Josh Welz
· 12.07.2026
Un kilo en moins sur le vélo coûte souvent des sommes à quatre chiffres – et n'apporte que peu de bénéfices. La physique le montre clairement : les véritables freins à la performance se cachent ailleurs.
Le réglage du poids au gramme près est l'apanage des passionnés de technique et des perfectionnistes. En effet, la quête du vélo le plus léger est un passe-temps coûteux qui, d'un point de vue physique, ne mène souvent à rien. Les cyclistes sur route tirent leur avantage de l'aérodynamisme et de leurs tenues moulantes, les adeptes du gravel grâce à un montage tubeless parfait avec une pression de pneus audacieusement réduite sur le gravier, et les vététistes tirent le meilleur parti de leur vélo simplement grâce à des composants de transmission parfaitement entretenus et propres, ainsi qu’à une adhérence maximale des pneus sur les pentes raides. Le cycliste avisé commence donc par réduire les véritables sources de perte de puissance – et ne s’attaque au poids qu’en tout dernier lieu.
Dans le monde du cyclisme, le dogme est le suivant : plus c’est léger, mieux c’est. Les fabricants se livrent à une surenchère avec des cadres en fibre de carbone à parois minces, des triangles arrière en carbone, des vis en titane et des axes creux, afin de réduire le poids total. Mais quiconque analyse les résistances physiques brutes sur un vélo s'en rend vite compte : l'industrie nous vend souvent des pansements coûteux pour de fausses blessures. Selon que l'on soit sur un vélo de course, un vélo de gravel ou un VTT, les lois de la physique changent radicalement.
Pour maintenir un vélo en mouvement, le corps doit lutter contre quatre résistances principales : la résistance à la pente (F-st), la résistance à l'air (F-w), la résistance au roulement (F-r) et les pertes par frottement mécanique (F-étranger) au niveau de la transmission.
La puissance totale P (watts) correspond à la somme des différentes composantes de puissance, c'est-à-dire la force multipliée par la vitesse correspondante. Le poids n'intervient que dans la résistance à la montée et, dans une moindre mesure, dans la résistance au roulement. Dès que le parcours redevient plat, l'avantage lié au poids s'estompe presque entièrement – mais c'est en montée qu'il prend tout son sens.
Sur un vélo de course, les vitesses moyennes sont souvent élevées. Les cyclistes amateurs atteignent une moyenne d'environ 30 km/h, tandis que les cyclistes de course très bien entraînés dépassent largement cette valeur. La résistance à l'air augmentant au carré de la vitesse, l'aérodynamisme est ici le facteur déterminant.
En matière de résistance au roulement, de nombreux cyclistes continuent de croire à une idée fausse issue de l’époque des vélos de course, qui a pourtant de lourdes conséquences : « Plus le pneu est gonflé, plus il roule vite. » Sur un asphalte lisse comme un miroir, c'est vrai. Mais dès que l'on s'aventure sur des revêtements irréguliers – notamment du gravier, des chemins forestiers ou des sentiers –, cette logique s'inverse. Ici, le principe est le suivant : moins de pression, plus de vitesse.
Sur un sol irrégulier, un pneu perd de l'énergie de deux façons :
En VTT, les priorités changent complètement. Sur les sentiers techniques en forêt, la vitesse moyenne à vélo (sans moteur) varie rarement entre 12 et 15 km/h. En plaine et sur les sentiers techniques, la résistance à l'air est donc tout à fait négligeable à faible vitesse. Mais : les vététistes portent souvent des pantalons baggy amples et robustes ainsi que des maillots larges. Cela se retourne cruellement contre eux dès qu'ils roulent plus vite sur des chemins forestiers ou qu'un vent de face leur souffle de plein fouet au visage.
Les parcours de VTT, notamment dans les Alpes, ne connaissent souvent que deux états : montée raide ou descente raide. Avec des pentes de 12 à 20 % en tout-terrain, le poids de l'ensemble devient le principal adversaire. C'est là qu'un vélo léger fait vraiment la différence, car l'effort de pédalage est prépondérant. Cependant, en VTT, un cadre en carbone ultra-léger ne sert pas à grand-chose si les pneus doivent être lourds pour éviter les crevaisons. Le poids des masses en rotation (roues/pneus) pèse doublement lors des accélérations en tout-terrain. Grâce aux systèmes tubeless modernes, on peut toutefois tirer le meilleur parti de cette configuration : un poids réduit grâce à la suppression de la chambre à air, combiné à une faible pression de gonflage pour une résistance au roulement minimale en tout-terrain.
Mais le plus gros facteur de perte de puissance en VTT est d'ordre mécanique. La transmission souffre énormément à cause de la boue, de la poussière et des flaques d'eau.
| Vélo de course (Ø 32 km/h) | Vélo de gravel (vitesse moyenne : 24 km/h) | VTT (Ø 14 km/h) | |
| 1 kg de surpoids | Effet limité (~2,5 W uniquement en montée) | Perceptible sur les collines (~3 W) | Nettement perceptible dans les montées raides (~5 W) |
| Des vêtements amples plutôt que moulants | Perte extrême (~25 watts) | Perte importante (~15 watts) | Perceptible sur les chemins forestiers (~10-15 watts) |
| Pression des pneus trop élevée en tout-terrain | Peu pertinent (asphalte) | Perte importante (~20 watts due à l'impédance) | Perte importante (~25 watts due à la perte de traction/au travail de levage) |
| Mécanisme encrassé | Modéré (perte d'environ 10 watts) | Perte importante (~15 watts) | Perte importante (~25-30 watts) |
| Mauvaise ergonomie | Perte importante (~15 watts) | Perte importante (~12 watts) | Modéré |

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