Grand Prix cycliste de QuébecCoup d'envoi des classiques canadiennes

Leon Weidner

 · 10.09.2026

Grand Prix cycliste de Québec : coup d'envoi des classiques canadiennesPhoto : Getty Images/Szymon Gruchalski
Julian Alaphilippe a créé la surprise en remportant le Grand Prix cycliste de Québec 2025
Le Grand Prix Cycliste de Québec figure depuis de nombreuses années parmi les deux classiques canadiennes qui se disputent traditionnellement en fin de saison. Cette année, les Championnats du monde viennent s'ajouter à ces événements pour en faire un moment fort tout à fait particulier.

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Lorsque le WorldTour se rendra au Canada en septembre, de nombreux coureurs auront d’abord les yeux rivés sur les Championnats du monde. Mais avant de se disputer les maillots arc-en-ciel, deux des courses d’un jour les plus passionnantes de l’automne sont au programme : le Grand Prix cycliste de Québec et le Grand Prix cycliste de Montréal. Le Grand Prix de Québec, en particulier, jouit d’une réputation particulière au sein du peloton. En effet, sur le papier, cette course semble être l’affaire des coureurs de classiques spécialisés dans les sprints. Mais en réalité, son profil exigeant réserve régulièrement des surprises.

Depuis sa création en 2010, cette course s'est imposée comme un rendez-vous incontournable du calendrier du WorldTour. Le mélange entre un circuit urbain, de nombreux changements de direction, de courtes montées redoutables et une ambiance qui rappelle à de nombreux coureurs les classiques de printemps fait du Grand Prix Cycliste de Québec l’une des courses les plus populaires d’Amérique du Nord. Le palmarès n’en est que plus prestigieux, avec des noms tels que Peter Sagan, Simon Gerrans, Michael Matthews et, plus récemment, Julian Alaphilippe.

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Le parcours du Grand Prix cycliste de Québec

Le parcours du Grand Prix cycliste de QuébecPhoto : GPCQMLe parcours du Grand Prix cycliste de Québec

Le Grand Prix Cycliste de Québec se déroule sur un circuit tracé dans le centre historique de Québec. Les coureurs effectuent plusieurs tours du circuit et repassent ainsi à plusieurs reprises par les mêmes points clés. Cela crée non seulement une ambiance particulière le long du parcours, mais donne également lieu à une course trépidante et exigeante sur le plan tactique. Pour réussir, il faut parfaitement gérer ses efforts pendant des heures tout en restant vigilant à tout moment.

La Côte de la Montagne est au cœur de l'épreuve. Avec ses quelque 600 mètres, cette montée est certes relativement courte, mais elle n'en reste pas moins exigeante, avec une pente moyenne d'environ 9 % et des passages pouvant atteindre 13 %. Après plusieurs heures de course, cette montée devient un véritable défi pour les professionnels. C'est là que se creusent régulièrement des écarts décisifs qui fragmentent la course en groupes de favoris.

​La décision ne sera prise qu'après la dernière montée

Le tracé de la finale est particulièrement intéressant. Après la Côte de la Montagne, les coureurs n’atteignent pas immédiatement la ligne d’arrivée. Ils doivent en effet encore franchir un tronçon en légère montée avant d’atteindre les plaines d’Abraham. Il ne suffit donc pas d’être simplement explosif. Pour l’emporter, il faut encore avoir suffisamment de force après l’attaque ou l’accélération décisive pour défendre son avance jusqu’à la ligne d’arrivée ou pour trouver le meilleur démarrage dans le sprint d’un petit groupe. C’est précisément cette combinaison qui fait du Québec une course idéale pour les puncheurs et les coureurs polyvalents classiques. Les sprinteurs purs sont généralement distancés bien avant, tandis que les grimpeurs purs possèdent rarement le punch nécessaire pour la finale.

Les favoris

Le tenant du titre, Julian Alaphilippe, ayant entre-temps mis un terme à sa carrière, il est d’ores et déjà certain, avant même le départ, que le Québec 2026 aura un nouveau vainqueur. C’est sans doute l’équipe UAE Team Emirates - XRG qui alignera la formation la plus solide. Avec Jhonatan Narváez, l'équipe dispose d'un coureur pour lequel le profil de la course semble avoir été conçu sur mesure. L’Équatorien compte parmi les coureurs de classiques les plus redoutables au sprint du peloton ; il négocie sans difficulté les montées courtes et raides et possède ensuite la vitesse de pointe nécessaire pour s’imposer même au sein d’un groupe très disputé. Si la course suit un schéma similaire à celui des années précédentes, Narváez fera partie des favoris absolus.

Parallèlement, l'équipe UAE dispose de plusieurs options. Tim Wellens apporte l'expérience et la résistance nécessaires sur le parcours urbain très animé de Québec. Le Belge figure depuis des années parmi les meilleurs coureurs de classiques du WorldTour, mais il est un peu moins percutant au sprint direct que son coéquipier Narváez. Si la course s’avère toutefois exceptionnellement sélective, Isaac del Toro pourrait à son tour se retrouver sous les feux de la rampe. Le jeune Mexicain semble actuellement réussir presque tout ce qu’il entreprend. Si le groupe de favoris est fortement réduit avant l’arrivée, Del Toro pourrait mettre à profit ses qualités de grimpeur et sa bonne forme. Ce n’est que dans un sprint explosif face aux coureurs de classiques les plus rapides en fin de course qu’il présente de légers désavantages.

Les challengers

Il en va de même pour Remco Evenepoel. Quel que soit le terrain, le Belge fait toujours partie du cercle élargi des favoris et pourrait notamment tirer profit d’une course extrêmement difficile. Cependant, lui non plus n’est pas le coureur que l’on citerait en premier dans un sprint d’un groupe de favoris important. Avec Maxim van Gils, Red Bull - Bora - hansgrohe dispose toutefois d’un autre candidat à la victoire. Le Belge a remporté l'Eschborn-Francfort en 2024 et possède de nombreuses qualités indispensables au Québec. Cependant, tout comme les pilotes les plus explosifs du peloton, il manque lui aussi un peu de vitesse de pointe.

Kaden Groves fait quant à lui partie de ces coureurs explosifs. L’Australien a quitté prématurément la Vuelta a España et se concentre désormais sur les classiques nord-américaines du WorldTour. Le profil exigeant de l'épreuve lui convient parfaitement, car Groves excelle dans les courtes ascensions et dispose ensuite d'un sprint que peu de coureurs de ce peloton sont capables d'égaler. La grande question reste toutefois celle de sa forme actuelle. Celle-ci ne semble pas aussi convaincante que celle de certains de ses concurrents directs.

Il ne faut pas non plus sous-estimer Michael Matthews. L’Australien a déjà remporté le Grand Prix cycliste de Québec en 2018, 2019 et 2024, ce qui fait de lui l’un des coureurs les plus titrés de l’histoire de la course. À 35 ans, il doit désormais s’imposer régulièrement face à des concurrents nettement plus jeunes. Pourtant, rares sont les professionnels qui connaissent mieux que Matthews les particularités de cette course. Son expérience, son instinct de coureur et sa capacité à mener à bien même les finales les plus difficiles font de lui, une fois de plus, un candidat sérieux.

Les « puncheurs » pourraient-ils créer la surprise ?

Marc Hirschi fait partie des outsiders intéressants. Le Suisse a déjà prouvé à plusieurs reprises qu’il était à l’aise dans les classiques vallonnées avec des finales explosives. Le parcours au Québec correspond globalement à son profil. Il lui sera toutefois difficile de s'imposer dans un sprint direct face à des coureurs comme Narváez ou Groves. Sa meilleure chance réside donc dans une attaque avant la finale ou dans une configuration de course particulièrement sélective.

Il faudra également suivre de près Tom Pidcock. Le Britannique se rend au Canada en pleine confiance, après avoir récemment décroché le titre de champion du monde de VTT-XCO. Il a d'ailleurs prouvé que ses jambes étaient toujours au top avec sa Victoire au GP Industria & Artigianato. Pidcock dispose de l'explosivité nécessaire pour faire la différence dans la Côte de la Montagne et peut s'imposer au sprint face à bon nombre de coureurs plus légers. Il pourrait toutefois être légèrement désavantagé face aux coureurs de classiques les plus forts au sprint du peloton. C’est précisément pour cette raison que le Québec pourrait représenter une grande opportunité pour le Britannique, surtout si la course est menée de manière particulièrement offensive et sélective.

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Leon Philip Weidner is from Cologne, follows professional cycling closely and is a passionate road cyclist himself. In addition to long kilometres in the saddle of a road bike, he also regularly rides a time trial bike - always with his eye on the next triathlon. His expertise combines sporting practice with knowledge of the scene.

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