DPA
· 12.08.2023
Par Stefan Tabeling, dpa
Que ce soit lors des championnats du monde ou plus récemment lors du Tour de France, les succès cyclistes allemands sont presque exclusivement l'œuvre des femmes. L'époque où Tony Martin remportait des médailles en série aux championnats du monde ou où des sprinters comme Marcel Kittel ou André Greipel assuraient des victoires à la chaîne est révolue.
"Je ne sais pas ce que font les hommes. Nous nous concentrons sur nous-mêmes", a plaisanté Liane Lippert, qui, un peu plus de trois semaines après sa victoire d'étape sur le Tour, vise un grand coup dimanche à la fin des championnats du monde de cyclisme à Glasgow dans la course sur route de 154,1 kilomètres.
Ce serait la suite d'une jeune histoire à succès. Lippert et sa collègue de l'équipe nationale Ricarda Bauernfeind ont toutes deux remporté une étape lors de la deuxième édition du nouveau Tour féminin, alors que les hommes étaient repartis bredouilles pour la deuxième fois consécutive. De plus, la jeune Antonia Niedermaier, âgée de 20 ans seulement, a fait sensation en remportant l'étape reine du Giro d'Italia Donne, suivie jeudi par le titre de championne du monde du contre-la-montre dans la catégorie des moins de 23 ans.
"Le cyclisme féminin vit actuellement une période faste. Cela montre qu'on peut compter sur nous", dit Bauernfeind et Lippert ajoute : "C'est un boom, pas seulement pour Ricarda et moi. C'est bien qu'une nouvelle génération soit en train de naître".
C'est un instantané qui s'est consolidé depuis quelques années déjà dans le cyclisme sur piste. Les huit fois championnes du monde Lea Sophie Friedrich et Emma Hinze dominent la scène du sprint, alors que les hommes sont à la traîne. A Glasgow, il n'y a pas eu une seule médaille.
Le nouvel entraîneur national sur route Greipel ne voit pas le cyclisme masculin allemand en si mauvaise posture et fait référence aux bonnes performances réalisées lors du Tour. Il voit plutôt les problèmes dans le domaine de la relève. Après la course sur route, où l'ancien champion John Degenkolb s'est classé 16e en tant que meilleur Allemand, il a toutefois parlé d'un "résultat honnête".
Lors de l'épreuve éliminatoire, il ne restait finalement que les stars de la branche, du champion du monde Mathieu van der Poel (Pays-Bas) à la superstar Tadej Pogacar (Slovénie), en passant par le touche-à-tout Wout van Aert (Belgique).
Lippert s'attend également à un scénario similaire, mais elle voudra alors participer à l'attribution du titre. Bauernfeind lui donne du courage : "Le parcours est parfait pour Liane. Les courtes montées sont exactement ce qu'elle va aimer et ce dont elle est capable". Lippert, qui doit succéder à la grande Annemiek van Vleuten (Pays-Bas) au sein de l'équipe Movistar, a de toute façon encore un compte à régler. L'année dernière, aux championnats du monde en Australie, elle a frôlé une médaille en terminant quatrième, parce que le groupe de tête s'est pris au jeu tactique et a été rattrapé. "J'en ai tiré une leçon sur la manière dont je vais m'y prendre à l'avenir", dit la jeune femme de 25 ans.
Et puis il y a Niedermaier, tout juste 20 ans. Rares sont celles qui gravissent les montagnes aussi rapidement que cette habitante de Rosenheim qui, en parallèle, pousse sa carrière dans le ski alpinisme, comme le souligne la bachelière : "Je vais continuer dans cette voie. L'objectif est les Jeux olympiques d'hiver de 2026". Il reste donc du temps pour cela aussi.
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