Même les meilleurs cyclistes du monde n'hésitent pas à faire des expériences en compétition. Nous avons déjà pu le constater à plusieurs reprises lors du Tour de France. Mais notre conseil est très clair : tout ce qui est utilisé en compétition doit avoir été testé. Vraiment tout. Cela concerne le matériel, mais aussi les procédures, la nourriture et les vêtements. Après une centaine d'heures de préparation, voire plus, la compétition ne devrait pas souffrir de détails comme une couture qui frotte sur un nouveau pantalon, un gel incompatible ou des chaussettes dans lesquelles les pieds ne tiennent pas. C'est pourquoi il ne faut vraiment utiliser que des choses qui ont été testées à l'entraînement.
Ce que l'on peut apprendre des professionnels, c'est que beaucoup de choses se font plus facilement en équipe. Dans la mesure du possible, on se rend donc à la compétition avec des accompagnateurs qui nous aident à simplifier les nombreuses procédures autour de l'événement - jusqu'à des gestes banals mais efficaces comme le ramassage des vêtements chauds dans le bloc de départ. En ce qui concerne l'assistance sur le parcours, il existe des règles strictes auxquelles tous - athlètes et bénévoles - doivent se conformer. Dans ce domaine, moins on en fait, mieux c'est, surtout lors des grands événements.
Comment et quoi manger en route, quelle répartition de la vitesse est judicieuse et quelle stratégie vestimentaire soutient la chevauchée à travers de nombreuses montagnes - il faut y réfléchir longuement avant le jour X, établir un plan et ensuite simplement le mettre en œuvre pendant la course. Cela permet d'économiser de l'énergie et d'éviter les erreurs de calcul dans le stress de la course.
Nous avons résumé ici nos expériences sur les compétitions, notamment sur le bon déroulement de la journée de compétition.
Dans la mesure du possible, il est recommandé d'arriver tôt la veille de la compétition, ou plus tôt encore si les distances sont très longues. Cela rend les choses beaucoup plus détendues qu'un voyage à l'heure exacte. Les voyages sont synonymes d'efforts et de stress - ce ne sont pas les meilleurs ingrédients pour réaliser des performances maximales. Si l'on ne participe qu'à quelques compétitions par an, il faut s'offrir le luxe de planifier des créneaux horaires généreux. Ainsi, il reste suffisamment de temps pour effectuer le dernier effort préliminaire la veille de la course sur les routes du territoire de compétition et pour profiter de l'atmosphère. Cela permet de se familiariser avec les conditions locales et de calmer les nerfs. Lors des grandes compétitions, il est utile de passer également la nuit suivant la compétition sur le lieu d'arrivée ; les efforts violents sont ainsi beaucoup plus faciles à digérer.
Bien dormir la nuit précédant une compétition est un art. Car l'excitation et l'anticipation sont euphorisantes. Tout ce qui peut aider à bien dormir doit être pris en considération. Il peut s'agir de l'oreiller préféré que l'on emporte à l'hôtel ou d'un autre accessoire. Il est utile de tout préparer la veille pour éviter le stress le matin. Les vêtements de course doivent être prêts, les dossards attachés, le ravitaillement de course préparé.
Choisir les bons vêtements pour la compétition n'est souvent pas si simple. La devise : aussi peu que possible, mais autant que nécessaire ! Pour s'orienter, il faut donc absolument étudier attentivement le bulletin météo local (de montagne). En montagne, la protection contre les intempéries est obligatoire. Une veste de pluie légère devrait toujours être de la partie, tout comme un bandeau coupe-vent. En cas de très beau temps, un gilet peut éventuellement suffire, mais il vaut mieux avoir une veste en réserve si des orages menacent. Les manchettes sont flexibles et peuvent être roulées vers le haut et vers le bas en roulant. En cas d'humidité, il faut porter des sur-chaussures et éventuellement des gants à longs doigts, et envisager des pantalons de pluie courts sur les longues distances - et une couche supplémentaire pour se réchauffer. Un petit sac à dos de forme aérodynamique peut soulager les poches du maillot et ne freine en aucun cas l'élan vers l'avant : il peut même être avantageux sur le plan aérodynamique. Si vous avez un sac à dos, ne le remplissez pas n'importe comment : chaque gramme transporté doit être justifié.
Manger raisonnablement et bien la veille fait déjà partie de la préparation à la course. Ne pas grignoter toute la journée pour ensuite se remplir l'estomac lors de la pasta party tard le soir ! Le dernier repas de la journée doit être facile à digérer et ne doit pas être une portion énorme.
Prendre son petit-déjeuner à l'avance - il doit être terminé deux heures avant le départ. Pour le petit-déjeuner, ne mangez rien d'inhabituel, mais des aliments éprouvés et faciles à digérer. N'hésitez pas à apporter vos plats préférés préparés à l'avance ! Pour les longues distances, une bonne dose de glucides est obligatoire au petit-déjeuner.
Manger en route est essentiel et d'autant plus important que l'on roule vite ! 60 grammes de glucides par heure sont un minimum. Ceux qui se sont entraînés de manière ciblée peuvent atteindre 90 grammes et plus. De nombreuses barres contiennent moins d'énergie qu'on ne le pense - il faut donc lire attentivement la liste des ingrédients. La stratégie alimentaire doit être réfléchie et éprouvée ( !). Éprouvé : dès le début, à un rythme fixe, par exemple toutes les 15 minutes, que l'on ait faim ou non. Les mélanges liquides sont top, mais deux grands flacons ne suffisent que pour deux à trois heures. Solution : commencer avec deux bouteilles pleines de mélange énergétique. Plus tard, on ne fait le plein que d'eau et on mange en plus un gel ou une barre. Ceux qui roulent plus lentement peuvent se ravitailler de manière un peu plus variée.
Même sur les longues distances, beaucoup se précipitent comme si la course ne durait qu'une heure. Mais si vous roulez intelligemment, vous arriverez plus tôt à l'arrivée : trouver son propre rythme et gérer sa vitesse - les powermeters sont idéaux pour cela. Ne pas dépasser les limites supérieures de watts en montagne, ne pas rouler au-dessus du seuil, ne pas forcer brutalement, ne pas haleter, mais rouler en souplesse - et tenir compte du fait que la performance diminue quelque peu au cours d'une longue compétition.