Dimitri Lehner
· 27.06.2026
La photo qui illustre cet article est bien sûr extrêmement exagérée. Elle rappelle celle d'Hitchcock Les oiseaux – mais avec des abeilles à la place des corbeaux. En réalité, aucun essaim d’insectes ne se jette sur les cyclistes. Pourtant, il suffit parfois d’un seul insecte et d’une trajectoire mal choisie pour transformer une sortie d’entraînement en situation d’urgence.
C'est exactement ce qui est arrivé à notre rédacteur photo, Wolfgang Papp.
Il roulait à vélo de course lorsqu'une abeille ou une guêpe s'est envolée directement dans sa bouche. Le réflexe l'a emporté sur la raison : mains en l'air, panique, mouvements brusques du guidon. La cycliste qui roulait dans son sillage a évité de justesse sa trajectoire sinueuse. Wolfgang a chassé l'insecte vers l'extérieur, mais celui-ci l'a piqué. Une chance dans son malheur : Wolfgang n'a pas fait de réaction allergique. Le gonflement est resté modéré.
Mais une sensation de picotement dans la bouche ou la gorge n'est pas une bagatelle. Elle peut s'avérer dangereuse, même chez les personnes qui ne souffrent pas d'allergies.
Le plus grand ennemi, ce n'est pas l'insecte, mais la panique.
Si vous gesticulez frénétiquement ou freinez à l'aveuglette, vous risquez de tomber. C'est pourquoi il faut garder les yeux rivés sur la route ou le sentier, se rabattre vers la droite de manière contrôlée et s'arrêter. Si vous roulez en groupe, prévenez brièvement vos compagnons ou faites-leur un signe de la main.
Ne pas avaler.
Tossir, cracher, se rincer la bouche : tout vaut mieux que de faire glisser l'insecte vers la gorge. S'il se trouve encore dans la bouche, on peut l'aider à sortir délicatement avec les doigts. Attention à ne pas l'écraser : un insecte coincé pique souvent encore plus fort.
Une douleur aiguë dans la bouche ou la gorge est considérée comme une urgence médicale.
Le plus grand danger n'est pas le poison, mais le gonflement des voies respiratoires.
C'est pourquoi, dès maintenant :
Même les personnes ne présentant aucune allergie connue ne devraient pas prendre de risque dans ce cas.
Pour être honnête : à peine.
Des conseils tels que « garder la bouche fermée » ou faire du vélo avec un buff devant la bouche et le nez fonctionnent en théorie. Mais dans la pratique, personne ne le fait – au plus tard dès la première montée.
Un conseil peut toutefois s'avérer utile : avant chaque gorgée, jetez un coup d'œil à la valve du goulot. En été, les guêpes aiment se poser sur les goulots, surtout lorsqu'ils contiennent des boissons isothermes ou des jus de fruits dilués.
La probabilité qu'une guêpe s'introduise dans la bouche lorsqu'on fait du vélo est faible. La probabilité de mal réagir à ce moment-là est malheureusement élevée.
Et c'est justement pour cela qu'il vaut mieux être préparé. Car les moments à la Hitchcock sont nettement moins divertissants à vélo qu'au cinéma.

Editor