Adrian Kaether
· 13.08.2026
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Grâce au profil à crampons rapides du G-One RS, le Motion Kojak fait bonne figure tant au niveau de la roulement que du bruit. Avec une certaine protection contre les crevaisons et un caoutchouc respectueux de l'environnement, il répond à pratiquement toutes les attentes au quotidien. À recommander, à condition que la largeur d'au moins 40 millimètres ne soit pas un critère d'exclusion. - Adrian Kaether, rédacteur « Essais et technique »
Les pneus sont la pièce la plus sous-estimée d'un vélo. Lorsqu’on achète un nouveau vélo, on pense au cadre, à la transmission, peut-être encore aux freins – mais presque personne ne fait le lien entre le vélo et ses pneus. Pourtant, rien n’influence autant le confort de conduite que ces deux bandes de caoutchouc sur lesquelles roule l’ensemble du vélo. Schwalbe le sait bien, bien sûr. Et avec le Kojak, le spécialiste des pneus lance aujourd’hui un modèle qui, sur le papier, promet une combinaison inhabituelle : adaptabilité à la ville, polyvalence, gomme écologique et look élégant – le tout pour moins de 40 euros. Nous avons voulu savoir si le Motion Kojak tient ses promesses.
Ce qui frappe le plus chez le Kojak, c’est son profil. Au lieu des rangées de crampons classiques ou de l’aspect lisse d’un pneu de course comme sur son prédécesseur, de fines écailles régulières recouvrent l’ensemble de la bande de roulement ainsi que les flancs. Le résultat est vraiment esthétique et répond également à une logique fonctionnelle : ce profil régulier est censé garantir un comportement routier fluide et prévisible, tout en offrant une bonne adhérence lors des accélérations et dans les virages, sans pour autant augmenter inutilement la résistance au roulement. Bien sûr, d’un point de vue fonctionnel, les écailles n’auraient pas besoin d’aller jusqu’à la jante, mais cela permet de conserver une esthétique très cohérente.
D'ailleurs, ceux qui connaissent un peu la gamme Schwalbe reconnaîtront peut-être ces capots : ils ont exactement le même aspect comme sur la bande de roulement du pneu Racing Gravel G One RS (testé ici), le pneu de gravel le plus rapide de la gamme Schwalbe. Ça, c'est ce qu'on appelle une promesse !
La fabrication et la finition donnent une impression de solidité. Cependant, ceux qui espèrent trouver un pneu pliable léger seront déçus : le Kojak est disponible exclusivement en version à tringle rigide et uniquement dans des largeurs de 40, 50 et 60 millimètres. Cela signifie un poids plus élevé : lors de notre test, le pneu de 40 millimètres de largeur 615 grammes sur la balance. Pour un pneu d'usage quotidien à prix abordable, c'est tout à fait acceptable. Il n'existe pas de version plus étroite, d'environ 32 ou 35 millimètres, dans la gamme.
Sur l'asphalte, le Kojak montre immédiatement de quoi il est capable. La résistance au roulement est nettement faible : le pneu roule avec agilité et est également étonnamment silencieux. On a cette agréable impression que l'énergie ne se disperse pratiquement pas, que le vélo roule tout simplement sans freiner – presque comme un pneu de course. Ce n'est pas un hasard : le mélange de caoutchouc écologique, associé au profil à écailles régulières, fonctionne très bien ici. Certes, le Kojak n’atteint probablement pas l’efficacité de roulement des pneus de vélo de course haut de gamme – il lui manque pour cela les mélanges spécifiques haute performance –, mais pour un pneu de tous les jours à moins de 40 euros, il se situe à un très bon niveau.
La conduite est agréablement fluide. Pas de à-coups gênants, pas de rebonds inattendus : le profil régulier se révèle ici très prévisible. Ceux qui font la navette tous les jours apprécieront cette discrétion : le Kojak fait simplement son travail, de manière fiable et sans histoire.
C'est hors des sentiers battus que les choses deviennent intéressantes. Le Kojak n'est pas un pneu de gravel – il ne le veut pas et n'est pas censé l'être. Mais il se comporte nettement mieux sur les terrains meubles qu'un pneu de ville classique, voire qu'un pneu de course étroit. Sur du gravier fin, son profil à écailles offre encore une adhérence suffisante ; le freinage reste également maîtrisable, sans risque de dérapage désagréable.
Cela suffit amplement pour des escapades occasionnelles sur des chemins de campagne ou forestiers non goudronnés – mais ceux qui souhaitent s'adonner sérieusement au gravel auront besoin d'un profil plus marqué. Le G-One Allround, développé en interne par Schwalbe, roule également très bien et devrait donc constituer la meilleure option. Le Kojak doit clairement être considéré ici comme un complément, et non comme un substitut. Il est toutefois parfaitement adapté au scénario typique des trajets quotidiens avec, de temps en temps, un passage sur un chemin de gravier.
La ceinture anti-crevaison RaceGuard est la solution intermédiaire qui a fait ses preuves chez Schwalbe : elle n'offre pas une protection maximale, mais elle est tout à fait suffisante pour un usage quotidien. Ceux qui roulent sur les pavés accidentés de la ville sont ainsi raisonnablement protégés. En revanche, rouler à toute vitesse sur des éclats de verre, comme on le ferait par exemple avec le Marathon Plus, n’est sans doute pas une bonne idée.
À noter tout particulièrement : le mélange ADDIX Green. Schwalbe utilise ici du noir de carbone industriel recyclé issu de son propre programme de recyclage de pneus. Il ne s'agit pas d'un simple label de « greenwashing », mais d'une avancée concrète vers l'économie circulaire. Le fait que le pneu roule toujours aussi bien rend le tout encore plus parfait.
Un point qui mérite d'être approfondi : l'adhérence sur sol mouillé. Les premières impressions ne laissent présager aucun problème, mais on manque encore d'expériences fiables dans des conditions variables. Nous nous réservons donc le droit de rendre un verdict définitif. Ce sont justement les pneus les moins chers qui obtiennent souvent de moins bons résultats dans ce domaine.
Le Kojak n'est pas un pneu qui se vante de superlatifs spectaculaires, ni qui remporte tous les points maximaux dans les classements de tests. Mais il possède une qualité qui est peut-être plus précieuse au quotidien : c'est un pneu polyvalent et fiable, doté d'atouts évidents, de faiblesses acceptables et d'un prix qui ne prête guère à discussion.
Le principal problème, c'est la concurrence interne : le G-One Allround est lui aussi très rapide et très prévisible, et devrait offrir un peu plus d'adhérence sur la terre battue. De plus, ce pneu est plus léger et compatible tubeless. Son prix est similaire dans la version Performance, mais il n'est probablement pas tout à fait aussi résistant. En termes de sensations de conduite également, le Kojak devrait marquer plus de points que le pneu à crampons léger G-One Allround.
Si vous privilégiez davantage la praticité au quotidien et que vous souhaitez, par exemple, une bande réfléchissante, optez pour le nouveau Marathon Almotion. Le pneu gravel G-One RS mentionné plus haut, en tant que pneu rapide, constitue bien sûr également une option, mais il coûte plus cher et nécessite une certaine maîtrise en virage en raison de la forte différence de profil entre la bande de roulement et le flanc.
Schwalbe Kojak – Caractéristiques techniques
| Largeur (testée) | 40 mm |
| Poids (candidat au test) | 615 g |
| Tailles disponibles | 24 × 2,60 pouces à 28 × 2,35 pouces |
| Réalisation | pneus à tringle rigide |
| Protection anti-crevaison | RaceGuard |
| mélange de caoutchouc | ADDIX Green |
| EIE | 38,90 € >> disponible ici* |
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