Sebastian Lindner
· 11.09.2026
Qu'il s'agisse de l'étape reine ou simplement d'une nouvelle étape extrêmement difficile de cette Vuelta : l'avant-dernière étape du tour à travers la Sierra Nevada mettra une nouvelle fois les coureurs du classement général à rude épreuve avec ses 4 900 mètres de dénivelé. Mais la journée, qui démarre pour la première fois de l’histoire de la course à La Calahorra, ne commence réellement qu’après 80 kilomètres. En effet, les coureurs devront d’abord affronter de nombreux kilomètres en descente, contrastant avec un seul petit col (3e catégorie), dont la pente moyenne est inférieure à 4 % et qui ne servira qu’à se mettre en jambe.
Mais ensuite, Grenade – étape de la Vuelta prévue le lendemain – vient d’être franchie, et les choses sérieuses commencent. Sur un circuit en partie improvisé, le Puerto de El Purche (1re catégorie) sera d’abord franchi à deux reprises. Jusqu’au début du mois d’août, il n’était initialement prévu qu’une seule fois au programme. Mais les organisateurs ont dû abandonner leur idée initiale. Dès février, un glissement de terrain avait endommagé les voies d’accès à l’Alto de Hazallanas, qui devait initialement être franchi deux fois. Comme tous les problèmes n’avaient toujours pas été résolus peu avant le départ de la Vuelta, ce col a finalement été supprimé du parcours.
En contrepartie, on a désormais le double El Purche. Et comme un col supplémentaire ne peut pas remplacer les deux qui ont été supprimés, le Puerto de El Duque (1re catégorie) fait son entrée. Et c'est une véritable nouveauté : il sera franchi pour la première fois lors de la Vuelta. Le circuit passant par El Duque fait suite, à l'est, à celui d'El Purche. Un tronçon du parcours sera ainsi parcouru à trois reprises.
Ces deux cols sont assez similaires tant en longueur qu'en pente. Avec une pente moyenne d'un peu plus de 8 %, le Purche est toutefois légèrement plus long, avec un peu plus de huit kilomètres. Son profil présente en outre une petite descente juste avant le sommet.
Après le « triple », les coureurs quittent le circuit et s’engagent sur la dernière montée menant au Collado del Alguacil (catégorie spéciale). Ce col fait non seulement ses débuts dans la Vuelta, mais il n’a encore jamais été parcouru en course dans l’histoire du cyclisme professionnel. Et l’Alguacil mérite bien sa catégorie spéciale. Sur ces huit bons kilomètres, la pente moyenne ne descend brièvement sous les 9 % qu’au tout début. En moyenne, elle est de 10 %, avec des pics pouvant atteindre 22 %.
Primoz Roglic (Red Bull - BORA - hansgrohe) a tenté sa chance la veille, tout comme Felix Gall (Decathlon CMA CGM) lors de plusieurs étapes de la deuxième semaine de course. Le résultat a toujours été le même : Enric Mas (Movistar Team) a repoussé toutes les attaques visant le maillot rouge avec une maîtrise que l'on n'avait pas vue chez l'Espagnol par le passé. C'est donc lors de cette dernière journée très difficile de la Vuelta qu'il devra désormais passer son examen de champion.
Outre ses jambes, ce coureur, jusqu’à présent plutôt connu comme « l’éternel deuxième », devra aussi faire preuve de sang-froid. Les attaques de Gall et de Roglic ne manqueront pas de se reproduire. L’Autrichien, en particulier, devrait être à l’aise dans cette dernière montée, vraiment sacrément raide. Mais en temps normal, il ne pourra en aucun cas rattraper trois minutes de retard. Il est également difficile d’imaginer que Roglic parvienne à rattraper la moitié de ce retard. Et il lui faudrait non pas moins, mais même un peu plus pour remporter la Vuelta pour la cinquième fois.
Il faut plutôt s'attendre à ce que Mas connaisse une nouvelle journée relativement calme. La victoire d'étape ne sera une fois de plus pas à l'ordre du jour pour les favoris, car aucun d'entre eux ne dispose de l'équipe nécessaire pour suivre un groupe. C'est ce qui s'est vérifié lors des dernières étapes de montagne.
Et Gall et Roglic vont se jauger mutuellement, si bien que Mas n'aura en fait qu'à rester dans leur sillage. Il ne faut pas s'attendre à ce que Gall prenne de risques, car la troisième place – voire une éventuelle deuxième place – constituerait pour l'Autrichien, outre son podium au Giro cette année, le plus grand succès de sa carrière.
Roglic pourrait plutôt tout miser sur une seule carte. Avec le courage que donne le désespoir, le cycliste de 36 ans pourrait éventuellement tenter sa chance et, pour espérer décrocher le maillot rouge, risquer de perdre la deuxième place, voire plus, car pour le Slovène, seules les victoires comptent désormais. En fin de compte, ce sont plutôt ses jambes qui pourraient l'empêcher de mener à bien une telle entreprise.