Sebastian Lindner
· 17.07.2026
C'est à Mulhouse, tout près de la frontière allemande, que prendra le départ la 14e étape, qui se déroulera principalement dans les Vosges. Avec 3 800 mètres de dénivelé, cette journée s'annonce comme un véritable spectacle de montagne. Et cela commence dès le début. Dès que le sprint intermédiaire aura été franchi, après un peu moins de 13 kilomètres, s'engagera la montée de 22 kilomètres en deux temps vers le Grand Ballon (1re catégorie). Le plus haut sommet des Vosges sera franchi à 1 336 mètres d'altitude.
Peu après le sommet, le parcours traverse Le Haag avant de se diriger vers le premier passage de la ligne d'arrivée, dans la station de ski du Markstein. Ces six kilomètres entre les deux localités sont parcourus deux fois. En effet, après la ligne d’arrivée, le parcours décrit une véritable boucle sur laquelle sont franchies certaines des ascensions les plus marquantes des Vosges. En passant par le col d’Oderen (non classé), le parcours se poursuit vers le col du Page (2e catégorie), descend vers Bussang, puis – comme la veille – repasse par le col d’Alsace (1re catégorie).
S'ensuit à nouveau une longue descente, puis une autre montée non classée, le col du Hundsruck, avant d'aborder une première. C'est par une ascension de plus de onze kilomètres, avec une pente moyenne d'un peu plus de 7 %, qui a récemment été aménagée pour passer d'un chemin forestier sinueux à une piste praticable en vélo de course, que l'on gravit le col du Haag (1re catégorie). La pente moyenne est trompeuse, car elle inclut une courte descente intermédiaire. De longs tronçons affichent une pente avoisinant les 9 %.
Les six kilomètres qui séparent le col de l'arrivée sont toutefois plats, voire en légère descente.
C'est dans les Vosges que se profile l'une des journées les plus difficiles de tout le Tour. Certes, l'étape est assez courte, mais il faudra grimper dès le départ : ce sera soit de la montée, soit de la descente, souvent sur des routes étroites. Cela implique une concentration totale pendant ces quatre bonnes heures. Ça va être intense.
Surtout pour les coureurs au classement général. Ici, personne ne peut se cacher : le moindre passage à vide est immédiatement sanctionné. La grande question du jour est la suivante : quand Pogacar va-t-il attaquer ? La dernière ascension s’y prête particulièrement bien, car c’est la plus raide. Mais Pogacar mène de toute façon sa propre course, même si Jonas Vingegaard (Team Visma | Lease a Bike) ne veut pas encore l’admettre. Et dans la lutte pour la deuxième place, ou du moins la troisième, différentes tactiques seront mises en œuvre.
Comme presque toutes les équipes de pointe ont encore deux coureurs bien placés dans la course, une attaque précoce menée par l’un d’entre eux pour mettre la pression sur les concurrents est envisageable. Le Ballon d’Alsace s’y prêterait bien, mais une offensive très précoce avec le premier groupe de tête serait également envisageable, même si celui-ci pourrait alors avoir du mal à vraiment s’échapper.
Cette étape a en tout cas le potentiel de bouleverser la lutte, assez serrée derrière Pogacar, pour les places d'honneur.