Andreas Kublik
· 26.09.2025
Cela a fait du bruit pendant le Tour de France 2024. Il a été rendu public que des coureurs de haut niveau comme Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard avaient utilisé des inhalateurs de monoxyde de carbone lors de leur préparation à la course. Ce gaz est considéré comme hautement toxique, mais peut également être utilisé comme dopant sanguin. Les experts estiment qu'il serait possible de remplacer au moins un camp d'entraînement en altitude coûteux en temps et en argent par l'inhalation ciblée du gaz. C'est la raison pour laquelle l'Union cycliste internationale (UCI) a interdit l'inhalation répétée de monoxyde de carbone dès le début de l'année. L'AMA a suivi.
Dans la Liste des interdictions de l'AMA, le sous-groupe M1.4 a été ajouté à la classe M1 (Manipulation du sang et de ses composants). Il est désormais explicitement indiqué à cet endroit : "L'utilisation non diagnostique du monoxyde de carbone (CO) est interdite. Dans certaines conditions, il peut augmenter l'érythropoïèse (formation des globules rouges)". Des experts avaient demandé l'ajout de ce gaz à la liste de l'AMA, car il pouvait clairement être utilisé comme méthode interdite d'amélioration des performances.
Du côté des équipes UAE et Visma, qui ont fait la une de l'actualité autour du Tour 2024, on avait alors déclaré n'avoir utilisé la méthode d'inhalation que pour mesurer les effets de l'entraînement en altitude. Cela reste autorisé : "L'utilisation de monoxyde de carbone à des fins de diagnostic, comme la détermination de la masse totale d'hémoglobine ou de la capacité de diffusion des poumons, n'est pas interdite sous la supervision d'un professionnel de la santé ou d'un scientifique", indique désormais le règlement antidopage.
L'application reste probablement - malgré l'interdiction - une zone grise, comme TOUR l'a appris l'année dernière en posant des questions (voir l'article). Une méthode de détection fait jusqu'à présent défaut, pour autant qu'elle soit connue du public. D'autant plus que le monoxyde de carbone peut aussi être inhalé involontairement par les gaz d'échappement, comme dans le trafic routier dense. Le hic, c'est qu'une détection du dopage pourrait être difficile avec le monoxyde de carbone. "Si on le fait correctement, il est difficile à détecter. Il faudrait déjà prendre quelqu'un en flagrant délit", explique le professeur Volker Auwärter, toxicologue à Fribourg, interrogé par TOUR lors des discussions de l'année dernière. Il faudrait donc prendre les sportifs en flagrant délit malgré l'interdiction et apporter la preuve que l'inhalation n'a pas été faite à des fins de diagnostic et sans surveillance professionnelle.

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