Danger sur les sentiersAttention, les chenilles arrivent !

Dimitri Lehner

 · 29.06.2026

La chenille processionnaire du chêne : des poils urticants toxiques. Il faut prendre ces avertissements au sérieux.
Photo : dpa-pa / Nico Tapia
Ils ne pèsent que quelques grammes. Pourtant, ils peuvent mettre brusquement fin à une sortie. Depuis mai, les chenilles processionnaires du chêne ont refait leur apparition dans les forêts allemandes. À vélo, il suffit d'une rafale de vent pour entrer en contact avec leurs poils urticants toxiques.

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Le parcours se déroule à merveille. Le soleil, les virages, le vrombissement des pneus sur le sol de la forêt. Puis, soudain, la peau commence à brûler. Les bras démangent. Les yeux larmoient. Ce qui ressemble à une réaction allergique peut en réalité être une rencontre avec l’un des habitants les plus désagréables des forêts allemandes : la chenille processionnaire du chêne. Cela peut arriver aux vététistes, aux adeptes du gravel et aux cyclistes sur route.

Entre mai et juillet, les chenilles sont en pleine saison. Les régions chaudes et sèches, riches en chênaies, sont particulièrement touchées. Favorisées par le changement climatique, les zones de prédilection de ces chenilles ne cessent de s’étendre vers le nord. Ces insectes vivent en grandes colonies et se déplacent souvent en file indienne, formant de longues rangées sur les troncs d’arbres, les sentiers, les chemins forestiers et les pistes cyclables – d’où leur nom. Dans les forêts de pins, comme par exemple dans le Vinschgau, on rencontre la chenille processionnaire du pin, une espèce très proche.

Le problème ne vient pas des chenilles elles-mêmes, mais de ce qu’on appelle leurs « poils urticants ». À partir du troisième stade larvaire, ces animaux développent des centaines de milliers de poils creux microscopiques contenant une substance urticante. Le vent, les randonneurs ou les cyclistes les font tourbillonner. Ces poils peuvent être transportés dans les airs sur plusieurs mètres et se collent à la peau, aux vêtements ou à l'équipement.

L'envie de rouler

Les conséquences vont de simples irritations cutanées gênantes à de graves problèmes de santé. On observe généralement des urticaires très prurigineuses, des rougeurs et de petites vésicules. Si les poils pénètrent dans les yeux, ils peuvent provoquer des inflammations douloureuses, comme par exemple une conjonctivite gênante. S'ils sont inhalés, ils peuvent entraîner une toux, des difficultés respiratoires ou, dans de rares cas, voire des réactions de choc allergique.

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Ce qui est particulièrement insidieux, c'est que les poils urticants restent actifs pendant des mois. Même les anciens nids au sol ou sur les talus peuvent encore provoquer des désagréments.

La chenille processionnaire du chêne a elle aussi des droits

Malgré toutes les démangeaisons qu’elle provoque, il faut savoir que la chenille processionnaire du chêne n’est pas un ravageur au sens classique du terme, mais fait partie intégrante de notre écosystème. Cette chenille fait partie de la faune locale depuis des siècles et a tout à fait le droit de se trouver sur le chêne. Elle ne devient problématique que lorsque ses populations explosent.

Pourquoi cela arrive-t-il plus souvent aujourd'hui ? L'une des raisons tient aux étés de plus en plus chauds et secs. À cela s'ajoute la disparition de nombreux prédateurs naturels. Les chauves-souris, les coucous, les guêpes parasitoïdes ou les coléoptères prédateurs maintiennent normalement leurs populations sous contrôle. Là où ces auxiliaires se sont raréfiés, les chenilles peuvent se multiplier en masse.

C'est pourquoi les défenseurs de la nature recommandent de ne lutter contre les nids que là où il existe un réel danger pour les humains – par exemple près des écoles, des aires de jeux, des campings ou des sentiers très fréquentés. En forêt, ces animaux peuvent, dans de nombreux endroits, simplement vivre leur vie de chenille.

Il est également important de la distinguer de la phalène des toiles, qui est inoffensive. Ses toiles blanches recouvrent parfois des arbustes et des arbres entiers et offrent un spectacle impressionnant, voire effrayant pour certains. Contrairement à la chenille processionnaire du chêne, la phalène à toile ne possède toutefois pas de poils urticants toxiques et ne présente aucun danger pour l'homme. Ses toiles disparaissent d'elles-mêmes au bout d'un certain temps.

En bref : toutes les toiles d'araignées que l'on trouve en forêt ne constituent pas un risque pour la santé. Mais il faut prendre au sérieux chaque panneau d'avertissement concernant les chenilles processionnaires. Car la chenille n'y est pour rien si elle est venimeuse – l'éruption cutanée démange quand même.

Identifier un danger, et ensuite ?

Un panneau d'avertissement à l'orée de la forêt devrait suffire aux cyclistes pour changer d'itinéraire. En y regardant de plus près, on découvre souvent sur les troncs de chênes des toiles gris-blanc qui ressemblent à des boules de coton et peuvent atteindre la taille d'un ballon de football.

N'y touchez pas. Il ne faut ni toucher ni retirer les nids. Même les nids apparemment abandonnés peuvent encore contenir des millions de poils toxiques.

Ne touchez en aucun cas les chenilles si vous voulez les aider à passer leur chemin : c'est comme plonger la main dans de la laine de verre.

Que faire après un contact ?

Toute personne ayant traversé une zone infestée et constatant l'apparition de symptômes doit changer de vêtements et les laver le plus rapidement possible. Elle doit ensuite prendre une douche et se laver soigneusement les cheveux. Il faut éviter de se frotter les yeux et, dans la mesure du possible, de se gratter les zones cutanées touchées.

En cas de difficultés respiratoires, de vertiges ou de réactions allergiques graves, composez immédiatement le numéro d'urgence.

La règle la plus importante : la chenille processionnaire du chêne n'est pas une raison pour renoncer au vélo. En prenant au sérieux les avertissements et en évitant les zones infestées, on réduit considérablement le risque. Autrement dit : contre les racines, les rochers et les terrains caillouteux, c'est la technique de pilotage qui aide. Contre un nuage de poils urticants, seule la distance est efficace.

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Dimitri Lehner is a qualified sports scientist. He studied at the German Sport University Cologne. He is fascinated by almost every discipline of fun sports - besides biking, his favourites are windsurfing, skiing and skydiving. His latest passion: the gravel bike. He recently rode it from Munich to the Baltic Sea - and found it marvellous. And exhausting. Wonderfully exhausting!

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