Un petit bistrot pour l'avenirVisite de l'emblème du cyclisme à Cologne, Schmitzebud

Tim Farin

 · 17.09.2024

Les héros de Cologne : Le nouveau graffiti sur le stand montre les héros du cyclisme de Cologne, Rolf Wolfshohl, Marcel Wüst et Nils Politt.
Photo : dpa/pa; Henning Kaiser
A Cologne, l'ancien prince du carnaval Holger Kirsch rouvre l'un des clubs de cyclisme les plus traditionnels. Il veut donner un coup de pouce au sport. En visite chez Schmitzebud.

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L'ancien prince du carnaval affirme que les cyclistes sont attirés par la saucisse au curry en bocal. Au cours des derniers mois, son chef gastronomique a déjà appris beaucoup de choses sur les cyclistes de course. Par exemple, qu'ils boivent généralement le café d'une petite torréfaction familiale italienne noir.

Un homme d'action : l'ancien prince du carnaval Holger Kirsch (à droite) a fait venir Pascal Droege en tant que professionnel de la restauration.Photo : dpa/pa; Henning KaiserUn homme d'action : l'ancien prince du carnaval Holger Kirsch (à droite) a fait venir Pascal Droege en tant que professionnel de la restauration.

"C'est différent dans la City", dit Pascal Droege, qui gère deux boutiques connues dans le centre de Cologne, "où les gens boivent du Flat White et du lait de pois". Mais ici, c'est le Schmitzebud, le plus ancien kiosque de la ville selon la tradition, un lieu de rencontre pour les cyclistes de course depuis des générations. Ici, c'est la périphérie est de la ville. Et c'est ici qu'au moins les clients attachés aux traditions et vêtus d'un textile sportif prennent leurs boissons chaudes, surtout en pensant à l'effet physique. On a peu de poids sur le cadre et peu de lest dans la boisson à la caféine quand on part dans le Bergische Land. La currywurst (saucisse au curry) inhabituellement servie dans un verre, à base d'une saucisse à griller de Thuringe directement importée, n'est bien sûr servie qu'après.

Les héros de Cologne : Le nouveau graffiti sur le stand montre les héros du cyclisme de Cologne, Rolf Wolfshohl, Marcel Wüst et Nils Politt.Photo : dpa/pa; Henning KaiserLes héros de Cologne : Le nouveau graffiti sur le stand montre les héros du cyclisme de Cologne, Rolf Wolfshohl, Marcel Wüst et Nils Politt.

Le Schmitzebud : un lieu culte pour les cyclistes

C'est un dimanche après-midi de fin d'été, et il se passe beaucoup de choses au "Schmitzebud". Derrière les fenêtres ouvertes de la façade vitrée, les jeunes coureurs du VfR Büttgen et leurs parents sont assis, à côté des tables à l'intérieur de l'ancien kiosque, des promeneurs, des riverains âgés et aussi des personnes qui se sont attachées à cet endroit. Un grand écran diffuse la retransmission en direct du Tour d'Espagne, des autographes encadrés du who'swho du cyclisme sont accrochés au mur, et sur une table haute, un maillot du champion allemand de cyclo-cross est prêt à rejoindre la collection des Schmitzebud.

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Muséal : les collectionneurs et les ex-professionnels fournissent sans cesse de nouveaux objets de dévotion pour la Schmitzebud.Photo : dpa/pa; Henning KaiserMuséal : les collectionneurs et les ex-professionnels fournissent sans cesse de nouveaux objets de dévotion pour la Schmitzebud.

"C'est un lieu de mes souvenirs d'enfance", dit Holger Kirsch, qui a fait revenir le "Schmitzebud" du processus insidieux de l'oubli. Enfant, le quinquagénaire y achetait des images Panini. Il n'avait pas grand-chose à voir avec le cyclisme, l'architecte s'est fait connaître sous le nom de Holger Ier dans le carnaval de Cologne, de 2019 à 2024, il a été responsable bénévole du cortège du lundi des Roses à Cologne, en tant que président, il préside aux destinées du club de football de troisième division Viktoria Köln. Toujours est-il que Kirsch est un coureur amateur passionné, et c'est ainsi qu'il s'est rendu compte que l'ancien kiosque situé dans son voisinage représentait un véritable repère pour les professionnels et les sportifs amateurs.

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Un lieu de souvenirs d'enfance

"C'est un lieu légendaire", dit Jörg Arenz, qui a apporté l'un de ses maillots de champion d'Allemagne comme cadeau d'accueil pour les exploitants. Arenz, qui a maintenant 57 ans, est venu pour la première fois à l'âge de 15 ans. "À l'époque, je venais toujours ici avec le club Le Loup de Rolf Wolfshohl, l'entraînement avait lieu le mardi et le jeudi à 15 heures", se souvient le père de Leon Arenz, qui a déjà remporté la médaille de bronze aux championnats d'Europe sur piste et qui a récemment effectué le Tour d'Allemagne sur route. Mais ces dernières années, le Schmitzebud avait disparu en tant que point fixe du cyclisme. La permanence RTF qu'un club de Cologne y avait jadis organisée avait disparu, tout comme la gastronomie. On ne voyait plus non plus les rencontres de loisirs qui avaient autrefois des heures de départ fixes. Un scénario menaçait même de se répéter comme en 2008, lorsque la ville de Cologne avait voulu desceller la surface et supprimer le kiosque. Une initiative couronnée de succès avait alors vu le jour, mais elle avait été suivie d'une nouvelle dégradation du restaurant. "Les conditions que nous avons trouvées étaient aventureuses", raconte Kirsch, qui avait suivi l'offre d'un agent immobilier. L'intérieur du bâtiment devait être considérablement rénové.

Délicieux : l'équipe de cuisine souhaite proposer des plats savoureux et de qualité aux voisins et aux cyclistes.Photo : dpa/pa; Henning KaiserDélicieux : l'équipe de cuisine souhaite proposer des plats savoureux et de qualité aux voisins et aux cyclistes.

Une tradition vivante pour les fans de cyclisme

L'histoire est déjà si avancée que deux sportifs amateurs en tenue de cyclisme dernier cri ne savent même pas dans quel lieu historique ils se trouvent. Ils ont été surpris par le graffiti représentant des cyclistes, mais ils n'avaient pas conscience jusqu'à présent qu'il s'agissait d'un lieu sacré pour le sport traditionnel à Cologne. Ils savourent simplement leur boisson sous le soleil de l'après-midi.

Mais Holger Kirsch est passé à la vitesse supérieure. Avec sa femme et l'équipe de Pascal Droege, l'architecte a mis beaucoup d'énergie pour que ce lieu de rencontre traditionnel redevienne le temple du cyclisme. Celui qui entre dans la petite maison ne peut pas ignorer le sport cycliste. Il y a une pompe à air, les objets de dévotion sur les murs rappellent les grandes courses - et une plaquette de partenariat du VfR Büttgen montre que l'on travaille aussi avec le sport organisé à la Schmitzebud.

Idéalement situé : Juste à côté du petit kiosque, vous partez à la découverte des forêts et des vagues du Bergisches.Photo : dpa/pa; Henning KaiserIdéalement situé : Juste à côté du petit kiosque, vous partez à la découverte des forêts et des vagues du Bergisches.

Le lien direct s'appelle Grete. Cette jeune fille de douze ans, l'une des trois filles de l'ancien prince du carnaval, souhaitait passer plus de temps avec son père. Elle a donc souhaité un vélo de course. Pour sa communion, elle a reçu un modèle d'entrée de gamme. Il est vite devenu clair qu'elle voulait faire de la course. Entre-temps, elle a trouvé au VfR Büttgen la promotion de la relève qui lui convient, elle est régulièrement candidate à la victoire et au podium dans sa catégorie d'âge, son père ne peut plus la suivre dans les montées. Holger Kirsch trouve cela "phénoménal", mais aussi le soutien du club et la cohésion du cyclisme organisé, qu'il vit comme une "famille".

La philosophie : redonner quelque chose à la scène

Il est séduit, il veut donner quelque chose au cyclisme. Le Schmitzebud doit justement servir de lieu de rencontre pour cette scène. Lars Witte, chef du département cyclisme du VfR Büttgen, s'occupe du travail sur les médias sociaux pour le local de Kirsch - ensemble, ils planifient déjà l'entrée dans le cyclisme organisé. Pour l'année prochaine, Witte et Kirsch souhaitent par exemple organiser le championnat de contre-la-montre de Rhénanie-du-Nord-Westphalie sur la "Panzerstraße", dans la Wahner Heide, et utiliser la Schmitzebud comme base.

Dernier verre : deux cyclistes se réjouissent de l'occasion de boire leur dernier verre lors de leur tour du dimanche.Photo : dpa/pa; Henning KaiserDernier verre : deux cyclistes se réjouissent de l'occasion de boire leur dernier verre lors de leur tour du dimanche.

L'équipe de Holger Kirsch n'a pas seulement fait revivre la gastronomie. Elle a également ramené le cyclisme dans le champ de vision du public. L'équipe a fêté la réouverture du bistrot traditionnel le 26 mai, le jour de Rund um Köln. On a pu voir à la télévision comment ils ont acclamé le dernier sprint de la Schmitzebud, qui fait partie chaque année du parcours de la course. Mais surtout, Kirsch a dévoilé un graffiti qui montre le cyclisme aux passants. On y voit Nils Politt, Marcel Wüst et Rolf Wolfshohl, trois personnalités du cyclisme de Cologne de différentes générations. "Quand Rolf a vu ça, il était déjà ému", raconte Kirsch, qui a désormais un ancien maillot de l'ex-professionnel de Cologne accroché dans sa boutique. Qui sait encore aujourd'hui que Cologne a eu un vainqueur de la Vuelta ? "Et c'était justement mon idée : donner aux légendes du cyclisme de cette ville un lieu où elles peuvent à nouveau se manifester", explique Holger Kirsch. La Schmitzebud est ouverte du jeudi au dimanche, le week-end à partir de 9h30 pour le premier café noir. Car le départ en direction du Bergisches Land est, il n'y a pas de discussion, le coup de 10 heures.

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