Julian Schultz
· 25.06.2024
Quatre jours avant le Grand Départ du Tour de France de cette année, Wilier a officiellement levé le rideau et présenté un tout nouveau vélo de compétition, le Verticale. Cette machine légère remplace le Zero SLR, que les Italiens avaient dans leur gamme pour les étapes de montagne difficiles. Cette nouveauté a déjà fait ses débuts en course, mais le Verticale devrait être rarement utilisé par les équipes Astana Qazaqstan et Groupama-FDJ. En effet, les deux équipes peuvent compter sur le Filante SLR, un vélo polyvalent qui peut être utilisé dans le cadre de la course. Test TOUR convainc par son faible poids et son bon aérodynamisme.
Le Verticale SLR, en revanche, est comparativement unidimensionnel et se définit principalement par sa construction légère. Wilier annonce 1663 grammes pour l'ensemble cadre (cadre, fourche, guidon et tige de selle) en taille M. Par rapport à la Zero SLR, que nous avions montée avec un vieux Shimano Dura-Ace et des roues de Corima pesant 6,8 kilos sur la balance, elle devrait permettre de gagner 156 grammes. Cela devrait permettre d'obtenir des roues complètes sous la limite de poids de l'UCI.
Ce poids de rêve est notamment dû à un nouveau procédé de moulage. Il consiste à placer des matelas de carbone imprégnés de résine autour d'une mousse "qui s'adapte pendant le durcissement". 400 pièces de ce que l'on appelle les pré-imprégnés sont nécessaires pour un cadre. Pour les fibres de carbone du spécialiste japonais Toray, Wilier mise sur trois types (T800, T1100, M46JB) avec différentes résistances à la traction.
La géométrie du cadre est globalement plus sportive que celle du Zero SLR. Alors que la hauteur réelle du cadre (stack) est restée presque inchangée selon les indications du fabricant, la longueur réelle du cadre (reach) augmente. Pour la taille de cadre moyenne M, cela donne une valeur STR de 1,40 - même pour les cyclistes plus entraînés, c'est une position d'assise extrêmement racing.
Les Italiens ne donnent aucune indication sur les performances aéro. Malgré un nouveau cockpit en carbone qui devrait placer le pilote dans une position plus aérodynamique, il ne faut globalement pas s'attendre à un grand saut par rapport à la Zero SLR (220 watts). L'écart avec la Filante SLR rapide (214 watts) reste donc le même. Pour situer les choses : des vélos légers comparables comme le Bianchi Specialissima RC (222 watts), Canyon Ultimate CFR (222 watts) ou Storck Aernario.3 Platinum (220 watts) se situent dans des dimensions similaires à celles du Zero ou du Verticale.
L'ensemble guidon/potence se caractérise également par une surface d'appui plus large sur le guidon supérieur étroit (370 ou 390 millimètres) et un nouveau passage des câbles. Autre nouveauté : la tige de selle, qui offre désormais des logements pour le feu arrière ou le porte-dossard, ainsi qu'un dérailleur UDH.
Le Verticale est disponible en sept variantes d'équipement et six tailles de cadre. Tous les modèles sont équipés de groupes de vitesses électroniques Campagnolo, Shimano ou SRAM et peuvent être dotés d'un powermeter. Pour les roues, Wilier mise sur les versions de sa filiale Miche. Les modèles haut de gamme sont équipés des nouvelles Kleos RD 36, qui pèsent 1390 grammes selon les indications du fabricant. Le feu arrière pour la tige de selle et un support pour l'ordinateur font partie de l'équipement de série.
Vu le niveau de prix élevé, on est en droit de s'attendre à ce qu'il en soit de même, puisque le Verticale SLR avec Shimano Ultegra ou SRAM Force coûte 9900 euros. Avec les meilleurs groupes Dura-Ace, Red AXS et Super Record WRL les prix se situent entre 12000 et 13400 euros. On ne sait pas encore si Wilier proposera des variantes SL moins chères, comme le Filante ou le Zero, dans son portefeuille.

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