technique dans quelle situation. Les variables que nous pouvons modifier dans la simulation sont le poids des roues, le poids du cycliste, l'inertie des roues, le coefficient de traînée aérodynamique, le coefficient de résistance au roulement et le rendement de la chaîne cinématique.
Pour modéliser les temps de course, nous utilisons des performances et des poids réalistes pour les coureurs, que nous combinons avec nos données issues de la soufflerie, puis nous faisons courir virtuellement les coureurs sur des tronçons de parcours sélectionnés, que nous extrayons des données officielles du parcours ; les profils altimétriques qui en découlent jouent ici un rôle central. La modélisation inclut également des virages dans lesquels nous pouvons freiner de manière réaliste, ainsi que des profils de puissance réglables adaptés à différents types de coureurs. Nous faisons ainsi la distinction entre les accélérations en montée et les véritables sprints finaux. Au final, tout cela rend la simulation très réaliste. Ce que nous ne pouvons pas reproduire, ce sont les effets liés à la dynamique de conduite, tels que le comportement individuel des roues sur différents revêtements.
Les temps de parcours calculés pour les tronçons décisifs de la course mettent en évidence l'influence des roues – à condition que les coureurs adoptent toujours le même comportement dans un scénario donné.

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