Un énorme tonnerre remplit la vallée de la Durance, les roches craquent, les planches de bois se fendent, les maisons s'effondrent. Des nuages de poussière obscurcissent le soleil. Les habitants de Savines, stupéfaits, voient leur village mourir. Un demi-siècle plus tard, la scène de 1955 défile en images noir et blanc sur l'écran du musée du film "Museoscope du Lac". Des images de gens qui mettent tous leurs biens à l'abri, empilent des canapés, des armoires, des commodes et des postes de radio sur des chariots en bois. Des images de colonnes de réfugiés comme dans un film de guerre. Mais ce sont des images des préparatifs de la construction du plus grand lac de barrage d'Europe. Trois villages, qui abritaient 1500 personnes, ont alors disparu dans les eaux retenues. Auparavant, on avait fait sauter les maisons, il ne fallait pas qu'elles apparaissent à marée basse et qu'elles n'éveillent pas de souvenirs nostalgiques. Puis l'eau arrive.
Comme par une porte du temps, on sort de la pénombre de la salle de projection pour entrer dans le soleil éclatant. Ce voyage dans le passé touche tous ceux qui visitent le musée du cinéma à l'extrémité sud du lac de Serre Ponçon. Le bâtiment moderne s'accroche au flanc de la montagne comme un mémorial, cent mètres plus bas, l'eau de la Durance retenue scintille. Un bouchon artificiel d'éboulis et de pierres ferme l'étroit passage de la rivière entre les parois rocheuses vers le sud,
La digue s'élève à 120 mètres de haut. Il ne reste plus grand-chose de l'ancienne violence de la Durance, dont les eaux s'alimentent pour moitié dans les glaciers du massif des Ecrins.
Le lac est aujourd'hui paisible, niché dans les sommets dénudés des Alpes du Sud. Ses rives dentelées dessinent la forme du paysage, comme si le lac voulait étreindre les montagnes. Les surfeurs dansent sur les vagues turquoises comme des taches de couleur. Au-dessus d'eux, de minuscules villages sont collés aux promontoires rocheux, des routes se faufilent dans un va-et-vient sauvage à travers les pentes creusées par l'érosion. Un jardin d'escalade pour les cyclistes qui aiment les montagnes au charme cassant : Les cols ne traversent pas des prairies alpines, mais des déserts d'éboulis - et leurs rampes sont depuis près d'un siècle un décor grandiose pour les drames du Tour de France.
Vous trouverez ces itinéraires dans le téléchargement PDF :
1er Tour du Lac
(90 kilomètres, 1.790 mètres de dénivelé, pente maximale de 8 pour cent)
Savines - le Sauze - Ubaye - St. Vincent-les-Forts - Col St. Jean (1.333 mètres) - Selonnet - Espinasses - Barrage de Serre-Ponçon - Col Lebraut (1.110 mètres) - Chorges - St. Apollinaire - Savines
2ème Col de Vars
(128 kilomètres, 1.900 mètres de dénivelé, pente maximale de 11 pour cent)
Savines - le Sauze - le Lauzet-Ubaye - Barcelonnette - Jausiers - Col de Vars (2.111 mètres) - Vars - Guillestre - Embrun - Savines
3. départ pour Gap
(99 kilomètres, 1.850 mètres de dénivelé, pente maximale de 10 pour cent)
Savines - Prunières - Chorges - les Borels - la Bâtie - Col de Manse (1.268 mètres) - Gap - Col de la Sentinelle (981 mètres) - Valserres - Remollon - Espinasses - Barrage de Serre-Ponçon - Col Lebraut (1.110 mètres) - Chorges - Prunières - Savines
4e Cime de la Bonette
(156/122 kilomètres, 2.622/2.022 mètres de dénivelé, 16 pour cent max.
de pente)
Savines - le Sauze - Ubaye - le Lauzet-Ubaye - Barcelonnette - Jausiers - Col de Restefond - Cime de la Bonette (2.802 mètres) - retour comme l'aller
Téléchargements :
Téléchargement