Question de M. Reith : En mars 2010, j'ai effectué (49 ans) un diagnostic de performance au Swiss Olympic Medical Center. Il a révélé que mon pouls maximal était de 184 et que mon seuil anaérobie était de 153. En juillet, j'ai participé à une course de VTT. Après la course, qui m'a pris 98 minutes, mon cardiofréquencemètre indiquait une fréquence cardiaque moyenne de 179 et un pouls maximal de 189. Par rapport au diagnostic, j'ai donc couru la majeure partie du temps bien au-dessus de mon seuil anaérobie. Comment est-ce possible ?
Réponse du Dr Stapelfeldt : Le seuil anaérobie est un paramètre basé sur une théorie physiologique. Selon cette théorie, la teneur en acide lactique (lactate) du sang augmente de manière disproportionnée à une certaine intensité d'effort. Le seuil anaérobie (ANS) décrit la puissance maximale à laquelle le taux de lactate sanguin peut encore être maintenu constant pendant un effort continu. Dans les faits, il est toutefois possible de rouler avec des taux de lactate nettement plus élevés qu'au niveau du SNA, car le corps dispose de systèmes tampons. De plus, le VTT implique une variation constante de l'effort, de sorte que le lactate est évacué du muscle pendant les phases de moindre effort. En ce sens, le seuil anaérobie n'indique pas la limite de performance continue, mais l'état lors d'un effort défini.
La limite de performance continue dépend toutefois de la durée de l'effort : elle est plus élevée pour une course sur piste de 4 minutes que pour un contre-la-montre de 60 minutes, tant en termes de puissance que de fréquence cardiaque. Plus la compétition dure longtemps - à partir d'environ deux heures - plus le SNA peut caractériser l'effort continu. Votre course d'environ 1,5 heure a donc pu se dérouler avec une puissance supérieure au seuil anaérobie. Dans ce sens, vous aviez des valeurs de lactate nettement plus élevées que lors de l'ANS et vous avez couru dans la zone de développement ou de pointe.