3100 mètres de dénivelé attendent les échappés, qui se détacheront assez sûrement du peloton et finiront par s'imposer. La montée la plus marquante est le col de la Croix Saint-Robert, à 1451 mètres d'altitude, avec une pente moyenne de 6,3 pour cent sur six kilomètres. La difficulté de la 10e étape du Tour de France réside moins dans la longueur et la raideur des montées que dans leur fréquence. Le profil d'altitude ressemble à une lame de scie, il monte et descend sans cesse. Ceux qui décident de s'échapper ici doivent donc être résistants à la vitesse et à l'escalade.
Dans les étapes de montagne, nous avons vu que les équipes ont adopté différentes stratégies dans le choix du matériel. Certaines équipes ont roulé uniformément sur des vélos aérodynamiques, d'autres ont laissé à leurs coureurs la liberté de choisir un vélo léger ou un vélo aérodynamique.
Nous avons modélisé l'étape entière pour répondre à cette question. Notre hypothèse à ce sujet est un peu simplifiée : attaque au kilomètre zéro et ensuite chevauchée solitaire sur toute la distance. Dans ces conditions, c'est sans surprise un modèle aéro qui s'impose. Canyon Aeroad, Cervelo S5 et Cannondale System Six sont en tête. L'avantage arithmétique de Canyon repose sur son poids inférieur à celui de Cervelo. Mais l'effet n'est pas fort - 11 secondes sur l'ensemble du parcours. Les vélos à faible aérodynamisme sont en retard de plusieurs minutes.
Le vélo le plus lent de notre liste est plus lent que le plus rapide de près de sept minutes dans les conditions mentionnées. Cela montre que le choix du vélo est assez significatif pour une échappée. Dans aucun autre scénario, des écarts de temps aussi importants ne sont possibles.
Il est toutefois peu probable qu'une échappée fasse tout le parcours en solitaire. Les grands gaillards de la trempe de Jens Voigt, qui s'est échappé seul en cas de besoin, ne se sont pas encore distingués sur ce Tour de France. Dans un groupe, l'effet matériel est réduit par le drafting. Mais la caractéristique reste fondamentalement la même. Ceux qui souhaitent s'échapper lors de cette étape devraient utiliser une configuration aéro et être en principe très économes avec leur énergie. Les 24 derniers kilomètres sont presque entièrement en descente. Celui qui veut garder une avance sur plusieurs poursuivants doit avoir un aérodynamisme de pointe. En cas de sprint d'un groupe d'échappés, l'aérodynamisme est également un atout : le final est presque plat. Avant la marque des 1000 mètres, il y a une petite mini-vague, les derniers 1000 mètres montent de quatre mètres.
Notre pilote de course modèle réduit a besoin d'une moyenne de 300 W pour parcourir le circuit à une moyenne de 38,8 km/h. Il a donc besoin d'une puissance de 300 W pour atteindre sa vitesse maximale.
*) Les calculs sont basés sur les vélos testés par TOUR en laboratoire et en soufflerie. Les machines du Tour de France peuvent s'en écarter dans les détails. Nous n'avons évidemment pas non plus pu examiner des prototypes de dernière minute. Contexte de la simulation.
Robert Kühnen a étudié l'ingénierie mécanique, écrit pour TOUR sur des sujets techniques et d'entraînement et développe des méthodes de test. Robert affine les calculs de simulation depuis des années, ils sont également utilisés par des équipes professionnelles.