La carrière de Roger Rivière est l'une des plus tragiques et des plus dramatiques de l'histoire du cyclisme. À l'occasion du 60e anniversaire de sa mort, nous rendons hommage à celui qui fut un célèbre coureur français.
Dans les années soixante et soixante-dix du siècle dernier, les fans et les journalistes se sont lancés dans des discussions interminables et passionnées pour savoir si, à la place d'Eddy Merckx, Roger Rivière n'aurait pas pu devenir le plus grand cycliste de tous les temps, si, oui, si ...
Lorsque Rivière a fait son entrée sur la scène du cyclisme en 1953, le public intéressé par le sport cycliste - c'est-à-dire pratiquement tout le pays en France - a rapidement remarqué ce jeune homme au talent inhabituel. Débutant, il avait déjà remporté trois courses lors de sa première année sur le vélodrome de Saint-Étienne, sa ville natale. Rivière se distinguait par sa légèreté, son élégance, sa rapidité et sa souplesse. En 1956, il remporta en tant qu'amateur son premier championnat de France en poursuite individuelle et réitéra son succès un an plus tard - devant Jacques Anquetil, de deux ans son aîné et déjà bien plus connu, qui avait déjà remporté son premier Tour de France en 1957. La même année, Rivière remporta également le titre de champion du monde de poursuite individuelle et améliora pour la première fois le record du monde de l'heure à 46,923 kilomètres. Un an plus tard, il dépassait sa propre marque et portait le record à 47,346 kilomètres. Le quotidien sportif français "L'Èquipe" l'a élu sportif de l'année en 1957.
Rivière a également remporté de nombreux succès sur la route. En 1955, il remporte le Circuit d'Auvergne et en 1956 le Tour d'Europe, qui n'a été disputé que deux fois (1954 et 1956). En 1959, il remporte deux victoires d'étape au Tour d'Espagne et une première victoire d'étape au Tour de France. A l'époque, le Tour de France était encore disputé par des équipes nationales. Avec Jaques Anquetil, Roger Rivière, Louison Bobet et Raphael Geminiani, l'équipe française était exquise et faisait figure d'immense favorite. Mais l'équipe était tellement divisée en interne que Rivière et Anquetil, notamment, se sont largement neutralisés et que l'as de l'escalade espagnol Federico Bahamontes a pu remporter le Tour - suivi par les quatre Français Henry Englade, Anquetil, Rivière et François Mahé.
Roger Rivière a mal géré ces conditions marginales au sein de l'équipe de France et les exigences qui en découlent. Les témoins et les journalistes de l'époque le trouvaient souvent anxieux, voire dépassé et oppressé par la proximité des supporters. Le duel avec Jacques Anquetil, dont de nombreux médias se sont fait l'écho avec délectation, l'a particulièrement affecté. On dit que le jeune homme sensible est devenu sensible à des chuchotements de mauvais genre, qui l'ont aidé à augmenter sa confiance en lui à l'aide de médicaments interdits.
Lors du Tour de France 1960, Rivière était pourtant considéré comme le grand favori - Jacques Anquetil ayant renoncé à prendre le départ après sa participation au Giro d'Italia. Après avoir remporté la première contre-la-montre individuelle et deux autres étapes (6e et 10e), Rivière est deuxième à 1:38 minutes, à portée du maillot jaune, porté par l'Italien Gastone Nencini. Vient ensuite la 14ème étape de Millau à Avignon, nous sommes le dimanche 10 juillet. Les Pyrénées sont derrière les coureurs, le Tour roule sur l'une des étapes dites de transfert sur des routes étroites à travers le paysage de moyenne montagne des Cévennes. Dans la descente sinueuse du col du Perjuret, Roger Rivière poursuit l'homme en jaune lorsqu'il percute soudain le muret de délimitation au bord de la route et tombe dans l'abîme. Le journaliste cycliste allemand Hans Blickensdörfer qualifiera plus tard de "chance fatale pour un reporter" le fait que son véhicule d'accompagnement s'arrête exactement à l'endroit de l'accident. Il sera le témoin oculaire du drame et le racontera plus tard dans ses livres :
"Des buissons épais obstruent la vue ; en bas, du métal clignote au soleil - la fourche avant du vélo de course fracassé. Pendant quelques secondes, on n'entend que le chant des grillons.
Nous avons tous l'impression sinistre de regarder vers le bas dans une tombe.
Puis quelqu'un crie : "C'est Rivière".
Nous n'en avons la certitude que quelques minutes plus tard, après avoir péniblement descendu la pente abrupte. Près d'un jeune cerisier, une plaie béante à l'arrière de la tête laisse Roger Rivière, le grand favori du Tour de France, pâle et immobile. Sa vue fait craindre le pire. Pour la première fois, je vois des photographes endurcis renoncer à une photo à sensation pour prodiguer les premiers soins".
Les premiers secours sont arrivés. Grièvement blessé à la tête et à la colonne vertébrale, Rivière a été transporté par hélicoptère de secours à l'hôpital de Montpellier. Des médicaments contenant des substances interdites auraient été trouvés dans les poches de son maillot et l'on soupçonne que ces substances aient pu altérer sa capacité de réaction. Roger Rivière a ensuite dépensé toute l'énergie qu'il pouvait pour se soigner et lutter pendant des mois contre une vie en fauteuil roulant, mais sa carrière était terminée. Le public s'est détourné, l'intérêt des journalistes s'est éteint. Ses entreprises - un bar, un garage, un camping - ont échoué. Rivière perdit pied et ne trouva aucune aide. Il se réfugia dans la drogue et mourut d'un cancer le 1er avril 1976, à l'âge de 40 ans seulement.
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