Sebastian Lindner
· 03.07.2026
Vive le Tour ! L'événement cycliste le plus important de l'année, et l'un des plus grands événements sportifs au monde, débutera pour la troisième fois en Espagne en 2026. Cela s'était déjà produit trois ans auparavant, ce qui place les Ibères en meilleure position que les Français eux-mêmes en matière d'organisation des Grands Départs. Après le Pays basque et Bilbao, c’est désormais au tour de la Catalogne, avec sa ville à la fois mondaine et passionnée de sport, Barcelone, qui aura l'honneur d'ouvrir le bal.
Pour la première fois depuis 1971, le Tour reprend avec un contre-la-montre par équipes. Les 19,6 kilomètres à travers Barcelone à la tombée de la nuit débuteront pour les 23 équipes au Fòrum, dans le port de la métropole catalane. Après le départ donné au niveau de ce repère triangulaire, le parcours longe d’abord le front de mer, avant de serpenter à travers de nombreux virages jusqu’au centre-ville. Il passe notamment devant la Sagrada Familia, inaugurée en juin, qui est depuis le début de l’année la plus haute église du monde.
C'est là, après une bonne dizaine de kilomètres, que sera enregistré le deuxième des trois temps intermédiaires du contre-la-montre d'ouverture. Un troisième temps intermédiaire sera relevé cinq kilomètres plus loin, avant d'entamer la ligne droite finale. Le parcours remonte la montée finale vers le Montjuïc, la montagne emblématique de Barcelone, bien connue des participants au Tour de Catalogne. Une pente à 5 % s'étend sur un peu plus d'un kilomètre, avant qu'après une courte descente comprenant un tronçon plat, 800 mètres supplémentaires avec une pente moyenne de 7 % ne s'imposent. La montagne est ainsi attaquée sous un autre angle, avant que la ligne d'arrivée ne soit franchie au stade olympique de 1992.
Le fait que le contre-la-montre par équipe fasse à nouveau partie du programme du Tour après six ans d’absence (la dernière fois, c’était en 2019 à Bruxelles, lors de la 2e étape) a suscité un large consensus. Le fait qu’il se déroule selon le « mode A.S.O. », qui n’est d’ailleurs plus si nouveau que ça, a suscité un peu moins d’enthousiasme. Au lieu de chronométrer le temps après le troisième coureur, comme le veut la tradition, chaque professionnel est classé individuellement. Ralph Denk, PDG de Red Bull - BORA - hansgrohe, a ainsi parlé d’un « contre-la-montre individuel avec un long relais ».
Dans le cas particulier de Barcelone, cela pourrait toutefois profiter à l'un de ses capitaines. Red Bull aligne une équipe globalement très performante en contre-la-montre, emmenée par le champion du monde dans cette discipline. Remco Evenepoel figure parmi les candidats les plus prometteurs pour décrocher le premier maillot jaune du Tour de France 2026. À 26 ans, il allie comme nul autre des qualités en contre-la-montre et sur les courtes ascensions.
Cependant, Visma | Lease a Bike et UAE Emirates - XRG alignent également des équipes solides, particulièrement bien armées pour la course contre la montre. Mais la question est de savoir combien de temps les équipes resteront ensemble, compte tenu du format de l'épreuve et surtout du parcours sinueux, qui exige un réglage extrêmement précis lors d'un contre-la-montre. Au plus tard pour les 800 derniers mètres de montée, les capitaines se passeront de leurs coéquipiers, voire parfois aborderont seuls, accompagnés uniquement de leur dernier coéquipier, la première montée à partir de quatre kilomètres de l'arrivée. Mais à cet égard, aussi bien Evenepoel avec Florian Lipowitz que Jonas Vingegaard avec Sepp Kuss ou Matteo Jorgenson, sans oublier le grand favori pour la victoire au classement général, Tadej Pogacar, avec Isaac Del Toro, sont parfaitement bien placés.
Pour Pogacar en particulier, un effort supplémentaire pourrait s'avérer payant dans sa quête de nouveaux records. En 1971, lorsque le dernier Tour à ce jour a débuté par un contre-la-montre, c'est le la légendaire équipe Molteni, emmenée par Eddy Merckx. Le Belge a endossé le maillot jaune et a finalement remporté le Tour. Entre-temps, il avait toutefois dû céder le maillot à un autre coureur. En cas de victoire – et si l’intérêt est au rendez-vous –, Pogacar aurait donc la possibilité de porter le maillot jaune pendant tout le Tour, compte tenu du tracé qui reste difficile le lendemain. Ni Merckx ni personne d’autre n’y est parvenu dans l’« ère moderne » du Tour. À l’époque où le Tour avait encore un autre caractère, lorsque les étapes pouvaient facilement atteindre 400 kilomètres voire plus et qu’une journée de repos suivait chaque étape, l’Italien Ottavio Bottecchia y était toutefois parvenu en 1924.