Le rideau se lève sur la finale. Les organisateurs ont imaginé quelque chose d'inhabituel. La dernière étape, au départ et à l'arrivée à Nice, est conçue comme un court critérium de montagne de 99,2 kilomètres. Pas de fatigue préalable, pas de préliminaires. L’action démarre dès le départ. Le tracé promet un suspense maximal jusqu’à la fin, d’autant plus que la montée finale emprunte un chemin plus direct et plus raide vers le col d’Eze que lors des tours précédents. En montée, il faudra venir à bout de pentes pouvant atteindre brièvement 13 % lors du dernier passage. Les 491 mètres de dénivelé par tour sont en principe sélectifs. Mais le suspense n’est pas réservé aux montées. L’arrivée au port de Nice s’effectue après une descente rapide comportant également quelques virages serrés.
Que la lutte pour le classement général soit encore ouverte ou qu'il ne s'agisse « que » de la victoire d'étape, la course promet un suspense à son comble.
Notre simulation du jour est une attaque sur la partie la plus raide du col d'Èze lors du dernier passage.
Quel rôle joue l'équipe pour que l'attaque aboutisse à une victoire d'étape ?
Dans les passages raides, c'est manifestement le poids qui fait la différence. Quand on s'attaque à une pente à 13 %, on veut sentir le moins possible le poids du vélo sous soi. Le poids minimum fixé par l'UCI est donc incontournable. Mais la pente s'adoucit ensuite, avant de laisser place à une descente. Là, il faut de la vitesse, donc une aérodynamique optimale.
Ceux qui ont suivi ce briefing technique jusqu'ici savent ce que cela signifie. Le vélo le plus rapide allie un poids minimal à un bon aérodynamisme. Notre simulation fournit des données concrètes à ce sujet : jusqu'à la ligne d'arrivée, le Cervélo S5 parcourt pas moins de 50 secondes d'avance par rapport à un vélo tout aussi léger, son modèle jumeau, le Cervélo R5.
Le Colnago Y1RS, qui occupe la deuxième place, illustre bien l'impact de 400 grammes de poids supplémentaire : en montée, ce vélo perd ainsi cinq secondes par rapport à un vélo au poids minimal. Le Ridley Noah Fast, plus lourd de 900 grammes, perd quant à lui 11 secondes en montée. Cela montre à quel point il est important d’alléger les vélos au plus juste pour atteindre les 6,8 kilos. Et cela d’autant plus que la cycliste est légère.
Renoncer aux 400 derniers grammes pour des raisons de sponsoring est tout à fait incompréhensible. Quand la course est serrée, chaque gramme compte.
Mais pour conserver son avance jusqu'à l'arrivée, tout le reste doit également être au point. La simulation montre que, d'un point de vue technique, le chrono est encore plus mis à rude épreuve en descente – bien que le temps de parcours absolu en descente soit bien plus court.
Aperçu du plateau (presque) complet* :
Sur la base de nos propres essais en soufflerie, nous réalisons des calculs de simulation pour le briefing technique du Tour de France. Comment TOUR procède-t-il à ses essais : essai d'un vélo de course aérodynamique en soufflerie.
Nous cherchons à déterminer quelles roues peuvent offrir un avantage technique dans quelle situation. Les variables que nous pouvons modifier dans la simulation sont le poids des roues, le poids du cycliste, l'inertie des roues, le coefficient de traînée aérodynamique, le coefficient de résistance au roulement et le rendement de la chaîne cinématique.
Pour modéliser les temps de parcours, nous utilisons des performances et des poids réalistes pour les coureurs, que nous combinons avec nos données issues de la soufflerie, puis nous faisons courir virtuellement les coureurs sur des tronçons de parcours sélectionnés, que nous extrayons des données officielles du parcours ; les profils altimétriques qui en découlent jouent ici un rôle central. La modélisation inclut également des virages dans lesquels nous pouvons freiner de manière réaliste, ainsi que des profils de puissance réglables adaptés à différents types de coureurs. Nous faisons ainsi la distinction entre les accélérations en montée et les véritables sprints finaux. Au final, tout cela rend la simulation très réaliste. Ce que nous ne pouvons pas reproduire, ce sont les effets liés à la dynamique de conduite, tels que le comportement individuel des roues sur différents revêtements.
Les temps de parcours calculés pour les tronçons décisifs de la course mettent en évidence l'influence des roues – à condition que les coureurs adoptent toujours le même comportement dans un scénario donné.

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