Le briefing TOUR Tech de la 12e étape du Tour de France 2024

Robert Kühnen

 · 10.07.2024

Le briefing TOUR Tech de la 12e étape du Tour de France 2024Photo : Getty Images/Tim de Waele
Une échappée peut-elle s'imposer lors de la 12e étape ?
Du 29 juin au 21 juillet, les meilleurs cyclistes du monde s'affronteront lors du Tour de France. La victoire ou la défaite sur les routes de France ne dépend pas seulement des jambes, mais aussi du matériel. Le briefing de TOUR Tech sur la 12e étape.

Sujets dans cet article

Tour de France 2024 - 12ème étape : Aurillac - Villeneuve-sur-Lot | 203,6 kilomètres

Le profil d'altitude de la 12e étapePhoto : A.S.O.Le profil d'altitude de la 12e étape

Sur le papier, la douzième étape ne présente pas de grandes difficultés. Sur 204 kilomètres, il y a 2200 mètres de dénivelé à franchir. Le début est encore un peu montagneux, mais l'étape s'essouffle vers la fin. Le déroulement de la course dépend beaucoup de la veille et de la motivation. La veille a été très dure, les sprinteurs ont peut-être terminé dans la dernière ligne droite.

En principe, il peut y avoir les deux : un sprint massif ou une échappée réussie. Si un bon groupe part tôt, avant le premier classement de la quatrième catégorie, il est possible qu'il mène la vie dure aux équipes de sprinteurs. Avec la bonne composition, de tels groupes d'échappés ont déjà pris une telle avance dans la deuxième moitié du Tour que les équipes de sprinters n'ont pas pu rattraper leur retard. La règle empirique est la suivante : une minute par 10 kilomètres est considérée comme rattrapable (par exemple 47 vs. 43 km/h). Dans les dix à vingt derniers kilomètres, deux minutes par 10 kilomètres sont également possibles si les échappés sont à plat et que le peloton de sprinters prend les choses au sérieux et roule à une moyenne de 55 km/h ou plus (et que l'échappée n'atteint "que" 46 km/h).

Articles les plus lus

1

2

3

Le fait que plusieurs équipes de sprinters soient rentrées bredouilles jusqu'à présent plaide contre l'échappée, et c'est la troisième et dernière occasion de changer cela. La cohésion de l'équipe de sprinters est toujours présente, l'échappée ne fonctionne bien que si la constellation est bonne. Cela implique que personne qui est encore à portée de main au classement général ne peut faire partie du groupe. Un sprinter fort est également un poison pour une échappée. L'idéal est que plusieurs coureurs de force similaire aient des chances réelles de terminer l'échappée en vainqueur.

Comment trouvez-vous cet article ?

Dans notre simulation, nous partons du principe que l'action commence peu après le signal de départ et qu'un grand groupe se forme tôt. Quelle serait alors l'influence du matériel pour une échappée de 175 kilomètres ?

Chiffre du jour : 6:04 minutes

6:04 minutes, c'est l'économie mathématique réalisée par le vélo aéro le plus rapide sur les 175 kilomètres d'échappée que nous simulons, par rapport au vélo le plus lent du peloton.

Le vélo contribue donc en partie à la réussite d'une échappée. Mais la composition du groupe, une conduite efficace et un bon rythme sont essentiels. Après une phase initiale orageuse, les échappés devraient garder une réserve pour pouvoir résister correctement au peloton oppressant dans le final. Les équipes de sprinters pourraient alors se tromper de calcul.

Vue d'ensemble de la (presque) totalité du champ*.

Le terrain en brefPhoto : Robert Kühnen

*) Les calculs sont basés sur les vélos testés par TOUR en laboratoire et en soufflerie. Les machines du Tour de France peuvent s'en écarter dans les détails. Nous n'avons évidemment pas non plus pu examiner des prototypes de dernière minute. Contexte de la simulation.

Pas de surprise : les bons vélos d'évasion sont des vélos aéro. Après tout, une fuite est en principe une course contre la montre.

Rétrospective de l'événement : Le sprint des champions du monde prolongé

Les vélos aérodynamiques sont aussi utilisés dans les sprints : Mardi, Mathieu van der Poel et son équipe Alpecin-Deceuninck ont réussi un lead-out parfait, quasiment digne d'un champion du monde, assorti à leur maillot. A 1400 mètres de l'arrivée, l'équipe Alpecin était en tête avec quatre hommes et formait le peloton de tête. A côté, Christophe Laporte de Visma | Lease a Bike se battait en tant que coureur solitaire pour Wout van Aert. Alpecin s'est maintenu en tête à travers la combinaison de virages, van Aert a perdu le contact avec Laporte et van der Poel a lancé son sprint lead-out juste avant la marque des 400 mètres, accélérant à pleine vitesse de sprint et offrant ainsi à Jasper Philipsen une rampe de lancement parfaite. Ce dernier a prolongé le sprint et a pu s'imposer avec une longueur de roue. Les coureurs derrière lui ont rattrapé leur retard, mais n'ont pas pu compenser complètement leur désavantage de position. Le premier sprint vraiment ordonné de ce Tour a donné un résultat tout aussi clair et montre que la méthode du lead-out fonctionne toujours lorsque la mise en œuvre est aussi bien réussie que lors de la 10ème étape.

Notre expert

                               Photo : Robert Kühnen

Robert Kühnen a étudié l'ingénierie mécanique, écrit pour TOUR sur des sujets techniques et d'entraînement et développe des méthodes de test. Robert affine les calculs de simulation depuis des années, ils sont également utilisés par des équipes professionnelles.



Les plus lus dans la rubrique Professionnel - Cyclisme