Sebastian Lindner
· 23.07.2026
Avec seulement 128 kilomètres au programme de la 19e étape, il ne reste pas beaucoup de temps pour prendre son élan. Et c’est ainsi que, dès le départ lancé à Gap, les coureurs s’élancent vers le premier col de la journée, le col de Bayard (2e catégorie). Après avoir franchi les 300 premiers mètres de dénivelé de la journée, une courte descente mène directement à la prochaine épreuve : le col du Noyer (1re catégorie). Avec ses 7,2 kilomètres et une pente moyenne de 8,5 %, c'est là que les choses se compliquent vraiment pour la première fois de la journée.
Mais pendant les 25 kilomètres suivants, le parcours descend jusqu’au lac du Sautet puis vers Corps, où il croise celui de la veille ; c’est ici que s’était déroulé le sprint intermédiaire de la 18e étape. Cette fois-ci, cela se passe 35 kilomètres plus loin, au Périer, à une altitude similaire d’environ 900 mètres au-dessus du niveau de la mer. Mais le terrain recommence déjà à monter à cet endroit, car le col d’Ornon (2e catégorie) attend les coureurs. Après le sommet du col, la route descend vers Le Bourg-d’Oisans.
Et c'est là que commence la finale, car ce petit village de 2 600 habitants est la porte d'entrée vers l'une des ascensions les plus légendaires du Tour de France. Sur 13,8 kilomètres, avec une pente moyenne de 8,1 %, la route serpente à travers 21 virages en épingle à cheveux jusqu’à la station de sports d’hiver de l’Alpe d’Huez (catégorie HC).
Même s’il existe bel et bien des étapes qui ont figuré bien plus souvent au programme que l’Alpe d’Huez, qui est désormais parcourue pour la 32e fois, il n’y a guère d’endroit plus mythique. Du moins lorsque l’arrivée se fait par Le Bourg-d’Oisans, comme c’est le cas sur cette étape. Les deux derniers vainqueurs ici étaient des Britanniques, Geraint Thomas (2018) et Tom Pidcock (2022), ce dernier s’étant même imposé en échappée.
Cela n'arrivera sans doute pas cette fois-ci. Tadej Pogacar (UAE Team Emirates - XRG) a déjà remporté de nombreuses victoires, mais pas encore à l'Alpe d'Huez. Lui aussi souhaite ajouter cette ascension légendaire à son palmarès. Même si son équipe n’est certes pas décimée, mais tout de même nettement affaiblie, il mettra tout en œuvre pour décrocher la victoire d’étape ici, en tenant donc les échappés en laisse.
Il s'agit également de battre un record. En effet, le meilleur temps sur ces 13,8 kilomètres d'ascension est toujours détenu par Marco Pantani : 36 minutes et 50 secondes, établi en 1995. C'est précisément cette étape courte et, selon les standards de l'Alpe d'Huez, relativement facile, qui laisse penser que ce record devrait être battu après plus de 30 ans.
Soit dit en passant, l'enjeu reste bien sûr le podium du Tour. Remco Evenepoel (Red Bull - BORA - hansgrohe) n’est en aucun cas assuré de conserver la deuxième place ; Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) et Isaac Del Toro (UAE Team Emirates - XRG) continueront à se pousser mutuellement vers des performances de haut niveau dans la lutte pour le maillot blanc. Et c’est justement ce qu’il faudra pour pouvoir prétendre aux premières places à l’Alpe d’Huez.