Unbekannt
· 09.06.2016
Peter Sagan n'a pas remporté la 16e étape du Tour de France, mais les images de son impressionnante descente vers l'arrivée à Gap sont restées dans la mémoire collective des spectateurs et des cyclistes du monde entier, plus que le nom du vainqueur de l'étape. En revanche, la descente de Sagan, sur le parcours où Joseba Beloki avait fait une chute grave en 2003, a coupé le souffle des spectateurs : La façon dont il a négocié les virages à une vitesse maximale, en s'accroupissant sur le tube supérieur entre les virages avec une habileté acrobatique, a montré au monde du cyclisme ce qui caractérise un coureur complet : à savoir la capacité de décider des courses en descente avec compétence et prise de risque.
Les lois de la physique
Consciemment ou non, Sagan a utilisé les lois de la physique. La vitesse maximale pouvant être atteinte en descente est dictée par la résistance de l'air du cycliste. A partir d'une pente d'environ 7 pour cent et 65 km/h, un cycliste ne peut plus accélérer de manière significative, même en pédalant énergiquement - mais il peut le faire en se baissant et en réduisant ainsi la surface d'attaque du vent. Sous l'effet de la masse corporelle et de l'attraction terrestre, le système roulant accélère jusqu'à ce que la force de poussée et les forces de freinage de la résistance à l'air et au roulement s'équilibrent. Si le cycliste se fait plus petit sur la roue - sans pédaler -, il devient plus aérodynamique et donc plus rapide. Les différences d'aérodynamisme peuvent être si importantes qu'un cycliste particulièrement aérodynamique peut tout simplement rouler loin de ses compagnons de route, car ceux-ci ne peuvent plus se maintenir dans le sillage du vent.
Nous avons étudié l'ampleur réelle des différences en prenant pour exemple douze positions différentes sur le vélo - du pédalage détendu à la position aéro extrême - en soufflerie. Dans les positions 1 à 6 (voir double page suivante), le cycliste saisit le guidon supérieur ou les poignées de frein. En position verticale du bras supérieur, nous déterminons une surface de résistance (cwA) de 0,346. Sur une pente de 7%, le cycliste atteindrait ainsi une vitesse maximale de 56 km/h en roulant.
Baisse le menton
Avec une pente de dix pour cent, la vitesse maximale atteignable - sans pédaler - passe à 68 km/h. Plus le cycliste se penche sur la roue, plus sa résistance à l'air diminue ; vue de face, la surface offerte au vent par le cycliste se réduit progressivement. En position de poignée de frein fortement inclinée (position 4), la vitesse de pointe atteint déjà 79 km/h. La vitesse est encore plus élevée si l'on saisit le guidon supérieur des deux côtés de la potence et que l'on se penche jusqu'à ce que le menton repose sur la potence (85 km/h).
La conduite sur le guidon couché imaginaire (position 5) est encore un peu plus rapide ; la surface frontale est certes plus grande qu'en position 6, mais le corps est plus étiré et donc plus favorable à l'écoulement. Dans les descentes rapides, cette position est toutefois trop dangereuse, car on ne maîtrise pas le guidon. En revanche, lors des échappées en solo sur le plat, les professionnels adoptent souvent cette position - ce qui n'est pas étonnant, car elle est plus aérodynamique que la plupart des autres positions (1-5, 6, 7-10). Les valeurs cwA ont été mesurées sans mouvement des jambes et sont légèrement inférieures à celles obtenues en conduite normale, mais elles montrent le même ordre que celui qui serait obtenu en pédalant. Pour situer les choses : la position aéro (5) permet d'économiser 28 watts par rapport à la position basse du guidon (10) à une vitesse de 45 km/h. La position basse du guidon (10) permet d'économiser 28 watts.
La position des bras inférieurs offre la prise la plus sûre en descente. La position standard, avec les bras légèrement fléchis, atteint environ 75 km/h, mais offre le meilleur contrôle.
Plus serrée, avec les coudes sortis (8), la vitesse chute un peu. Plus fortement fléchi, avec les avant-bras parallèles au sol, notre cycliste d'essai atteindrait 80 km/h (position 9). En tournant les poignets, on gagne encore un kilomètre par heure. Et la vitesse est encore nettement plus élevée si l'on réduit au maximum la surface frontale en position de guidon inférieur et que l'on garde le menton très près de la potence (position 11) : 86 km/h sont ainsi atteints.
Mais la position la plus rapide, même pour notre testeur Paul Schuler, est celle que Peter Sagan a adoptée à plusieurs reprises en direction de Gap (position 12) : Assis sur le tube supérieur et non sur la selle, il se faufile dans le vent et atteint une vitesse maximale de 88 km/h. Cette position ne peut toutefois pas être recommandée, même si la nuque n'est pas trop étirée et que la vue vers l'avant est un peu meilleure ; mais elle est inconfortable, le centre de gravité est mal placé vers l'avant et il y a un risque de se coincer sous le nez de la selle si l'on veut revenir sur la selle avec les fesses.
Il est donc recommandé d'adopter une position variable du guidon inférieur, qui permet de passer en un clin d'œil, selon la situation, du contrôle total (7) à la chasse à la vitesse maximale (11) - ce n'est pas spectaculaire, mais à peine plus lent que la chevauchée audacieuse sur le tube supérieur. La position de descente agressive est fatigante et ne peut être maintenue à long terme que par des sportifs articulés. Un peu de yoga pourrait donc être la clé (pas seulement sur ce point) pour que vous laissiez à l'avenir vos compagnons cyclistes sur place, même en descente ...
FAZIT
- Sur une pente de 10 %, la position du corps détermine la vitesse maximale.
- 88 km/h sont possibles en roulant avec une position optimisée
- Notre conducteur d'essai atteint 75 km/h en position normale des bras inférieurs.
* cwA = surface de résistance. ** Vmax = vitesse maximale en roulage libre pour une pente de 7 ou 10 %.