TOUR : Vous avez dit dans une interview qu'il n'y avait pas de communication sur le thème de la sécurité lors des courses cyclistes. Comment est-ce possible après des années de discussions ?
Hansen : Je pense que c'est parce que nous travaillons avec trop de parties différentes. Il y a l'UCI avec les règles, les organisateurs, qui sont nombreux et qui ont leur propre style, puis les motards dans les différentes courses qui ont leur propre idée de ce qui est sûr pour le cycliste. Et puis il y a les coureurs qui, à mon avis, savent ce qui est sûr, car ils vivent tout lors de différentes courses et voient les chutes de première main et connaissent la cause de la chute. Un peu de communication entre les coureurs et les autres parties pourrait être très utile.
TOUR : Après la chute de Fabio Jakobsen lors du Tour de Pologne 2020, l'UCI a introduit un gestionnaire de la sécurité - cela a-t-il amélioré la sécurité des courses cyclistes ?
Hansen : Pas que je sache - je ne savais pas que nous en avions un.
TOUR : Vous avez beaucoup parlé avec les coureurs au cours des dernières semaines. Quel était le principal problème qu'ils ont abordé ?
Hansen : Le thème principal était qu'il y a beaucoup de petites choses que l'on peut changer et qui feraient une grande différence. Les coureurs m'ont dit ce qui, selon eux, aiderait, mais il semble qu'ils fassent la sourde oreille. J'ai moi-même été coureur et je sais exactement ce qu'ils veulent dire, mais l'UCI ou l'organisateur de la course n'écoutent pas. C'est une question de communication, car les coureurs ont l'impression de ne pas être entendus et de ne pas être valorisés.
TOUR : Vous avez demandé que l'UCI établisse un ensemble de règles avec des normes de sécurité afin d'améliorer la sécurité lors des courses cyclistes. Qu'est-ce que l'UCI pourrait définir exactement dans ces règles ?
Hansen : Il se pourrait par exemple que les panneaux des sponsors fixés aux barrières se chevauchent au lieu d'avoir un petit espace. S'ils se chevauchent, un sprinter ne pourra pas se coincer la main en cas de sprint et s'approcher si près qu'il les touchera. C'est quelque chose de si petit, de si simple, qui ne coûte rien et qui éviterait quelques chutes. Si une moto doit revenir derrière le peloton et ne peut pas quitter la route, elle pourrait, au lieu de s'arrêter sur la route, rouler à une vitesse lente afin d'être avalée par le peloton. Ainsi, les coureurs ont plus de temps pour réagir et la moto revient beaucoup plus lentement. Ou encore, s'il y a un obstacle sur la route, la personne le repère et ne se place pas juste devant, mais à 40 mètres, pour que les coureurs aient plus de temps pour réagir. Ce ne sont là que quelques exemples dont je pense que l'UCI ou les organisateurs de courses n'ont aucune idée et qui permettraient d'éviter de nombreux accidents.
TOUR : Vous avez proposé que le temps pour le classement général soit pris à cinq kilomètres de l'arrivée afin de réduire le danger lors du sprint. Avez-vous reçu un retour de l'UCI ?
Hansen : Oui, et aussi par les organisateurs de la course. Eux aussi pensent que sur une étape où une ville paie pour que l'arrivée soit dans un final plutôt technique, il faudrait introduire une règle. Donc, si on autorise une finale technique, ce serait bien qu'il y ait une telle règle, pour éviter que 150 coureurs ne s'élancent sur les routes dans le final, mais aussi pour réduire le risque de chute.

Editor