Sebastian Lindner
· 08.08.2026
« Court et intense », telle est la devise de la dernière étape du Tour de France Femmes 2026. Avec seulement neuf étapes au programme, il n’y aura pas le temps pour un « Tour d’honneur », comme celui que les hommes effectuent à Paris. Le profil ne s’y prête d’ailleurs pas non plus. Il faudra franchir 2 100 mètres de dénivelé sur les 99 derniers kilomètres. Et comme souvent dans ce Tour, la première ascension commence dès le kilomètre 0. Le parcours de base consiste en une boucle passant par le col d’Èze, puis vers l’est jusqu’au village du même nom, avant de longer la côte en passant par Villefranche-sur-Mer pour revenir à Nice sur la Promenade des Anglais, empruntée dans le sens inverse de celui de la veille.
Les trois premières fois, on aborde le col par un détour un peu plus long vers le nord. 7,7 kilomètres à 5,9 % mènent au sommet du col, à 491 mètres d'altitude ; il est classé en 2e catégorie. La dernière fois, ce point sera atteint par l'itinéraire classique, tel qu'il figure dans le programme standard de Paris-Nice chez les hommes. En passant par le Chemin du Vinaigrier et le Col des Quatre Chemins, le parcours ne fait que six kilomètres, mais présente une pente raide de 7,6 %. Dans la partie centrale, sur un peu plus de 1 000 mètres, la pente atteint en moyenne 12 % – ce qui en fait alors une ascension de 1re catégorie.
Les 14 derniers kilomètres avant l'arrivée (à chaque tour) sont en descente. La descente est raide par endroits, et surtout dans la partie supérieure, elle est également technique car elle comporte de nombreux virages. Il faut donc faire preuve d'une grande maîtrise du pilotage.
À la veille de la dernière étape du Tour, tout se joue à nouveau à quelques secondes près. Huit secondes séparent Demi Vollering (FDJ United - SUEZ) de Kasia Niewiadoma (CANYON//SRAM) – et le fait que ce soit la Néerlandaise qui ait réussi à s'emparer du maillot jaune lors de la 8e étape a été à peu près aussi surprenant que le fait qu'elle ait dû d'abord le ravir à la Polonaise, après que celle-ci eut brillé la veille au Mont Ventoux.
La dernière journée s'annonce encore une fois très intense. Et tant que le maillot jaune n'aura pas franchi (pour la quatrième fois) la ligne d'arrivée, cela restera ainsi. Une maigre avance de quelques secondes sur une dernière étape difficile, c’est exactement ce que souhaitait l’A.S.O. Et ce sont là les ingrédients d’une finale explosive, dans laquelle Niewiadoma devra probablement passer à l’offensive tôt si elle veut dépasser à nouveau Vollering. Cela implique de prendre des risques.
Attendre la dernière ascension du col d’Èze, même si celle qui passe par le chemin du Vinaigrier et le col des Quatre Chemins est nettement plus difficile, comporte le risque que la Polonaise Vollering ne parvienne pas à s’échapper, d'autant plus qu'elle serait probablement perdante dans un sprint d'arrivée groupé et qu'elle ne pourrait de toute façon pas rattraper suffisamment de temps grâce aux bonifications. Elle doit donc tenter sa chance dès le troisième tour.
Il se pourrait également que Marlen Reusser (Movistar Team) revienne dans la course. C'est certes celle du trio qui supporte le moins bien les efforts irréguliers. Et au fond, la Suissesse devrait se contenter d'une troisième place sur le Tour. Mais au final, avec un retard d’un peu plus d’une minute, elle n’est pas encore hors course et a peut-être encore un atout dans sa manche. Si, lors de la grande finale, la gagnante ne faisait pas partie du trio des trois femmes les plus fortes de ce Tour, ce serait une véritable surprise.